RDC : 24 ans après le massacre de Kikyo, les victimes témoignent encore.

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Kinshasa, le 21 avril 2022.Les survivants des différents massacres à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) continuent à porter haut leurs voix sur les places publiques. Ils interpellent les dirigeants pour la justice et la réparation, à un mois du lancement des activités de consultation populaire sur la justice transitionnelle qui se tient depuis le 14 mars 2022 à Goma. Ces assises sont ténues par le ministre national de Droits humains Fabrice Puela, sous le haut patronage du Président de la République son excellence Felix Antoine Tshisekedi Tsholombo.

C’est dans un tel contexte que le Comité des Victimes et survivants des Massacres de Kikyo (COVISMAKI) a organisé une manifestation, dans la ville de Butembo au Nord Kivu. Envoyant ainsi un message clair aux gouvernants pour être pris en compte dans les indemnisations à travers ces programmes. Lesquels programmes, rappelons-le, concernaient les tueries perpétrées par des militaires de AFDL sur la colline de Kikyo à l’époque «camps militaire » situé au Nord de la ville de Butembo en commune Bulengera non loin de Furu, Kalemire et Mihake en ville de Butembo.

Selon un témoignage recueilli par akondanews.net auprès du CT Kasereka Mwasasi Gédéon a dit « Moi-même personnellement je suis rescapé de cet événement à Kikyo. J’étais soupçonné d’être le médecin des combattants Mayi Mayi. Il y avait une maison à gauche de l’entrée de Kikyo où les personnes arrêtées étaient torturées. Il s’agissait de frapper très fort au ciment votre tête, au salon, et lorsque le sang coulait à partir de votre nez directement vous étiez jeté dans une autre chambre (cave). J’étais sur la ligne de dix personnes à égorger dont deux personnes avaient été libérées dont moi-même heureusement. Mais hélas, les autres victimes étaient des jeunes garçons habitants de Kalemire: que leurs âmes reposent en paix. Moi c’est par la grâce de Dieu que j’avais été libéré pour avoir été reconnu d’être membre d’honneur de la croix rouge du Congo en ville de Butembo.» A déclaré Kasereka Mwasasi Gédéon.

La communauté Nandé regroupée autour d’une mutualité dénommée «KYAGHANDA YIRA » s’est exprimée face à cette situation. Elle s’est profondément montrée compatissante à l’endroit de ses frères et sœurs à l’issue de ce massacre qu’ils ont subi il y a plus de 20 ans à Kikyo et qu’ils continuent d’ailleurs à subir à Béni et ituri. C’est pourquoi elle dit partager sincèrement leur douleur. «Nous souhaitons la miséricorde divine à ceux ayant perdu la vie dans ces massacres et présentons nos condoléances à nos frères et sœurs ». Ont-ils exprimé. Tout en associant à leur pladoyer le prix Nobel de la paix Denis MUKWENGE qui revendique toujours le suivi et l’application du Rapport Mapping. Plusieurs violations des droits humains ont été enregistrées et dénoncées. Parmi elles les tueries, viols, inceste forcé, pillages, enterrements des gens vivants, tortures, etc.
C’est le cas pour ne citer que cet exemple, outre le fait d’avoir enterrés les gens vivants, les militaires de AFDL, ont contraint certains jeunes garçons à coucher avec leurs mères et ou leurs sœurs en présence de toute la famille. Certains papa ont été aussi obligés à coucher avec leurs filles au vu de toute la famille, etc. Ceux qui ont résisté étaient abattus à bout portant.
Pour rappel le massacre de Kikyo avait coûté la vie à plus de 100 personnes, il a duré 4 jours, soit du 14 au 17 avril 1998. En violation de l’article 16 de la constitution de la RDC et 3 de la DUDH; ces victimes ont été enterrées dans plus de 8 fosses communes dont trois à Kikyo, une au cimetière public de Kitatumba, une à Byasa, une à Vulindi, une à Furu, une à Kiriva, Brazza, toujours à Butembo en province du Nord Kivu. La liste est longue et comporte toutes les précision. Les honorables Mbenze Yotama et Tembos Yotama déplorent que depuis les massacres de Kikyo, les tueurs sont restés impunis, pire, ils ont même élargi leur champs d’action jusqu’à Beni et Ituri, dans l’indifférence générale de la communauté internationale.

Raphaël Lumoo
Akondanews.net

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