Colloque International contre les sommets France-Afrique « Réparations nécessaires en Afrique » Communication de Mme Clotilde Ohouochi Clotilde, ancienne ministre de la Solidarité, de la Santé, de la Sécurité sociale et des Handicapés de Côte d’Ivoire

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Montpellier, le 2 octobre 2021-“Je vous remercie de l’honneur que vous me faites en m’invitant à ces Assises. Merci aux organisateurs, principalement à Martine Boudet que j’ai eu l’occasion de rencontrer à Grenoble, à l’occasion de l’université d’été des mouvements sociaux, il y a environ deux ans. Merci de me permettre de prendre part à cette rencontre pour, ensemble, jeter un regard (critique) sur la pertinence et la justification de ces sommets, questionner les fondamentaux des relations entre le continent africain et la France et esquisser quelques pistes de solutions”.

 C’est la deuxième fois que je participe à un contre-sommet en tant qu’intervenante. La première fois, c’était en 2017, plus précisément les 30 juin et 1er juillet 2017, dans le contexte du vaste mouvement d’opposition à la tenue du G20 à Hambourg en Allemagne. J’étais invitée par la Gauche allemande, notamment Die Linke Partei et Akonda-Eine-Welt-Café, à traiter avec d’autres panélistes, le thème général de la liberté et de la souveraineté des États africains face au « Plan Marshall pour le développement de l’Afrique » proposé par Mme Angela Merkel, et à explorer la voie du changement de paradigme dans les relations entre le continent africain et les Etats occidentaux.

Intervenir en dernière position dans une rencontre de ce genre est une chance incroyable parce que tout a été dit et bien dit. Je n’ai plus qu’à…

La françafrique et la Côte d’Ivoire sous la présidence de Laurent Gbagbo

Si je me réfère au sujet qui m’a été proposé par les organisateurs, il s’agit de traiter la question des réparations nécessaires en Afrique, les réparations pour tous les préjudices et traumatismes subis par notre peuple tout au long de l’Histoire, au cours de sa rencontre avec l’Occident. Mais avant d’aborder la question des réparations, j’aimerais partager avec vous mon expérience personnelle de la manifestation de la Françafrique.

La Françafrique n’est pas une idéologie mais le produit du pragmatisme et de la raison d’État. Le dogme qui la sous-tend, c’est l’intérêt supérieur de la France. Cela a été bien démontré tout le long de nos échanges de ce jour. Et comme l’a si justement écrit le journaliste François Mattéi de regrettée mémoire dans son ouvrage Côte d’Ivoire : révélations sur un scandale français, et je cite : « la Françafrique, c’est un triple cadenas : politique, militaire et financier ». Ce triptyque a toujours sous-tendu les relations entre la France et les pays de sa sphère d’influence en Afrique.

Photo, 20 oct.2018 Conférence-débat: commémoration du 31ième anniversaire de l’assassinat de Thomas I.SANKARA au siège de l’ONG Akonda-Eine-Welt-Café à Hambourg/Allemagne

 

Le mouvement impérialiste s’est structuré autour de trois types d’acteurs qui ont marqué, dans l’ordre chronologique, les étapes de l’aventure coloniale : les Marchands (à partir de 1870), les Missionnaires avec la méthode de pénétration pacifique (1893-1908) et les Militaires qui ont imposé la gestion coloniale par la manière forte (1908-1915). C’est ce qu’on a appelé les 3M. Les époques changent, les méthodes, elles, restent immuables. Toutes ces stratégies savamment élaborées n’ont qu’un seul objectif : conférer prestige et grandeur à la France et lui conserver son rang au niveau international.

C’est dans ce contexte françafricain flamboyant qu’arrive au pouvoir le socialiste Laurent Gbagbo, en octobre 2000. Il faut dire qu’il n’avait pas le profil des chefs d’Etat africains estimés par Paris. Il est issu d’un moule non conventionnel et affiche, à l’entame de sa gouvernance, des ambitions indépendantistes et souverainistes évidentes. La diversification des partenaires commerciaux de la Côte d’Ivoire, les réformes structurelles, politiques, économiques et sociales entreprises indépendamment des injonctions françaises en sont quelques éléments d’illustration.

Laurent Gbagbo, c’est le vilain petit canard dont la présence incongrue dans le système trouble la quiétude des gardiens du temple de la Françafrique qui redoutent de voir l’édifice s’effondrer. Dès lors, il n’a profité d’aucun délai de grâce, n’a eu aucun moment de répit. Vilipendé, haï, cerné de tout part, agressé, il est renversé en avril 2011 par une coalition internationale dirigée par Paris.

L’instauration de l’Assurance Maladie Universelle (AMU)

L’une des réformes structurelles que j’ai eu l’honneur de diriger en tant que ministre et qui irritaient au plus haut point les autorités hexagonales était le projet d’instauration d’un système d’Assurance Maladie Universelle initié par le gouvernement ivoirien dans le cadre de sa politique de solidarité nationale. Cet important chantier novateur se présente comme une réponse adéquate aux problématiques de financement de la santé en Côte d’Ivoire. Les initiatives antérieures conçues et imposées de l’extérieur telles que l’Initiative de Bamako ou le choix de la mutualité ou encore la micro-assurance ayant montré leurs limites.

Au moment de l’étude du projet en 2001, environ 6% de la population ivoirienne seulement, bénéficiaient d’une couverture pour le risque maladie. Il s’agit notamment des travailleurs des secteurs modernes de l’économie et de leurs familles ainsi que de ceux des professions libérales. Étaient par conséquent exposés aux aléas de la maladie les populations en milieu rural, les travailleurs du secteur non structuré (informel) et les demandeurs sociaux. Soit 94% de la population globale.

Les indicateurs socio-sanitaires situaient également l’espérance de vie autour de 46 ans. L’instauration d’un système d’assurance-maladie devait donc permettre d’offrir une plus grande accessibilité des populations à des soins de santé de qualité et de faire reculer, de façon significative, les frontières de la maladie et de la mort. Les études de faisabilité ont montré que le pays possédait sur le plan interne les capacités scientifiques et techniques, de même que les potentialités financières pour mener à bien une telle entreprise. Mais ce projet, qui se présentait comme une approche novatrice du financement de la santé en Afrique subsaharienne, comme une véritable réponse en matière de mécanisme d’extension de la couverture santé à tous, va évoluer dans un environnement réfractaire et se heurter à la réticence de la communauté internationale et à l’hostilité de la France qui estime, à tort ou à raison, que cette réforme pourrait menacer ses intérêts politiques et économiques.

Une guerre civile, venue du septentrion ivoirien, préparée depuis la base arrière du Burkina-Faso et au-dessus de laquelle plane l’ombre de la France, va mettre un coup d’arrêt à ce projet.

Aujourd’hui, tirant enfin leçon de l’échec de l’Initiative de Bamako, les pays d’Afrique subsaharienne s’engagent sur la voie de l’Assurance Maladie Universelle comme réponse à la problématique cruciale du financement de la santé et de l’accessibilité des populations aux soins. Il a fallu pour cela que, dans la continuité des conclusions du G20 de Cannes en novembre 2011, l’Assemblée Générale des Nations Unies adopte, à l’initiative de la France, le 12 décembre 2012, une résolution en faveur de la Couverture Sanitaire Universelle (CSU) dans les pays du Sud. Ce que la Côte d’Ivoire depuis 2001 préconisait.

Cependant, il faut relever que l’Assurance Maladie (de même que l’ensemble des régimes de systèmes de sécurité sociale), née en Europe au XIXe siècle avec la révolution industrielle et l’émergence du salariat, a été le fruit et l’aboutissement de nombreuses et longues conquêtes historiques du corps social. Or, dans le contexte africain, l’assurance maladie obligatoire est plutôt l’émanation d’une volonté politique affichée. Cette initiative qui, ailleurs, a permis d’apporter des progrès considérables au bien-être des populations, peut être envisagée pour les sociétés africaines qui sont en pleine mutation et au sein desquelles la promotion d’une culture proactive et préventive gagne de plus en plus de terrain. A condition que les États ne ratent pas le virage par manque de vision et de stratégie d’approche.

Les responsabilités de la France dans la crise ivoirienne

Concernant la responsabilité spécifique de la France, sous les diverses présidences françaises qui se sont succédé depuis 2002, la littérature en la matière est abondante.

Depuis 2002, une politique de « rectification » et de « reprise en main » a été minutieusement élaborée par la France pour évincer Laurent Gbagbo du pouvoir. De l’accord de Marcoussis jusqu’au bombardement de la résidence présidentielle le 11 avril 2011, tout était mis en œuvre pour atteindre ce but. M. Nicolas Sarkozy disait sans ambages : « On a sorti Gbagbo pour installer Ouattara ».

Les évènements survenus en Côte d’Ivoire et l’implication de la France dans une guerre civile interrogent. Auraient dû être défendues la neutralité quant aux enjeux internes ivoiriens et les valeurs intemporelles et universelles qui sont les fondements de l’État français. De plus, ce conflit dont le règlement relève du domaine exclusif du Droit va connaître des dérapages dramatiques du fait de l’immixtion belliqueuse de la gouvernance mondiale. Il était impératif que la souveraineté du peuple ivoirien soit respectée, car au regard du droit international et particulièrement de l’article 2§4 de la Charte des Nations unies, il est inacceptable qu’une puissance étrangère s’immisce dans le déroulement des affaires internes d’un pays quel qu’il soit.

Dès lors, le rôle joué par la présence militaire de la France en terre ivoirienne, ancienne colonie, peut être considéré comme ambigu et problématique.

Selon les autorités françaises, soutenues par une résolution des Nations Unies, cette interposition aurait permis d’éviter une guerre civile et de nombreux massacres. De nombreuses zones d’ombre entourent cette intervention en Côte d’Ivoire et les allégations de graves violations des droits de l’homme planent sur les forces internationales. On se souvient qu’en 2011 et 2012, le groupe parlementaire communiste à l’Assemblée nationale française a vainement demandé la mise sur pied d’une enquête parlementaire sur le bilan de l’opération Licorne.

En effet, il est important de savoir pourquoi et comment la force Licorne est intervenue en 2011, son rôle dans l’avancée des « forces républicaines » vers Abidjan, pourquoi elle n’a pas protégé les populations civiles dans la partie nord de la Côte d’Ivoire et si des éléments des troupes françaises étaient à proximité de Duékoué, village martyr de l’Ouest endeuillé par un massacre encore non élucidé.

Par ailleurs, il est impératif de connaître le nombre de victimes imputables aux troupes françaises lors des bombardements censés protéger les civils ivoiriens. Mais il est aussi important d’avoir une information sur le rôle précis des forces françaises dans la capture de M. Gbagbo et de son épouse Simone : où étaient ces troupes lors des exactions commises par les forces républicaines à Abidjan, après la capture et l’enlèvement du président constitutionnellement élu de République de Côte d’Ivoire ?

On se souvient également que le 6 novembre 2004, l’aviation gouvernementale ivoirienne a effectué un raid aérien sur la position française de Bouaké. Acte délibéré ou involontaire ? L’enquête menée plus tard par les autorités françaises reste muette sur la question. 9 morts et 37 blessés parmi les soldats français (2e régiment d’infanterie de marine, régiment d’infanterie-chars de marine, 515e régiment du train) sont à déplorer.

Les forces françaises ripostent, quinze minutes après l’attaque, en neutralisant l’ensemble des forces aériennes ivoiriennes présentes sur la base de Yamoussoukro et du GATL à Abidjan. Plus d’une soixantaine de civils ivoiriens qui protestaient pacifiquement contre cette intervention musclée de la France ont été tués devant l’hôtel Ivoire à Abidjan. Des centaines d’autres ont été blessés.

En 2020, lors du procès qui s’est tenu à Paris, les autorités françaises dont la responsabilité était engagée dans cette crise s’en sont tirées à bon compte. En fait, le raid de Bouaké s’apparente à un coup tordu de ses services secrets, dont ils sont coutumiers. Du côté des victimes ivoiriennes aucune excuse, aucune action de réparation de la part de Paris. Tout est passé par pertes et profits. L’Etat français, du haut de sa condescendance qui frise le mépris, refuse d’aborder cette question.

C’est dommage que le ou la collègue du Rwanda ne soit pas là pour partager avec nous l’expérience de son pays en termes de réparations.

Quels types de réparations ?

La réparation pour moi est un principe de justice. Elle se situe à trois niveaux :

  • reconnaître le mal fait et faire en sorte que cela ne se reproduise plus. Pour qu’elle soit authentique, toute réparation doit se faire sur la base d’une reconnaissance équivalente de la gravité du préjudice subi et des torts infligés.
  • s’en excuser
  • apporter, si possible, une compensation pécuniaire aux victimes ou à leurs descendants.

Cette réparation concerne tous les faits historiques qui ont, malheureusement, causé de grands préjudices aux peuples d’Afrique.

Tout à l’heure, un collègue, Saïd Bouamama, a traité la question des migrations. Une opinion assez répandue fait croire que ces jeunes qui traversent le désert puis la Méditerranée viennent uniquement pour arracher le pain de la bouche des Français. Mais non. Ils viennent ici parce que les multinationales pillent les richesses de leurs pays.

En juillet 2018, l’association Environnement, Santé et Développement dont je suis la présidente à Grenoble a été mise en mission par le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) pour une enquête sur les migrants. C’était la première fois que la parole était directement donnée aux migrants pour parler de leurs motivations profondes, de leurs rêves, de leurs ressentis. La réparation pour moi serait d’amener les multinationales qui pillent les richesses de l’Afrique à investir sur place et à créer du travail pour une jeunesse qui constitue plus de la moitié de la population globale.

À l’occasion de la journée de commémoration de l’esclavage en France, l’historienne Myriam Cottias est revenue sur la question des réparations : celles que des associations réclament de nos jours pour les descendants d’esclaves d’Afrique subsaharienne qui ont été les victimes de la traite et réduits en esclavage. Le concept n’a jamais été concrétisé.

En revanche, des propriétaires d’esclaves ont reçu une indemnisation financière à la suite de l’abolition de l’esclavage dans certains pays occidentaux afin de compenser la perte de cette main d’œuvre gratuite, considérée comme un bien faisant partie de leur patrimoine.

Chaque 10 mai, depuis la décision du président Chirac prise en 2006, on célèbre en France la mémoire de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Depuis une dizaine d’années, la question des réparations, objet du projet « Repairs » est devenue centrale dans ces questions de mémoire…

Que ce soit en Amérique du Nord et du Sud, aux Antilles, en Afrique ou dans l’océan Indien, la question des réparations est aujourd’hui au cœur des revendications des descendants des esclaves déportés depuis l’Afrique. En France, en 2005, le Mouvement international des réparations a par exemple réclamé 200 milliards d’euros à l’État français au titre de la compensation de la période de l’esclavage. Une demande jugée alors irrecevable car les juges ont estimé qu’il était impossible d’établir le montant des dommages pour des faits aussi anciens. Mais ces demandes de réparations ne sont pas seulement financières.

En France, la loi Taubira de 2001 reconnaît l’esclavage comme un crime contre l’humanité et demande que cette période de l’histoire nationale soit enseignée de l’école primaire au lycée. Sans pousser forcément dans le sens des compensations financières, il faut certainement aller plus loin dans le travail de mémoire collective, il faut être capable de sortir du seul aspect moralisateur et accusateur.

Pour les autres crimes commis par la France en Afrique, à savoir les guerres coloniales, le traumatisme de la politique d’assimilation, les conflits géostratégiques et de positionnement, la course effrénée vers les sources de matières premières, il revient aux Africains de s’organiser pour demander réparation.

Les Africains doivent être les auteurs de leur propre Histoire. Ils doivent agir pour infléchir l’axe d’inclinaison de leur destin dans la trajectoire souhaitée par eux-mêmes et pour eux-mêmes. Ils ont l’obligation de restituer la vérité historique par rapport aux événements majeurs qui jalonnent la marche de notre temps car les risques de falsification sont bien réels. Rappelons-nous. Le philosophe allemand Georg W. Friedrich Hegel affirmait, péremptoire : « L’Afrique n’est pas une partie historique du monde. Elle n’a pas de mouvements, de développements à montrer, de mouvements historiques en elle (…). Ce que nous entendons par l’Afrique est l’esprit ahistorique, l’esprit non développé, encore enveloppé dans des conditions de naturel et qui doit être présenté ici, seulement, comme au seuil de l’histoire ». En clair, cela signifie que l’Afrique n’a rien accompli et ne peut rien accomplir de remarquable qui puisse sensiblement contribuer à l’évolution qualitative de l’Humanité.

Ni savants, ni génies, ni créateurs de dogmes, d’idéologies et de technologies. Comme frappée d’une tare congénitale qui l’empêche de transcender les contingences de la nature, elle s’est présentée, les mains désespérément vides, au rendez-vous de l’Universel. On dira trivialement que sa présence équivaut à son absence.

Le drame de l’Afrique provient essentiellement de ces conceptions étriquées, de ces visions erronées qui, jadis, ont servi de substrat aux idéologies esclavagistes puis colonialistes, et qui continuent de prospérer.

Fort heureusement, les excellents travaux de recherche de l’égyptologue Cheick Anta Diop, entre autres, ont infligé un cinglant démenti aux thèses controversées et à caractère raciste du penseur allemand. Mais contre toute attente et comme pour faire un pied de nez à l’illustre scientifique sénégalais, c’est à Dakar que, trois siècles plus tard, un certain Nicolas Sarkozy reprend, devant toute l’Afrique médusée, les idées « négationnistes » de Hegel.

Pour moi, la meilleure réparation pour l’Afrique c’est de s’affranchir de toutes les tutelles pesantes et handicapantes pour laisser éclore son génie propre. C’est aux Africains de s’organiser pour exiger le respect.

Heureusement ce combat est en cours, porté par le courant néo-panafricaniste basé exclusivement sur la construction d’une Afrique libre, ouverte sur l’extérieur en tant que partenaire à part entière, respectée et considérée.

Une Afrique qui sort définitivement du bourbier de la dégradation dans lequel elle est délibérément maintenue, pour s’élever vers la prospérité et l’estime humain. Afin que les jeunes générations, prises dans la trappe infernale de la précarité, ne soient plus condamnées à aller mourir, par grappes entières, sur les rivages abrupts des espoirs brisés de l’eldorado européen ou dans les conflits fratricides qui endeuillent le continent.

La meilleure réparation c’est que la France quitte l’Afrique ou change de paradigme dans ses rapports avec le continent. « Mais, pour que des liens nouveaux se tissent, la France doit honorer la vérité, car la vérité est l’institutrice de la responsabilité. Cette dette de vérité est par principe ineffaçable. Elle nous hantera jusqu’à la nuit des Temps. L’honorer passe par l’engagement à réparer le tissu et le visage du monde. »  Pr Achille Mbembe.

akondanews.net

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