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Après près de quatre décennies passées à la tête de l’Ouganda, le président Yoweri Kaguta Museveni, âgé de 80 ans, a officiellement annoncé son intention de briguer un 7ᵉ mandat lors de l’élection présidentielle prévue en 2026. Cette nouvelle, attendue mais controversée, relance les débats sur la longévité au pouvoir, la gouvernance démocratique et l’avenir politique de l’Ouganda.
Arrivé au pouvoir en 1986 à la suite d’une guérilla armée contre le régime d’Apollo Milton Obote, Yoweri Museveni s’est imposé comme une figure politique majeure de l’Afrique de l’Est. Durant ses premières années au pouvoir, il avait promis de restaurer la démocratie et la stabilité dans un pays marqué par des décennies de conflits internes et de dictatures brutales. Ironiquement, après avoir critiqué les « présidences à vie », il s’est progressivement installé dans la durée grâce à des amendements constitutionnels, notamment la suppression de la limite de mandats en 2005, puis de la limite d’âge en 2017.
Le président Museveni, également chef du parti au pouvoir, le Mouvement de Résistance Nationale (NRM) est perçu par ses partisans comme le garant de la stabilité et du développement, surtout dans les domaines des infrastructures, de l’énergie et de l’éducation. Cependant, ses détracteurs dénoncent une dérive autoritaire, une militarisation du pouvoir, une répression accrue de l’opposition et un espace démocratique de plus en plus restreint.
Parmi les figures de l’opposition, Bobi Wine, artiste devenu député et opposant politique majeur, reste l’un des visages les plus visibles de la contestation. Lors des élections de 2021, il avait mobilisé une large frange de la jeunesse ougandaise avant d’être largement battu dans un scrutin entaché d’irrégularités selon plusieurs observateurs internationaux.
Le pari de Museveni pour 2026 repose sur sa capacité à maintenir une coalition stable au sein du NRM, à contrôler les tensions internes et à convaincre un électorat jeune — dont la majorité est née après 1986 — qu’il demeure l’homme de la situation. Avec une population dont l’âge médian est d’environ 17 ans, la question de la relève politique se pose avec insistance.
La candidature de Museveni, bien que prévisible, soulève une fois encore les préoccupations relatives à l’alternance démocratique en Afrique et alimente le débat sur la concentration du pouvoir entre les mains de dirigeants vieillissants dans un continent où la jeunesse cherche davantage de représentativité et de participation.
Les prochains mois seront cruciaux pour l’Ouganda, à mesure que le pays entre dans une phase électorale sous haute tension.
Serge Kpan, Correspondant à Abidjan
Akondanews.net