Nouvelle attaque contre un convoi de MSF en territoire de Masisi : l’insécurité persiste

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Un convoi de l’ONG Médecins Sans Frontières Hollande (MSF-H) a été pris pour cible par des hommes armés ce mercredi 12 novembre 2024, dans la localité de Kimoka, située sur la route Sake-Kitshanga, dans le groupement Kamuronza, territoire de Masisi. Cet incident met en lumière la recrudescence de l’insécurité qui sévit dans cette région de l’est de la République démocratique du Congo.

Une attaque ciblée, des passagers sous le choc

Les deux véhicules tout-terrain de type Land Cruiser, transportant des personnels médicaux en provenance de Goma, ont été interceptés par des assaillants armés. Bien que les passagers soient sortis physiquement indemnes, ils ont été dépouillés de leurs téléphones et d’importantes sommes d’argent. Selon une source proche de MSF-H, malgré le choc psychologique subi, le convoi a réussi à poursuivre son trajet jusqu’à Mweso, où l’ONG dispose d’une base opérationnelle.

Un des présumés auteurs arrêté

D’après une source militaire locale, les éléments des Wazalendo, affiliés au groupe armé Alliance des Patriotes Congolais Libres et Souverains (APCLS), ont arrêté un des auteurs présumés de cette attaque. Celui-ci a été placé en garde à vue sous la supervision du colonel Gilbert “Gilba”, chef du secteur opérationnel des VDP (Volontaires pour la Défense de la Patrie). Cependant, les circonstances exactes de l’attaque et l’identité des assaillants restent encore floues.

L’insécurité sur une route stratégique

Cet incident s’ajoute à une série d’attaques survenues entre avril et juin de cette année sur ce même tronçon. La société civile du groupement Kamuronza, par la voix de son président, Muisha Busanga Léopold, déplore cette montée des violences qui met en péril les activités humanitaires et commerciales dans la région.

Les ONG, en particulier MSF et la Croix-Rouge, avaient déjà exprimé leur inquiétude face à ces exactions et menacé à plusieurs reprises de fermer leurs bases dans le territoire de Masisi. Les groupes armés, multipliant les braquages, kidnappings et autres violences, continuent de cibler les acteurs humanitaires, pourtant essentiels pour venir en aide aux populations vulnérables dans une région en proie à une crise prolongée.

Appel à une sécurisation renforcée

Face à cette insécurité persistante, Muisha Busanga Léopold a appelé les FARDC (Forces Armées de la RDC) à déployer des éléments de la Police militaire le long de ce tronçon stratégique. L’objectif est de sécuriser la circulation des commerçants et des convois humanitaires, essentiels à la survie des communautés locales, souvent abandonnées par les autorités centrales.

Une région abandonnée

Le territoire de Masisi, marqué par une absence criante de contrôle de l’État, reste une zone rouge pour les acteurs humanitaires et les civils. Cet incident rappelle l’urgence d’une réponse coordonnée entre les forces de sécurité, les autorités locales et la communauté internationale pour restaurer un climat de sécurité indispensable à la reprise des activités humanitaires et économiques.

Raphaël Lumoo, correspondant à Kinshasa

Akondanews.net

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