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Dans un communiqué diffusé lors d’un flash spécial sur la chaîne nationale ORTM (Office de radiodiffusion télévision du Mali), le Secrétaire général de la présidence malienne, Alfousseyni Diawara, a annoncé dans la soirée du mercredi 20 novembre 2024, le limogeage du désormais ex-premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga et de l’ensemble de son gouvernement.
Quatre jours après sa sortie musclée contre les autorités militaires du pays, Choguel Kokalla Maïga, qui reprochait aux autorités militaires de l’exclure des processus décisionnels, notamment sur le report unilatéral des élections censées rétablir l’ordre constitutionnel, a été démis de ses fonctions de premier ministre du Mali par le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta.
« Le Secrétariat Général de la Présidence de la République du Mali informe l’opinion publique nationale et internationale qu’il a été décidé de mettre fin aux fonctions de Monsieur Choguel Kokalla Maïga en tant que Chef de Gouvernement et Premier Ministre de la République du Mali », a déclaré Alfousseyni Diawara dans la soirée du mercredi dernier sur les ondes de l’ORTM.
Nommé Premier Ministre du Mali en 2021 à la suite d’un second coup d’État porté par Assimi Goïta, Choguel Kokalla Maïga était la figure civile de la transition qui a décidé de défaire le Mali des liens coloniaux longtemps entretenus par la France et d’ouvrir le pays à la Russie dans le cadre d’une coopération militaire, mais aussi économique, devant assurer la sécurité et le développement socio-économique du Mali.
Plusieurs fois ministre et trois fois candidat à la présidentielle (2002, 2013 et 2018), Choguel Kokalla Maïga, avec le Mouvement du 5-Juin/Rassemblement des forces patriotiques (M5/RFP), avait pris une part active aux protestations contre le régime d’Ibrahim Boubacar Keïta, renversé par les militaires en août 2020.
En juin dernier, il avait endossé le contenu d’un texte signé d’un proche s’opposant fermement à un éventuel maintien des militaires au pouvoir pendant plusieurs années supplémentaires. Ce proche, Boubacar Traoré, a été condamné en juillet à un an de prison ferme.
Sous l’instigation du mouvement « Collectif pour la défense des militaires », des manifestations ont eu lieu le mardi dernier, dans certaines contrées du pays pour exiger sa démission dans un délai de 72 heures.
Quels étaient les objectifs poursuivis par Choguel Kokalla Maïga lors de sa dernière sortie contre le pouvoir actuel du Mali qui a fait de la sécurité du pays un préalable à la tenue de l’élection présidentielle ? Choguel Kokalla Maïga entend-il désormais ramer à contre-courant pour saper le processus de libération du Mali ?
Les prochains jours nous situeront davantage en ce qui concerne le calendrier caché de l’ex-premier ministre qui, dans la foulée, a été remplacé ce jeudi 21 novembre par le général de Division Abdoulaye Maïga.
Adingra OSSEI