Lutte contre le terrorisme : Le G5 Sahel veut lui imprimer une nouvelle dimension !

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NIAMEY, 1er Septembre 2021 – Les pays membres du G5 Sahel ont décidé d’engager et de définir une nouvelle approche de lutte contre le terrorisme dans leur espace géographique commun. C’est ce qui ressort d’une réunion extraordinaire des Ministres en charge de la Défense, élargie aux Chefs d’état-major des armées des pays membres, tenue ce mardi 31 Août 2021 à Niamey.

Sous la présidence du Ministre de la Défense Nationale du Tchad, M. Daoud Yaya Brahim, représentant le Président en exercice du G5 Sahel, par ailleurs Président de la Transition militaire au Tchad, le Général Mahamat Idriss Déby, cette réunion s’est tenue alors que la France, un des principaux partenaires du G5 Sahel, annonce le retrait de ses troupes sur le terrain.

Les pays du Sahel, rappelle-t-on, sont confrontés à des multiples menaces terroristes depuis près d’une décennie. Et malgré les efforts fournis, avec notamment l’aide des alliés occidentaux, l’hydre terroriste s’avère invaincue.

Face à cette situation, l’heure est à présent au changement de stratégie de lutte. C’est objet de la rencontre de Niamey. « Cette rencontre a pour but d’échanger sur la nouvelle dimension de la lutte  contre les groupes armés terroristes dans la bande du Sahel, plus précisément dans les différents fuseaux composant les théâtres des opérations  de la Force Conjointe G5 Sahel », a déclaré le Ministre en charge de la Défense Nationale du Tchad à l’ouverture des travaux.

Daoud Yaya Brahim s’est notamment repéré à la décision des autorités françaises par rapport  à la  reconfiguration  de la Force Barkhane, partenaire opérationnelle  de la Force  Conjointe  G5 Sahel pour expliquer la révision de l’approche de lutte, objet de la rencontre de Niamey.

Pour rappel, c’est le 10 juin 2021 que le Président français Emmanuel Macron a annoncé la fin prochaine de l’opération Barkhane, la mission militaire française au Sahel lancée depuis 2014. Le locataire de l’Elysée a, par la même occasion, annoncé la mise en place d’une alliance internationale antidjihadiste dans la région.

Pour M. Daoud Yaya Brahim, « cette décision, qui est immédiatement  en cours  de mise  en œuvre, nécessite  des dispositions  utiles et urgentes  à prendre  pour apporter  des réponses  adéquates à la Force  Conjointe G5 Sahel  afin  de lui permettre de garder  l’élan  et continuer  à remplir  efficacement les missions  qui lui sont  assignées ».

Selon lui, en effet, l’environnement sécuritaire dans le Sahel  est perturbé par endroits  par des  groupes terroristes armés. Et pour lutter efficacement contre ces terroristes, M. Daoud Yaya Brahim suggère une coopération  entre les différents pays membres de l’organisation, ainsi qu’un renforcement des capacités  de leurs forces « et surtout  la mise en  commun  des ressources ».

« Nous devons mutualiser davantage nos ressources afin de faire face à cette lutte qui semble  perdurer dans notre  espace communautaire », a-t-il soutenu, avant de suggérer que « dans un monde  en perpétuelle mutation, gangrené par les menaces traditionnelles et les menaces non traditionnelles, les armées  du G5 Sahel, à l’instar  de celles du monde, doivent revoir leurs méthodes et approches  pour faire face à ces défis de l’heure ».

Le Ministre de la Défense Nationale du Niger, M. Alkassoum Indatou, a, dans son mot de bienvenue, donné plus de précisions sur les visées de ces assises. Il s’agit au cours de cette rencontre, a-t-il détaillé, « de définir une nouvelle approche à adopter pour minimiser les conséquences que pourrait engendrer  cette nouvelle donne sécuritaire ».

Plus spécifiquement, a-t-il fait savoir, « il s’agira de réviser le concept stratégique de la  Force  Conjointe  du G5 Sahel afin  de l’adapter au contexte sécuritaire  actuel en coordination avec les FDS Nationales  et les Forces Partenaires en présence », expliquant que dans cette nouvelle approche, « une place  appréciable doit être accordée aux actions bilatérales et multilatérales mettant en exergue nos propres capacités ».

Le Ministre Alkassoum Indatou a aussi  rappelé que dans le cadre du “sursaut civil” voulu par les cinq (5) Chefs d’Etat du G5 Sahel lors du Sommet de N’Djamena  des 15 et 16 février 2021,  « une implication  des populations dans leur propre sécurisation, à travers  une collaboration  saine  et  constructive  entre elles et les FDS, est plus que d’actualité ».

Le G5 Sahel ou « G5S », note-t-on, est un cadre institutionnel de coordination et de suivi de la coopération régionale en matière de politiques de développement et de sécurité, créé lors d’un sommet tenu du 15 au 17 février 2014 par cinq États du Sahel : Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad répartis sur 5 097 338 km2. Il s’est doté d’une convention signée le 19 décembre 2014 et le siège de son secrétariat permanent est à Nouakchott en Mauritanie, rappelle-t-on.

KPM

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