L’immigration ne doit pas être perçue comme une gêne ou un péril. 

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L’ONG hambourgeoise Guinée-Solidaire-Organisation e. V sis à Hambourg, la deuxième grande ville de l’Allemagne s’engage depuis 2007 pour  aider les compatriotes guinéens et africains en quête d’un lendemain meilleur en Allemagne.

Ce travail de bénévole est tout d’abord une occasion pour elle de  mettre à profit son savoir-faire dans le domaine de l’immigration et de l’intégration afin de faciliter l’intégration des jeunes africains et guinéens contraints parfois à l’exil en Allemagne.

Cette organisation au service des africains est par ailleurs convaincue que l’immigration ne doit pas être perçue comme un péril ou une gêne.

Car si l’africain est contraint de quitter son pays, c’est parce que  l’Europe veut continuer à être une puissance tutélaire éternelle sur le continent Africain en soutenant des guerres, des conflits, des coups d’états, des putschs constitutionnels, des présidents mal élus.

Donc l’Europe a aussi sa part de responsabilité  dans la misère que vivent les  peuples africains

Or lorsqu’un jeune africain qui ne finit pas comme un cadavre en méditerranée, contraint de subir les conséquences de la gestion économique, politique calamiteuse des dirigeants africains irresponsables, décide de fuir ces chefs d’États despotiques qui ne font allégeance qu’à des structures mafieuses internationales ou encore qu’aux chancelleries occidentales,les choses deviennent alors plus compliquées.

Il fera  sans doute face à plusieurs obstacles tels que traitement inhumain, racisme, discrimination, maladie physique et mentale, chômage,….

Et pourtant ce jeune africain dont le sous-sol constitue la base du développement des pays industrialisés de ce monde, sans oublier la contribution de ses ancêtres pour la libération de l’un des pionniers de l’impérialisme mélanophobe qui est la France, a aussi droit au développement.

Mieux, la liberté de circulation tant chère à l’Europe colonisatrice, ce désir d’aller et revenir partout dans le monde, comme ils le veulent, doit être aussi valable pour les jeunes africains, guinéens.

Pour ces jeunes africains pris  au piège aujourd’hui entre la mauvaise gouvernance, la corruption qui nuisent à la transformation structurelle de l’économie de leurs pays et à la politique migratoire européenne  injuste,inhumaine veulent aussi aller et revenir là où ils le désirent. Ils veulent surtout une justice sociale en Europe tout comme en Afrique.

L’Europe ne peut pas donc continuer au nom d’une diabolisation des jeunes immigrés africains, au nom d’un libéralisme sauvage à se coaliser avec des présidents despotes africains, mais tout en fuyant ses responsabilités face aux flux migratoires dans lesquels, l’Afrique serait d’ailleurs sous représentée.

Car selon un rapport de L’OCDE paru en 2018 on comptait seulement que 300.000 africains parmi les 5 millions de migrants ayant rejoint  l’un des 36 pays de L’OCDE.

Donc ça ne sert à rien de faire face à de tels désastres humains, montre d’une impardonnable amnésie.

Car l’être humain étant de par naissance nomade ira toujours là où il pense trouver son bien être et quelque soit les circonstances qui conditionnent sa vie.

Et mener ce combat c’est surtout s’insurger contre ces pays si prompt à aller conduire des guerres susceptibles de déstabiliser des régions entières mais si réticents quand il s’agit d’accueillir les réfugiés qui finissent aujourd’hui par milliers comme des cadavres dans les tréfonds de la méditerranée, à la porte de l’Europe.

N’est-ce pas tel fut le cas avec la Libye ?

N’est-ce pas que la méditerranée est tristement devenue le cimetière béant entre l’Europe et L’Afrique?

Mieux avons nous besoin de rappeler comment l’Europe s’est enrichie au travers de l’exploitation de ces peuples par le biais de l’esclavage puis de la colonisation puis du néo-colonialisme ?

Avons nous vraiment besoin de rappeler comment aux moments les plus sombres de l’histoire européenne, des milliers d’étrangers se sont engagés aux côtés des forces alliés pour défendre la liberté d’un continent qui n’était pas le leur ?

Doit-on parler de ceux qu’on nomme « immigrés » en Europe, qui chaque jour travaillent avec acharnement pour son prestige?

Alors ce combat vaut le coup d’être mené car on doit fièrement refuser d’être présenté dans les pays occidentaux et au-delà comme «la misère du monde ».

Aïssatou Chérif Baldé

Akondanews.net

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