Libye : La démocratie toujours absente dix ans après l’assassinat de Mouammar KHADAFI

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Réuni autour d’une conférence internationale ce 21 octobre, à Tripoli, pour une première fois depuis l’assassinat du guide de la révolution libyenne il y a dix ans, le peuple libyen tente sans succès de retrouver sa stabilité. Le tout, dans un contexte où le processus démocratique a du mal  à prendre corps dans ce pays.

Consolider la transition en Libye à l’approche de la présidentielle de décembre prochain ; c’est l’enjeu majeur que se donne cette conférence ministérielle internationale pour la stabilité du pays. Cette conférence a été initiée par la ministre libyenne des Affaires étrangères, Najla al-Mangoush et une trentaine de délégations ministérielles prennent part à ces travaux qui sont une première dans le pays depuis 2011.

Elles sont venues échanger avec la Libye sur la sécurité à mettre à l’actif pour assurer les élections mais surtout aussi parler des volets sécuritaire, militaire, économique avec à la clé le retrait des combattants étrangers et le dégel des avoirs libyens à l’étranger ainsi que l’ouverture du pays  aux investissements.

Dix ans après la disparition du guide de la révolution libyenne, la démocratie annoncée au peuple n’est pas acquise et l’espoir s’estompe. Le pays a du mal à achever sa transition malgré le cessez-le-feu et les quelques avancées au plan institutionnel.

Les désaccords entre différents camps menacent de saborder l’élection présidentielle de décembre prochain. Dans ce sens, des indiscrétions évoquent un probable report dans un contexte où même le gouvernement d’union nationale mis sur pied pour organiser les élections n’est pas accepté par tous.

On est donc loin de sortir des divisions comme l’atteste la polémique autour de la promulgation d’une loi qui régit le scrutin présidentiel. Le texte ratifié par le parlement qui siège à l’Est du pays,  a été rejeté par le haut conseil d’Etat qui représente le sénat et qui siège à Tripoli à l’Ouest du pays.

Dans ce méli-mélo, la communauté internationale persiste et signe à réclamer la tenue des élections présidentielles le 24 décembre prochain. Ce qui pose un risque de passage en force qui en réalité ne viendrait pas résoudre le problème, mais davantage le compliquer.

Et pourtant l’implication de certaines puissances occidentales qui réclament à tue-tête la tenue des élections en Lybien, n’est plus à prouver, lors du dernier sommet Afrique-France à Montpellier en France, le président Emmanuel Macron a reconnu que son pays avait commis une erreur en Libye. Une erreur dont la correction semble difficile aujourd’hui et qui créé des métastases incontrôlables.

Comment préparer l’erreur Libyen ? Là réside toute la problématique de l’heure. L’Union africaine se bat sans véritable moyens pour y parvenir alors que des « mains obscures » travaillent à maintenir le chaos dans le pays.

En attendant la stabilité du pays, laquelle recherchée qui sûrement annoncera des lendemains certains et heureux, le peuple Libyen est à la croisée des chemins après avoir sacrifié son guide il y’a exactement dix ans après 42 ans de règne qualifié autoritaire.

YVES MODESTE NGUE

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