LES INTELLECTUELS AFRICAINS FRANCOPHONES FACE AU DÉFI DE VALORISATION DES LANGUES AFRICAINES

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Dans la thèse de doctorat PHD de l’américain Nathan, j’ai lu ceci: “Pendant la colonisation, le Haoussa était enseigné au Nigeria, mais pas au Niger ; le Yorouba était enseigné au Nigeria, mais pas au Bénin ; le manding était enseigné en Gambie, mais pas en Guinée, au Mali, en Côte d’Ivoire et au Burkina ; l’Akan (variété Ashanti) était enseigné au Gold Coast (Ghana actuel), mais le Baoulé (langue Akan) ne l’était pas en Côte d’Ivoire.” Ces exemples nous prouvent que la colonisation britannique (indirect rules) tolerait la présence des langues africaines. Alors que l’enseignement du wolof avait commencé en 1930 à Dakar, mais un décret colonial l’avait abrogé.

 Pire, un enfant qui parlait sa langue maternelle à l’école était puni en Afrique sous colonisation française et portait un symbole à son cou. Cela avait pour but de dégrader ou de criminaliser psychologiquement les langues africaines dans la mentalité des futures élites francophones.

Plus de 60 ans après les indépendances formelles, malgré l’évidence du rôle des langues nationales dans le développement à travers les exemples concrets, les intellectuels francophones Sub-Sahariens, à chaque fois que l’on évoque le changement de statuts des langues africaines, ils voient les problèmes au lieu des opportunités…

Les thèses qui viennent sont les suivantes : nos langues sont nombreuses, nos territoires sont petits, ça va emmener la balkanisation, c’est une menace pour l’unité nationale, nos langues vont nous isoler, nos langues n’expriment pas la science…

Toute cette argumentation vise à bloquer les langues africaines dans leur processus d’émancipation. Cependant, la réalité est tout autre lorsque l’on procède à une analyse objective.

L’Afrique du sud a 11 langues officielles; l’Inde a 18 langues officielles; le Luxembourg, un petit pays européen de la taille d’une préfecture comme Coyah en Guinée, a 3 langues officielles ; la Suisse qui ne fait pas la moitié de la Haute Guinée, a 4 langues officielles. Aucune nation européenne n’a cédé sa langue au profit d’une langue étrangère jugée internationale.

Les langues africaines ont résisté aujourd’hui et beaucoup se sont modernisées et peuvent jouer les premiers rôles. Les lignes ont bien bougé dans les systèmes éducatifs en Afrique anglophone au Ghana,  Nigéria, Tanzanie, Kenya…

C’est pourquoi il faut former et sensibiliser les générations montantes africaines pour relever ce défi. Vivement l’officialisation de nos langues.

KANLOUCTE Kemite

AKONDANEWS.NET

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