Le peuple Mboum et la tribu Pana. Photo prise en 1905 d’une femme Mboum.

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Les Mboums sont une population d’Afrique centrale, Ils vivent dans la région de l’Adamaoua au nord du Cameroun – notamment à Ngaoundéré et dans le Rey Bouba –, dans la région de Baïbokoum au Tchad, au nord-est du Nigeria (Gembu), ainsi qu’au nord-ouest du Cameroun (Nkambe) et au nord de la République Centrafricaine.

Les Mboums sont originaires de Moyen-Orient, notamment de la baie du Yémen d’où ils vivaient il y a longtemps avant le Christ. Ils sont d’origine ethnique mauresque / soudanaise. On rencontre de multiples formes ou tribus Mboums.
Le mboum fait partie d’un groupe de langues du même nom, qui sont rattachées à la branche adamawa-oubanguienne de la famille nigéro-congolaise. Le mboum comportent de nombreux dialectes : En République centrafricaine : man, pana, tari, kare, gonge.

Chez les Mboums, les garçons et les filles en âge de maturité vont à l’initiation. À la fin de l’initiation, une danse initiatique est organisée au lieu public.

Nous nous sommes demandés pourquoi les filles Mboum dansent « les seins en l’air » ? A l’époque, les jeunes filles en âge de procréer allaient en initiation dans la brousse et y passaient deux ans. Dans cette brousse, elles ne portaient que des cache-sexes confectionnés en perle. Comme elles allaient dans la brousse qu’avec leur cache-sexe, à leur sortie, elles exécutaient cette danse initiatique à la place publique du village dans cette tenue. Bien qu’aujourd’hui la durée de l’initiation soit réduite à un mois, cette danse initiatique renferme les mêmes valeurs. Les filles Mboum la dansent pour montrer leur innocence et leur pureté.

Les pana sont un petit groupe ethnique issu de la tribu Mboum, établi en république centrafricaine, frontalier du tchad et du cameroun. Pendant la colonisation française, leur territoire avait d’abord été rattaché administrativement au moyen-congo puis au tchad et à l’oubangui-chari. Entre 1911 et 1916, les pana ont été sous contrôle allemand. Contrairement aux groupes ethniques dominants en centrafrique, leur langue et leur histoire lointaine ne sont pas oubanguiennes ; elles se rattachent plutôt à celles des mboum camerounais (adamaoua). Bien qu’ils soient organisés selon un schéma moderne d’institutions locales avec des maires nommés par le gouvernement- les pana ont réussi à conserver partiellement leur modèle de pouvoir traditionnel. Il s’agissait d’une chefferie bicéphale avec un “belaka” considéré comme le chef des affaires temporelles et un “gangpana” ou chef de terre représentant l’essence même du groupe ; ce dernier, descendant du clan fondateur est -encore de nos jours- seul autorisé à gravir la montagne sacrée (le mont pana) et à s’y entretenir avec les ancêtres ; c’est lui qui transmet les messages de ces derniers aux vivants et procède aux rites en leur honneur. Jusqu’aux années 1950, le belaka devait être intronisé sur la montagne sacrée pour être reconnu comme chef des pana. Par suite d’une histoire coloniale marquée par la violence (rébellion du kongo-wara et guerre des grottes 1928/1933), le belaka a finalement été considéré comme indigne de l’intronisation rituelle et a cessé d’être à la fois chef spirituel et chef temporel. Cependant, jusqu’en 1993, le maire de Ngaoundaye (“capitale” locale) était toujours un descendant du clan duquel étaient issus tous les belaka depuis quatre-vingts ans environ ; il ne prenait aucune décision importante sans en référer au gangpana et aux anciens.

souleymane Diawara

Akondanews.net

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