Le Mali fait peau neuve: Vers une république sans partis politiques et sous l’autorité d’Assimi Goïta

Lecteur Audio
Getting your Trinity Audio player ready...

Bamako, 30 avril 2025 – Par notre envoyé spécial

Une page historique est en train de s’écrire au Mali. Ce mardi 29 avril, le Centre international de Conférence de Bamako (CICB) a été le théâtre d’une mobilisation nationale hors du commun. Mille sièges, des centaines de participants débout – tous réunis pour la Phase nationale de la consultation des forces vives de la nation. L’ambiance était solennelle, les enjeux cruciaux : relecture de la charte des partis politiques, redéfinition de l’architecture politique du pays et, surtout, consolidation du pouvoir du général Assimi Goïta.

UNE CONSULTATION D’AMPLEUR NATIONALE

Présidée par le Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, cette assemblée marquait l’aboutissement d’un processus entamé dans les régions, les cercles, et jusque dans la diaspora. Trois axes principaux ont guidé les travaux : la réduction drastique du nombre de partis politiques, la réforme de la charte des partis, et la lutte contre le nomadisme politique. Mais les recommandations finales sont allées bien au-delà de la simple réforme administrative : elles préfigurent une transformation en profondeur du modèle politique malien.

VERS LA DISSOLUTION DE TOUS LES PARTIS POLITIQUES

Dans un ton unanime et sans détour, les participants ont recommandé la dissolution pure et simple de tous les partis politiques. En contrepartie, de nouvelles conditions drastiques pour la création de partis ont été proposées : caution de 100 millions FCFA, présence obligatoire sur l’ensemble du territoire, âge minimum et maximum pour les dirigeants, et interdiction d’implication des chefs traditionnels et religieux dans les campagnes électorales. Autant de mesures visant à mettre fin à la prolifération de structures jugées inefficaces, corrompues ou clientélistes.

FIN DU STATUT DE CHEF DE FILE DE L’OPPOSITION

La relecture de la loi sur l’opposition politique n’épargne pas l’actuel statut de chef de file. Jugé non indispensable, il est appelé à disparaître. L’enveloppe financière jusque-là consacrée à ce poste devrait être redirigée vers des projets de développement, tandis qu’un audit des dépenses passées est exigé. Un signal fort contre les pratiques opaques du passé.

ZÉRO TOLÉRANCE POUR LE NOMADISME POLITIQUE

Autre point saillant : la recommandation d’interdire fermement le nomadisme politique. Tout élu changeant de camp en cours de mandat verrait son parti d’accueil sanctionné par l’inéligibilité de ses membres. Une mesure radicale pour renforcer la cohérence politique et la discipline partisane.

ASSIMI GOÏTA, PRÉSIDENT POUR CINQ ANS RENOUVELABLES

Mais c’est bien la recommandation spécifique relative à l’instauration d’un nouveau régime présidentiel qui retient l’attention. Les forces vives demandent l’élévation du Général d’Armée Assimi Goïta au rang de Président de la République, pour un mandat de cinq ans, renouvelable. Ce nouveau statut placerait le Mali dans la lignée des autres pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), rompant avec les cycles d’instabilité liés aux alternances électorales contestées.

Le maintien des autorités actuelles, le gel du processus électoral jusqu’à la pacification du pays, et l’audit du fichier électoral sont également proposés. Le Premier ministre, dans son allocution, a promis de transmettre fidèlement ces recommandations au Chef de l’État, saluant « des propositions claires pour tourner les pages sombres de notre histoire ».

UN TOURNANT DÉMOCRATIQUE OU UNE DÉRIVE AUTORITAIRE ?

Si les partisans du régime voient dans ces mesures une chance de refonder durablement l’État malien, les détracteurs évoquent une dérive autocratique. Entre volonté de stabilité et restrictions des libertés politiques, le Mali s’engage dans un tournant qui suscite à la fois espoir et inquiétude.

Les yeux sont désormais tournés vers Koulouba. Assimi Goïta entérinera-t-il ces recommandations ? Le Mali sera-t-il le premier pays africain contemporain à abolir le multipartisme au nom de la refondation ? La suite promet d’être décisive.

Rédaction , Akondanews.net
Correspondance spéciale –30 avril 2025

Laisser un commentaire

Traduire»