L’AES Supprime le Roaming et Se Détache de la CEDEAO

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Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, unis dans une alliance stratégique connue sous le nom d’Alliance des États du Sahel (AES), ont marqué un tournant dans leur coopération régionale ce 21 novembre 2024. Les trois pays ont signé un protocole d’accord historique supprimant les frais d’itinérance, communément appelés “roaming”, entre leurs territoires. Cette mesure vise à renforcer les liens entre ces nations et à améliorer la communication pour leurs citoyens.

Une avancée pour l’intégration numérique

Wenlassida Patrice Compaoré, Secrétaire exécutif de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) du Burkina Faso, a souligné que cet accord consacre la gratuité des appels reçus et des SMS dans la zone AES. Cette mesure permettra aux populations de ces trois pays, totalisant 72 millions d’habitants, de communiquer sans frais supplémentaires, renforçant ainsi la solidarité économique et sociale au sein de l’alliance.

Ce protocole d’accord est salué comme une avancée majeure pour l’intégration régionale et la souveraineté technologique de l’AES, à un moment où les États membres cherchent à consolider leur indépendance vis-à-vis des cadres de coopération traditionnelle.

Une rupture assumée avec la CEDEAO

Au-delà de cet accord technique, l’événement a pris une dimension hautement politique. Les dirigeants de l’AES ont profité de l’occasion pour réitérer leur rejet de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ils estiment que cette organisation, autrefois pilier de l’intégration sous-régionale, est devenue un instrument des intérêts français en Afrique de l’Ouest.

Cette décision marque une rupture claire avec une institution perçue comme inefficace et soumise à des influences étrangères. En se tournant résolument vers leur propre alliance, le Mali, le Burkina Faso et le Niger affirment leur volonté de bâtir une nouvelle dynamique régionale, axée sur la souveraineté et l’autodétermination.

Les ambitions de l’AES

En supprimant le roaming et en se détachant de la CEDEAO, l’AES pose les bases d’une coopération renforcée qui dépasse la simple téléphonie. Cette initiative pourrait préfigurer de nouvelles mesures économiques et politiques visant à unifier davantage la région.

Pour ces trois nations, ce n’est pas seulement un pas vers la connectivité numérique, mais une déclaration d’indépendance face à un ordre régional jugé obsolète et manipulé. Le protocole d’accord du 21 novembre n’est donc qu’une première étape dans le projet ambitieux de l’AES de réorganiser les rapports de force en Afrique de l’Ouest.

En définitive, cette suppression du roaming n’est pas seulement un geste technique ; c’est un acte politique fort, un symbole de résistance et une preuve que le rêve d’une Afrique unie par ses propres aspirations reste possible.

Kakaboara, correspondant à Abidjan

Akondanews.net

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