La RDC décide d’expulser l’ambassadeur du Rwanda dû à l’«appui» au M23

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Kinshasa, qui accuse Kigali de soutenir la rébellion du M23, a décidé d’expulser l’ambassadeur du Rwanda en République démocratique du Congo, a annoncé samedi soir le porte-parole du gouvernement congolais et ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya. Vincent Karega a 48 heures pour quitter la RDC.

Le M23 (« Mouvement du 23 mars »), une ancienne rébellion tutsi qui a repris les armes fin 2021, a gagné du terrain samedi dans l’est de la RDC, s’emparant notamment de deux villes, Kiwanja et Rutshuru-centre, situées sur la route nationale 2, axe stratégique desservant Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

Le président de RDC Félix Tshisekedi a présidé samedi à Kinshasa « une réunion élargie du Conseil supérieur de défense », pour évaluer la situation après « une série d’attaques et d’occupations de localités congolaises (…) par le M23 appuyé par l’armée rwandaise », a indiqué Patrick Muyaya dans un communiqué lu à la télévision officielle. « Il a été observé ces derniers jours une arrivée massive des éléments de l’armée rwandaise pour appuyer les terroristes du M23 en vue d’une offensive générale contre les positions des forces armées » congolaises, a-t-il affirmé.

« Au regard des faits qui précèdent », le « Conseil supérieur de défense demande au gouvernement d’expulser dans les 48 heures suivant sa notification M. Vincent Karega », ambassadeur du Rwanda en RDC, du fait notamment « de la persistance de son pays à agresser la RDC », a ajouté le porte-parole.

Félix Tshisekedi s’adressera à la nation congolaise dans les jours qui viennent concernant ce dossier, a ajouté le ministre. Kinshasa accuse depuis des mois Kigali de soutenir le M23.

Le M23 gagne les villes de Rutshuru-centre et Kiwandja sans difficultés majeures

Depuis une semaine, l’armée congolaise fait face à une offensive des combattants du M23 sur plusieurs fronts, dans la province du Nord-Kivu. Samedi, Kiwandja et Rutshuru-centre ont été conquis par le M23 qui n’a pas rencontré une grande résistance. Les deux villes sont situées à près de 70 Km de Goma. Alors que l’arrivée des rebelles a provoqué de nouveaux déplacements de populations, un calme précaire règne dans les deux agglomérations.

Il n’y a quasiment pas eu d’affrontements à l’entrée du M23 à Kiwanja, rapporte notre correspondant à Kinshasa, Patient Ligodi. Cependant quatre casques bleus marocains ont été ciblés et blessés par balles, poussant la Mission onusienne de sécurité (Monusco) à se fendre d’un communiqué pour rappeler que les attaques visant les soldats de la paix peuvent constituer des crimes de guerre. Elle a aussi promis qu’elle « ne ménagera aucun effort pour poursuivre les responsables devant les juridictions nationales et internationales ».

Dans la journée de samedi, du matériel militaire et des munitions récupérés dans et aux alentours de Kiwanja ont été déposés par des jeunes dans la base de la Monusco. Une quarantaine de soldats des forces armées de la RDC, parmi ceux qui n’avaient pas pu se retirer de la cité plus tôt, se sont également rendus au quartier général de la mission onusienne.

L’ONU s’inquiète des conséquences humanitaires

Bien qu’ayant à présent le contrôle total de Kiwanja, le M23 n’a pas pris contact avec la Monusco, selon des sources onusiennes. Pour leur part, les casques bleus organisent des patrouilles le long de la stratégique Route Nationale N°2 pour rétablir la circulation particulièrement pour des besoins humanitaires de Goma jusqu’à Rutshuru, renseigne la Monusco.

Dû à l’avancée du M23, des dizaines de milliers d’habitants ont été contraints de se déplacer vers Goma, située à 70 km. Difficile de savoir combien de personnes ont dû quitter leur foyer, mais selon le bureau des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), 35 000 personnes se sont rendues, ces deux derniers jours, de Rutshuru vers la bourgade de Kanyaruchinya, au nord de Goma. Ce qui donne une idée de l’ampleur du phénomène de ces déplacements de populations.

L’agence onusienne s’inquiète des conséquences humanitaires, notamment par le biais d’Yvon Edoumou, le porte-parole de l’Ocha en RDC :

L’ONU pointait une implication du Rwanda

Un rapport non-publié de l’ONU consulté en août par l’AFP pointait une implication du Rwanda auprès du M23 et, cette semaine, un ambassadeur américain aux Nations unies a clairement évoqué « l’aide apportée par les Forces de défense rwandaises au M23 ».

Le Rwanda dément et accuse en retour la RDC – qui nie elle aussi – de collusion avec les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), un mouvement de rebelles hutu rwandais, dont certains impliqués dans le génocide des Tutsis en 1994 au Rwanda.

source:RFI

Akondanews.net

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