La dimension mentale fait toute la différence parmi les étudiants

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On a coutume de dire que pour réussir dans la vie, il y a un certain nombre de qualités qu’il faut cultiver. Si ce fait est avéré, il faut dire qu’il l’est encore plus lorsqu’il s’agit des études universitaires en Afrique, et particulièrement en Côte d’Ivoire.

Il est indéniable que les études supérieures constituent une étape cruciale dans la vie de l’individu car non seulement, c’est à ce moment qu’il doit savoir s’organiser pour bien prendre ses cours, savoir prendre des notes, gérer la pression et le stress des examens, gérer ses finances personnelles, prendre des décisions à propos de sa future carrière.
Bref, même s’il n’a pas été préparé à jouer ce rôle, c’est le moment pour lui d’endosser une nouvelle personnalité ou de s’en créer une, faute de quoi, son avenir professionnel peut être compromis, surtout s’il ne bénéficie d’aucun soutien, ni des proches, ni de l’Etat.
Toutefois, à ces difficultés générales inhérentes aux études supérieures, les étudiants ivoiriens sont particulièrement confrontés à d’autres qui, cette fois, sont d’ordre structurel. C’est par exemple, le manque d’infrastructures et les capacités d’accueil très limité des institutions d’enseignement supérieur, le manque d’équipements adéquats et de financement.
En outre, en dépit des efforts que les pouvoirs publics déploient depuis 2009, notamment avec l’instauration du système d’enseignement licence, master et doctorat (LMD) qui est censé professionnaliser le parcours, l’enseignement supérieur n’est pas parvenu à préparer véritablement l’étudiant à sa future carrière de sorte que le taux de chômage des étudiants diplômés ne cesse de s’accroître.
Dans ces conditions, qu’est-ce qui pourrait motiver l’étudiant à étudier avec acharnement pour achever ses études?
Par ailleurs, il devenu courant que des étudiants, par manque de chambre en cité universitaire, soient contraints de squatter, qui les amphithéâtres, qui les salles de travaux dirigés, avec pour tous l’obligation de se laver dehors, avant le lever du jour. Comment, alors, peut-on faire des études dans de telles circonstances?
Et pour autant, sans mésestimer le drame que vivent les étudiants, je crois qu’ils ne devraient avoir pour meilleur compagnon que la rage de réussir. Et, c’est justement là que l’attitude mentale entre en ligne de compte.
Appréhendée comme «une pré-disposition mentale à agir de telle ou telle façon», l’attitude mentale est une « intention ». Elle demeure « indispensable dans l’explication du comportement social et une notion nécessaire dans l’explication des réactions devant une tâche. »
Par exemple, là où tel ne verrait que des problèmes et aurait tendance à rechigner, à bougonner et à abandonner, tel autre voudra s’adapter en faisant preuve de patience, de persévérance, de détermination et de courage, tout en se disant que la situation qu’il vit n’est que transitoire et temporaire. D’ailleurs, j’ai toujours été d’avis qu’à un moment donné des études, ce qui fait la différence entre ceux qui réussissent et ceux qui abandonnent, c’est la force mentale, cette farouche volonté de vouloir réussir en dépit des multiples difficultés.
Néanmoins, il faut souligner que pour garder constamment le cap devant les obstacles qui ne manqueront certainement pas, même pour les mieux préparés, il faut constamment se motiver, c’est-à-dire visionner à chaque instant le but ultime afin de ne pas se laisser gagner par le découragement.
Bien évidemment, cette attitude mentale exceptionnelle doit être associée à des objectifs professionnels précis auxquels doit donner forme un projet professionnel personnel, au risque de voir tous ces efforts réduits à néant.

Oussou Kouamé Rémi, Enseignant-chercheur à l’Université Alassane Ouattara-Bouaké et Doyen du Campus 2 de l’université internationale Clairefontaine- Expert en emploi et employabilité de l’étudiant

Akondanews.net

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