Journée mondiale de la liberté de la presse 2022: la précarité des journalistes ivoiriens mise à nu

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A l’instar des journalistes du monde entier, leurs confrères ivoiriennes ont commémoré, le 03 mai de chaque année, la Journée mondiale de la liberté de la presse. Comme il est de costume, c’est le stade de la Haute fréquence de la RTI qui a acceuilli les festivités de cette 29e édition. Les organisations de la presse et des professionnels des médias ivoiriens ont saisi l’occasion pour faire un tour d’horizon de la pratique de ce métier dont on dit à hue et à dia qu’il est le 4e pouvoir.

Précarité, interpellations, morts en cascade et violences. Ce sont autant de difficultés qui constituent le talon d’achille des journalistes ivoiriens.

Pour le président de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), Jean Claude Coulibaly « du fait du changement des habitudes de lecture de nombre d’Ivoiriens, la situation tourne en effet au désastre dans le secteur de la presse imprimée. L’impression des journaux est en réduction constante et subséquemment, les chiffres de ventes eux-aussi sont en chute libre. La fragilité des entreprises de presse précarise inévitablement les journalistes qu’elles emploient ».Nonobstant ces nombreuses sources de démotivations, jean-Claude s’est voulu optimiste pour l’avenir des acteurs du secteur de presse : « Il ne faut cependant pas se résoudre à la fatalité et se laisser mourir tel un désespéré. L’ère de l’Internet doit être appréhendée comme une opportunité à saisir. Certes, comme le soutient à juste titre, Anatole France « Tous les changements, même les plus souhaités ont leur mélancolie ». A fortiori, ceux qui nous sont imposés par la marche du monde » Non sans remobiliser ses confrères : « il revient aux journalistes de saisir l’opportunité de l’avènement de l’Internet et nous y adapter. Le métier d’informer lui ne changeant pas. Seules ont évolué l’habitude de consommation de l’information et surtout la vitesse à laquelle le consommateur entend désormais qu’il soit servi. Alors donnons de la vitesse à la circulation de l’information que nous donnons à lire ou à écouter. »

Le président de l’UNJCI a, par ailleurs, invitéà les journalistes, face à la menace de la rapidité et de la prolifération des fake news (fausses informations) sur Internet, à réinventer l’écriture journalistique pour l’adapter à la consommation rapide des internautes qui sont assaillis d’informations venant de tous horizons et en particulier des réseaux sociaux.

Au nom des organisations de la presse et des professionnels des médias ivoiriens, Eveline Deba est revenue sur la menace sur l’intégrité physique et morale des journalistes ivoiriens dans le cadre de l’exercice de leur métier.  « Au titre des interpellations et des violences exercées contre les journalistes, il y a encore du chemin à faire. Les agressions contre les journalistes de la part des forces de l’ordre, des mouvements de jeunes dans le milieu politique ou universitaire, en marge des manifestations, continuent. La suppression de la peine privative de liberté est gravement remise en cause » a-t-elle martelé. Avant d’insister sur le fait qu’« il faut absolument que des mesures vigoureuses soient prises pour sortir de l’impasse d’une précarité qui n’a que trop duré ».

Notons qu’au cours de cette cérémonie, la présidente du Conseil national des droits de l’homme (CNDHCI), Namizata Sangaré, a rappelé le rôle important des journalistes pour la promotion et la défense des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire.

Patrick Krou

Akondanews.net

 

 

 

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