INTERVIEW: N’gouan Jérémie Alfred, entre actions sociales et développement local à Aboisso

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Elu maire de la commune d’Aboisso lors des dernières élections municipales de 2018, N’gouan Jérémie Alfred, ex député de la circonscription d’Aboisso de  2011 à 2016 et  de 2016 à 2021 ,ancien président du parlement de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) de 2016 à 2019, a dans une interview accordée au site d’information en ligne akondanews.net, mis en lumière sa gouvernance locale jugée participative et ses réalisations visant à améliorer le cadre de vie de ses populations, avant de livrer son rêve pour sa commune.

Akondanews.net : Monsieur le maire, N’gouan Jérémie Alfred, le 13 octobre 2018, vous avez été élu maire de la commune d’Aboisso avec le projet ESPOIR. A mi chemin de votre mandat, quel bilan faites vous de vos engagements ?

N JA : Effectivement nous avons présenté un projet de société dénommé « ESPOIR » qui visait à améliorer les conditions de vie de nos populations et depuis notre élection, nous avons essayé de mettre en œuvre tous les aspects de notre projet de société qui porte sur : la modernisation des infrastructures pour une ville moderne, la construction d’hôpitaux de proximité et équipés, l’amélioration de la qualité d’hygiène et de l’environnement, la promotion humaine et la construction d’écoles.

Nous avons certes évolué, mais beaucoup  reste à faire et très bientôt, nous ferons une évaluation plus complète de nos réalisations. Toutefois, en dépit de la situation sanitaire liée à la Covid 19 qui a perturbé notre élan, nous avons tenu bon et amélioré le système de collecte, informatisé l’état civil, construit un certain nombre d’écoles primaires, achevé les travaux qui avaient été lancés par nos prédécesseurs, modernisé la salle de fête d’Aboisso qui sera bientôt dotée d’une salle multimédia. Nous nous apprêtons à mettre en œuvre un projet pilote à l’intérieur du CAFOP d’Aboisso qui consiste à construire une maternelle et une école primaire  qui serviront de centres d’application pour les élèves-maîtres.

Aussi, avons-nous commencé la construction de la deuxième salle de spectacle à l’école primaire plateau, achevé la construction de centres de santé et certains ont été déjà ouverts et d’autres attendent d’être équipés. Les centres de santé d’Assouba et de Bakro sont en construction et celui d’Ayebo, sera le plus moderne.

Bref, nous avons fait un certain nombre de travaux comme l’électrification des rues de la commune en posant au maximum 60 poteaux électriques par an.

Akondanews.net : Monsieur le maire, quid de l’état des routes à Aboisso. Vos populations jugent impraticables les voies de votre commune alors que vous pronez une ville moderne.

NJA : Le bitumage des routes ne dépend pas de la responsabilité de la mairie. A ce niveau, nous comptons sur l’Etat pour nous donner du bitume, car les populations attendent beaucoup du bitumage des routes qui bien entendu, précèdent le développement et  contribuent à l’édification d’une ville moderne. Malgré tout, nous faisons tout, pour mieux entretenir nos routes et cela est très coûteux.

Akondanews.net : Vous parlez de ville moderne, pour vous qu’est-ce qu’une ville moderne ?

NJA : Une ville moderne se construit avec les populations et avec tout le monde, une ville moderne, c’est une ville qui a des infrastructures, des routes, des salles de cérémonies modernes, des écoles et des centres de santé équipés et de proximité, des quartiers éclairés qui se développent harmonieusement. Le budget de la mairie étant limité, nous ne pouvons que rendre pour le moment attractive pour inciter les gens à venir construire, créer des conditions pour améliorer effectivement le cadre de vie des populations.

Akondanews.net : A combien s’élève le budget de la commune et comment est-il élaboré ?

NJA : Quand nous avons été élus, nous avions un budget à peu près 700 millions de franc CFA et nous nous battons pour dépasser le milliard, pour l’amélioration des recettes, le recensement des contribuables de la commune et un meilleur  recouvrement. Tout ce budget, croyez moi est essentiellement consacré au développement de la ville, à l’amélioration des infrastructures, aux aides sociales en faveur singulièrement des indigents de la ville.

Le budget est élaboré selon les règles classiques, nous avons un président de commission qui s’occupe de collecter les besoins des populations, qui regarde les dépenses et nous essayons de faire en sorte que les dépenses soient largement inférieures aux recettes pour pouvoir consacrer beaucoup d’argent à l’investissement.

Akondanews.net : La population est-elle véritablement impliquée dans l’élaboration du budget triennal de la commune ?

NJA : Oui la population est consultée et elle est prise en compte dans l’élaboration du budget triennal, car notre objectif est de mettre en œuvre les aspirations de celle-ci. Quand nous prévoyons construire une école par exemple, c’est parce que la population a exprimé le besoin et pareil pour les autres réalisations. Le budget est participatif et nous réalisons les besoins listés en amont avec la population au cours des conseils municipaux et des consultations avec les chefs de gestion de quartiers (CGQ) qui interviennent entre la mairie et les populations. Très bientôt, à cet effet, nous organiserons des fora dans les quartiers de la commune et ouvrirons un service Budget participatif (BP) au sein de la mairie pour mieux collecter les besoins des populations et améliorer davantage la communication avec celles-ci.

N’gouan Jérémie à la place publique Elleingang Etche

Akondanews.net : Dans votre projet de société, vous avez promis à la population d’Aboisso de mettre en avant dans votre gouvernance locale la  coopération décentralisée, aujourd’hui, est-elle effective ou encore au stade de projet ?

NJA : La coopération décentralisée est avant tout une question de coopération internationale et nous avons présentement plusieurs contacts pour matérialiser le projet et, c’est ce qui justifie la mission actuelle du premier adjoint au maire en France depuis quelques temps. Mais, à la vérité, pour le moment, nous n’avons signé aucun  contrat de jumelage, encore moins un contrat de coopération décentralisée à l’international.

Par contre, au niveau national nous bénéficions du soutien des mairies d’Abidjan, qui nous aident à fonctionner et à réaliser certains de nos projets.

Akondanews.net : Au niveau de la création de l’emploi en faveur des femmes et des jeunes, avez-vous le sentiment d’avoir réussi à juguler le chômage et la pauvreté dans leur rang ?

NJA : En ce qui concerne la question de la création d’emplois en faveur des jeunes et des femmes, nous avons mis en place un fonds d’accompagnement de plus de 80 à 90 millions de franc CFA pour leur permettre de créer des activités génératrices de revenus et ce fonds est logé dans une micro-finance de la place et, là-dessus , il faut mentionner que le taux de remboursement est largement satisfaisant. Ce sont donc au total plusieurs jeunes pris individuellement et 12 associations de jeunes ainsi que 116 femmes qui bénéficient de ce fonds de soutien à l’entreprenariat.

De plus, étant donné que nous sommes dans une région agricole, nous avons mis en œuvre un projet de formation au métier de saigneur dans les plantations d’hévéa au profit de 250 jeunes avec l’appui technique de l’ANADER. Il faut rappeler que le métier de saigneur rapporte beaucoup d’argent et nos jeunes sont moins présents dans ce secteur d’activité. Donc il nous appartient de les aider à s’y intéresser et gagner valablement leur vie.

Aussi, sommes nous entrés en contact avec les sociétés de tricycles qui transportent les populations et marchandises aux fins de mettre en place un plan devant attirer davantage de jeunes à pratiquer cette activité  et permettre à ceux-ci de travailler dans des conditions meilleures . Précisément, la mairie a pris l’engagement de leur fournir des casques aux jeunes conducteurs de tricycles et de financer leur permis de conduire.

A la vérité, nous préférons l’auto-emploi des jeunes qui est financé actuellement par la mairie grâce à un fonds spécial et ce, parce qu’il responsabilise la jeunesse. Nous sommes dans une posture d’accompagnement de création d’emplois pour endiguer la pauvreté et le chômage des femmes et des jeunes de la ville d’Aboisso.

Akondanews.net : Avant de vous quitter, pouvez-vous nous livrer votre rêve pour la commune d’Aboisso ?

NJA : Je rêve d’une commune moderne avec des infrastructures modernes, une commune où la jeunesse se sent intégrée, joue son rôle et travaille pour préparer son avenir.

Je rêve d’une commune vivant en harmonie avec toutes les communautés, en dépit de leur origine, une commune paisible, développée, attrayante et réconciliée avec elle-même et avec ses populations.

En ce qui concerne ma probable candidature qui taraude des esprits, je profite de l’occasion que vous m’offrez, pour dire que je m’en remets entièrement qu’à la volonté des populations d’Aboisso avec lesquelles je me suis toujours présenté sous la forme d’un contrat.

Adingra OSSEI

Akondanews.net

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