Insécurité dans le Sahel: La mobilisation des pays de la région traîne

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Au moment où se pose la problématique du retrait de la force Barkhane au Sahel, la France, par la voix de son président Emmanuel Macron a réaffirmé son engagement aux côtés des États lors du dernier sommet du G5 Sahel.

Partira, partira pas? La réponse est désormais connue après les atermoiements autour de la présence des troupes françaises dans le Sahel. Le président français, Emmanuel Macron, prenant part aux travaux du sommet du G5 Sahel organisé par visioconférence le 9 juillet 2021, a tranché en ces termes : “Nous restons engagés au Sahel parce-que cela nous est demandé par les Etats de la région”.

Plus concrètement, l’actuel locataire de l’Elysée essaye d’expliquer qu’il s’agirait d’une contrainte voulue par les dirigeants de la région sahélienne. “La France n’a pas pour vocation encore moins la volonté de rester engagée éternellement au Sahel. Nous sommes là parcequ’on nous le demande et pour une durée qui n’excédera jamais ce qu’on nous demande”, dixit le président français.

Quelqu’un pourrait demander quand et où ont eu lieu les discussions et décisions pareilles que non; nous sommes en diplomatie et en géopolitique. Ici, les choses se passent dans les couloirs ” Diplomatie de couloir” surtout que quelques jours seulement avant ce sommet, le président du Conseil Militaire de Transition au Tchad le général, Mahamat Idriss Déby est allé rencontrer le président français à l’Elysée, à Paris.

Plusieurs semaines avant, ce fût le cas avec le Chef de la junte militaire au Mali, le Colonel Assimi Goïta. On pourrait donc comprendre que la décision de maintenir la force Barkhane au Sahel a fait objet d’un accord dont les détails ne sont pas connus de toute la sphère politique. Mais à la réalité, depuis le début de l’opération “Barkhane” en août 2014 à la suite de “Serval” et “Épervier”, il y’a eu des succès militaires comme la mort du fondateur d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) en 2020.

En pratiquement huit ans, de milliers de mutualistes ont été neutralisés grâce à la présence de 5.100 hommes déployés dans le cadre de l’opération qui couvre la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad. Des résultats qui n’ont pourtant pas stoppé l’ennemi. La violence ne cesse d’accroître à l’encontre des populations civiles, des attaques se multiplient face à un ennemi qui de plus en plus semble flou.

Il serait certainement urgent pour les pays membres, de s’engager véritablement dans cette région où sévissent le groupe État Islamique dans le grand Sahara et Al Qaïda au Maghreb islamique. Cet engagement ne nécessite pas forcément l’entrée en scène de nouveaux partenaires occidentaux comme la Russie; bien que non négligeables. Selon les puristes, les États membres doivent repenser la question des opérations anti-terroristes dans la région et miser sur les atouts disponibles.

S’il est clair qu’un ami ne peut jamais assurer  le principal concerné, alors l’avenir du G5 Sahel réside à travers une mobilisation tout azimut des États membres de la région.

Yves Modeste NGUE

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