Goma : L’artiste révolutionnaire Idengo Delcat abattu après une vidéo hostile au M23-AFC

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Goma, RDC – Un climat de tension extrême règne à Kilijiwe, à l’entrée de Sainte Monique, où la dépouille de l’artiste musicien révolutionnaire Idengo Delcat gît au sol, criblée de balles. L’exécution présumée de l’artiste a eu lieu ce jeudi à 13h30, quelques heures après la diffusion d’une vidéo critique à l’égard du mouvement M23-AFC.

Une figure engagée réduite au silence

Idengo Delcat, connu pour son engagement artistique et ses positions critiques contre les violences perpétrées à l’Est de la RDC, était l’unique survivant de sa famille, décimée par les massacres successifs de Beni depuis 2013. Son assassinat brutal marque une nouvelle escalade de la violence dans une ville sous le contrôle du M23-AFC depuis la prise de Goma.

L’artiste avait été libéré de la prison centrale de Munzenze le 27 janvier 2025, lors de la prise de la ville par les rebelles. Sa libération n’aura été qu’une courte parenthèse avant une fin tragique, qui soulève de nombreuses interrogations sur les implications politiques et sécuritaires de cet assassinat.

Un assassinat qui sème l’effroi à Goma

Les circonstances de son exécution restent floues, mais plusieurs témoins rapportent que son corps a été retrouvé sans vie dans la terre, sous une pluie de balles. Son dernier message public, à travers une vidéo dénonçant les exactions du M23-AFC, pourrait être la raison de son élimination.

Cet assassinat pose une question cruciale : quelle est encore la marge de liberté d’expression et de contestation dans une ville sous contrôle rebelle ? La situation à Goma devient de plus en plus précaire pour les voix dissidentes, alors que les représailles contre les opposants se multiplient.

Un climat d’insécurité grandissant

Le meurtre d’Idengo Delcat survient dans un contexte de tensions accrues, où les habitants de Goma vivent sous la menace constante des violences armées. Si la prise de la ville par le M23-AFC s’était accompagnée de promesses de stabilité et de sécurisation, ce type d’événements démontre l’instabilité et la fragilité de la situation.

Les organisations des droits de l’Homme ainsi que la communauté internationale suivent de près l’évolution du conflit à l’Est de la RDC, alors que les exactions contre les civils, les activistes et les artistes engagés se multiplient.

L’exécution d’Idengo Delcat s’ajoute à la longue liste des voix réduites au silence, et rappelle avec une brutalité saisissante la vulnérabilité des opposants dans un territoire en proie à des luttes de pouvoir incessantes.

Quel avenir pour la liberté d’expression à Goma ?

La disparition tragique d’Idengo Delcat pose une question essentielle : les artistes, activistes et journalistes peuvent-ils encore s’exprimer librement sans risquer leur vie ?

Tandis que les autorités congolaises et les forces internationales restent silencieuses face à cette nouvelle exécution, les populations locales, elles, vivent dans la peur, prises en otage dans une guerre où chaque parole peut coûter la vie.

L’histoire retiendra Idengo Delcat comme un artiste révolutionnaire tombé pour ses convictions, mais son assassinat témoigne surtout de l’urgence d’une solution durable au conflit qui ensanglante l’Est de la RDC depuis trop longtemps.

Rédaction

Akondanews.net

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