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A rebours du grand enthousiasme qu’il avait suscité au moment de son accession au pouvoir en 2017, le président français Emmanuel Macron a, depuis lors, multiplié les maladresses tant au niveau national qu’à l’échelle internationale.
Premier couac, dans une adresse censée augurer d’une respectueuse feuille de route africaine, laquelle serait basée sur sa vision et son approche décomplexées des relations franco-africaines, le discours de Ouagadougou a été entaché par son attitude jugée paternaliste, irrévérencieuse voire condescendante à l’égard de son hôte, l’ancien président du Faso Roch Marc Christian Kaboré qui serait allé, selon le jeune et fraichement élu président du pays des droits de l’homme d’alors, réparer la climatisation.
Une boutade, même si c’en n’était pas une qu’il n’oserait pas formuler à l’encontre d’un président occidental ou d’un… Vladimir Poutine (Sarkozy en sait quelque chose).
Le charme d’alors du fringant Macron tenait, peut-être sur deux points. D’abord, son apparente virginité dans le militantisme partisan, même s’il avait, soit dit en passant, occupé des postes importants comme celui de secrétaire général adjoint du Palais de l’Élysée ou encore celui de patron de Bercy, c’est-à-dire le ministère de l’économie et des finances.
Le deuxième atout du Mozart de la finance est son relatif jeune âge qui l’avait aidé à s’émanciper, à la surprise générale, de l’emprise des partis politiques notamment du clivage gauche-droit, en vogue depuis au moins le général De Gaulle.
Fort de ces deux atouts incommensurables, Jupiter s’est cru invincible. Aux échecs de ses différentes réformes politiques sur fond de violence inouïe avec notamment les gilets jaunes, se sont greffés des déboires géopolitiques et diplomatiques retentissants à l’instar de ses revers au Sahel. Même en RDC, le dirigeant français s’est vu tancé par un Félix Tshisekedi, requinqué et plus que jamais sûr de son fait.
Pour ne rien arranger, le plus jeune président de la cinquième République française, comme poursuivi par un sort inextricable, le retour de Trump au pouvoir aux Etats-Unis semble sonner le glas d’un triomphalisme macronien, finalement réduit à sa plus simple expression.
Quid de la chute du gouvernement Barnier?
La validation de la motion de censure, pour la première fois depuis 1962 où le Premier ministre Georges Pompidou, avait fait les frais de la décision de son président le général De Gaulle qui voulait s’émanciper de la tutelle des partis politiques à travers un passage à un vote au suffrage universel au lieu d’un collège électoral, craignant d’être l’otage des partis politiques, souvent abonnés aux sombres dessins inavouables.
Mais à la différence du général de Gaulle qui avait fini par dissoudre l’Assemblée nationale et organiser un référendum qu’il remporta haut la main, Macron ne peut plus dissoudre l’Assemblée nationale avant un an, après la dissolution du juin dernier.
Mais étant un monarque républicain, excusez de l’oxymore, rien n’empêche, constitutionnellement le mari de Brigitte de reconduire le désormais plus éphémère PM de la cinquième République ou de puiser une fois de plus dans le camp des perdants lors des dernières élections législatives ou encore de faire la sourde oreille face aux voix de plus en plus bruyantes appelant à sa démission.
Ayant son avenir politique plus que jamais en pointillé, rien dans l’attitude de Macron ne laisse espérer qu’il entendra enfin la voix des Français. A savoir sa démission.
Une perspective que l’homme fort de Paris, le principal concerné n’hésitera pas à qualifié de politique fiction….
Le DEC
Journaliste-Traducteur-Ecrivain
Expert certifié en Diplomatie et Relations internationales