Fête du travail dimanche 1er mai 2022, Ouattara et son Vice-président boudent la cérémonie, les syndicats indignés

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Abidjan le 4 mai- Le dimanche 1er mai, à l’instar des Travailleurs du monde entier, ceux de la Côte d’Ivoire ont sacrifié à la tradition. Organisations syndicales et faîtières du monde du travail ont défilé. Traditionnellement les défilés se font en présence du président de la République à qui les doléances ou livres verts sont remis. En Côte d’Ivoire plus singulièrement, le chef de l’État Alassane Ouattara a toujours boudé cette cérémonie.

L’édition 2022 n’y a pas dérogé. Ni Alassane Ouattara le chef de l’État ni Koné Meyliet Koné Tiémoko son Vice-président n’ont assisté à cette cérémonie. Les deux premières personnalités les plus importantes du point de vue protocolaire, ont tout simplement brillé par leurs absences. Pour Alassane Ouattara les travailleurs y sont habitués, celui-ci n’a jamais pris part aux célébrations du 1er mai depuis son arrivée au pouvoir en mars 2011. L’absence de son Vice-président est toute aussi incompréhensible, ce d’autant que ce dernier aurait pu suppléer son patron. Mais, pourtant présents au pays et à Abidjan ce même dimanche 1er jour de la commémoration de la Fête du travail, Alassane Ouattara et Tiémoko Meyliet Koné ont préféré laissé la tâche à Patrick Achi de s’occuper des travailleurs.

C’est donc le Premier ministre, Chef du gouvernement ivoirien , troisième personnalité du protocole de succession, qui a échangé avec le monde du travail. Grande a été la désolation des syndicalistes. Ces derniers estiment en effet, que le chef de l’État n’a jamais porté les travailleurs ivoiriens dans son cœur, encore moins leurs représentants syndicaux. Cela s’est encore prouvé cette année 2022. Un pied de nez fait au dialogue républicain disent les uns, une bérézina à la bonne cohabitation entre gouvernant décideur et gouvernés s’indignent les autres. En tout cas la déception est grande du côté de la “4è Voix”.

Pour cette centrale syndicale, « Lorsque nous prenons point par point, tous les indicateurs de performances sur la situation sociale des travailleurs, nous constatons une absence de véritables politiques sociales, une discrimination légendaire avec une mauvaise répartition des fruits de la croissance économique. » A fustigé Dr Soko Waza Théophile, le président de la centrale syndicale la 4ème Voix. « On ne travaille pas pour devenir mouton, mais on travaille pour acheter mouton », a fait savoir le leader syndical très irrité de la situation de précarité dans laquelle les travailleurs ivoiriens végètent depuis 12 ans.

«La récente flambée du coût des services publics et la réaction “vraisemblablement” indifférente du gouvernement aux préoccupations des populations révèlent un sentiment croissant que le taux de croissance économique de la Côte d’Ivoire ne contribue pas, à sortir les plus pauvres de leur situation. Tout le monde est d’accord sur la cherté de la vie et le gouvernement aussi. Et les travailleurs ne peuvent ainsi vivre de leurs salaires qui demeurent toujours au même niveau pendant que les prix des biens de consommables continuent de flamber».  Dénonce Dr Soko Waza Théophile président de la centrale syndicale la 4ème Voix.

Même son de cloche chez l’ancien président du syndicat MIDD Mouvement ivoirien pour la défense de leurs droits, une organisation du secteur de l’éducation précisément des enseignants du primaire. « L’analyse de la situation telle que décrite, laisse entrevoir une volonté manifeste du pouvoir de tirer notre pays vers le bas. Au regard de tout ce qui est dit, les 1er mai ressemblent à des fora de plaisance et de défoulement. » A indiqué Mesmin Komoé ancien président du MIDD.

Denzel Bereby

Akondanews.net

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