Fête du travail dimanche 1er mai 2022, le PPACI de Gbagbo dresse un sombre tableau du monde du travail et fustige la gestion de Ouattara

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Que pense le Parti des peuples africains Côte d’Ivoire PPA-CI de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo de la situation du travail généralement avec son corollaire de défilé du 1er mai et surtout de la gestion quotidienne du pays par Alassane Ouattara le chef de l’État actuel ? À cette question et à bien d’autres, Laurent Gbagbo et son nouvel instrument politique y ont répondu sans faux fuyant.

«  Ce sont de simples exutoires servant de fuite en avant pour déplacer les problèmes quand on ne peut pas les résoudre. Le Ppa-Ci exhorte tous les travailleurs à s’armer de courage pour faire face à toutes les intempéries d’ où quelles viennent. Le Ppa-Ci appelle donc à la mobilisation de toutes les forces vives de la Nation pour faire reculer les affres de l’injustice. Le Ppa-Ci appelle à une grande solidarité entre les travailleurs et autour des travailleurs car aujourd’hui, les travailleurs et l’ensemble des populations subissent la cherté de la vie,  la hausse des prix de tous les produits de première nécessité, le prix du carburant qui est monté à une vitesse vertigineuse. La conséquence, tout le corps social est impacté. Mais cela ne semble aucunement émouvoir le gouvernement qui, a maintenu son rythme de vie ostentatoire au mépris de la misère des masses populaires et laborieuses », a fustigé le Secrétariat général adjoint chargé des syndicats et du monde du travail, dans une déclaration dont akondanews.net a reçue copie.

Ce regard peu prometteur que jette le PPA-CI sur la situation du travail prend en compte plusieurs secteurs. C’est Mesmin Koffi Komoé, le Secrétaire général adjoint chargé des syndicats et du monde du travail qui s’est chargé de faire l’analyse de la situation et d’en dégager les véritables enjeux afin de mieux appréhender le contenu de la Fête du travail célébrée chaque année dans le monde. « L’analyse de la situation telle que décrite, laisse entrevoir une volonté manifeste du pouvoir de tirer notre pays vers le bas. Au regard de tout ce qui est dit, les 1er mai ressemblent à des fora de plaisance et de défoulement.  Son analyse de la situation de certaines couches socioprofessionnelles, fait ressortir la mauvaise politique du régime Ouattara depuis 2011».

De la situation des planteurs de Côte d’Ivoire

séchage de fèves de cacao

« Parmi les couches des travailleurs qui se rendront au défilé figurera certainement en bonne place le monde paysan. Quel message portera t-il ? Bien curieux qui pourra le savoir, parce que nos braves paysans ont perdu le sommeil depuis avril 2011. Le fruit de leur labeur ne leur profite plus parce que le Gouvernement de Côte d’Ivoire depuis cette date a décidé de sinistrer le monde agricole. Les produits agricoles tels que le cacao, l’hévéa, le coton et l’anacarde ont subi le contre coup d’une politique de spéculation savamment orchestrée par les tenants du pouvoir pour spolier définitivement les planteurs de la juste rétribution de leur dure labeur. Quelques chiffres nous permettront de comprendre l’ampleur du désarroi que vivent nos braves paysans dans une approche comparative. Pendant la gouvernance du Président Laurent Gbagbo, les prix bord champ des produits tels que le cacao et l’hévéa avaient passé la barre de 1000 FCFA le kilogramme. Cette embellie des prix avait  entraîné une véritable santé financière dans les  zones rurales. La conséquence directe a été la ruée de nombreux ivoiriens vers le monde paysan pour la création de grandes plantations. En redistribuant la richesse au monde paysan le Président Laurent Gbagbo avait compris que le  développement devait se faire à la base. Malheureusement  la situation est toute différente aujourd’hui. Alors que le gouvernement en place avait annoncé de grandes réformes pour rendre le monde paysan plus heureux, c’est plutôt à une politique de spoliation systématique des pauvres paysans que nous assistons. Aujourd’hui, au lieu 1100 FCFA pour le cacao et 1250 FCFA pour l’hévéa, les tenants du pouvoir depuis le 11 Avril 2011 ont dans leurs fameuses réformes réduit drastiquement le prix bord champ. Pour le cacao, le prix du kilogramme a connu une spéculation sans pareille. A ce jour, il est fixé à 800 FCFA le kilo comme prix indicatif bord champ. Pour l’hévéa c’est une véritable descente aux enfers. De 1250 FCFA, le kilo avec le Président  Laurent Gbagbo, le kilo de l’hévéa est aujourd’hui acheté  à moins de 300 FCFA.  Les conséquences de cette politique désastreuse du gouvernement actuel ne se sont pas faits attendre. Non seulement les prix indiqués bord champ sont très bas, mais pire, les paysans ont été contraints à vivre avec une horde d’intermédiaires dans la filière cacao et de l’hévéa  qui les réduisent à la mendicité. Les spéculateurs sont d’une cruauté telle que non seulement les prix ne sont pas respectés mais les paysans sont victimes de la mauvaise foi de ces derniers. Ils ont en effet pris plaisir à prendre les produits des planteurs avec la promesse de les payer plus tard quand ils auront eu suffisamment d’argent. Ainsi donc, beaucoup de planteurs ont avec eux des  bouts de reçus illisibles avec l’hypothétique espoir de jouir du fruit de leur labeur ultérieurement.  Ceux qui n’ont pourtant fait aucun effort restent les vrais détenteurs de toute la manne financière dont ils n’ont jamais été les vrais dépositaires. C’est dans cette atmosphère de dénuement total des paysans que s’ouvre cet autre 1er mai, qui ne sera certainement pas différent des autres 1ers mai depuis l’avènement du régime Ouattara» , relève le Ppa-Ci. Que dire des licenciements abusifs et autres injustices dans le secteur privé.

De la situation des Travailleurs du secteur privé

« Depuis la prise du pouvoir par Alassane Ouattara, les relations entre les travailleurs et leurs employeurs sont si exécrables  qu’il est impossible d’en savoir le baromètre réel aujourd’hui. Déjà dès 2012, des licenciements abusifs sur fond de règlement de compte politique, teintés de tribalisme ont rythmé le quotidien de tous ceux que le pouvoir soupçonnait d’opposants. A la Rti, nous avons assisté à la mise à la rue de plus de trois cent travailleurs sans motif valable. Nombreux sont ceux qui n’ont pu survivre à cette destruction brutale de leur vie professionnelle. Au Port Autonome d’Abidjan, ce sont plus de cinq cent travailleurs qui ont vu tous leurs espoirs ruinés. Cette saignée a continué jusqu’à ce jour. En 2018, ce sont près de mille travailleurs de la Cdci qui sont licenciés sans autre forme de procès. En 2021, les sociétés Sdtm et Global Manutention se sont séparés de près de 400 travailleurs pour dit-on fait de grève. Ils n’ont ni document, ni droit de licenciement. Ils sont dans la rue depuis le mois d’août malgré toutes les démarches entreprises. A Socotra, ce sont plus de soixante travailleurs qui sont concernés depuis 2020. Ces cas ne sont que la phase visible de l’iceberg. Aujourd’hui les licenciements sont légion et le monde du travail se porte de plus en plus mal. Tout cela est possible parce que l’administration du travail est sous-équipée et elle est sous ordre dans un contexte où les décideurs sont juge et partie dans les conflits collectifs qui opposent les travailleurs à leurs employeurs. Le tout couronné par un Code du travail plus coercitif pour le travailleur que protecteur. Le code du travail actuel est frappé d’une faiblesse telle que tout conflit qui survient est toujours au détriment de l’employé même s’il a raison. Le Code du travail est un texte conçu sur mesure dont l’application pose problème parce que les procédures de règlement des conflits sont inutilement longues et desservent  toujours les travailleurs. D’où la consolidation de la précarité de l’emploi dans notre pays. Toutes choses qui rendent l’environnement du travail complexe et insupportable pour les travailleurs. Ces derniers sont pour la plupart des victimes expiatoires sur l’autel des ambitions sans limite des multinationales et leurs complices endogènes. Que vaut encore ce 1er mai pour toutes ces âmes déjà meurtris pour qui la vie a déjà perdu toute saveur », regrette le Ppa-Ci. Dans le public, la situation est aussi cauchemardesque.

Manifestants du secteur privé en Côte d’Ivoire

De la situation des Travailleurs du secteur public

« Dans le secteur public régi par le Statut général de la Fonction publique, l’apparence donne lieu à un confort factice qui semble être envié de tous. Si l’on n’évoque pas des licenciements intempestifs ici, il n’en demeure pas moins vrai que des problèmes cruciaux demeurent. Les plus grands challenges auxquels a été confronté le secteur public reste la question du redécrochage après le raccrochage des enseignants en décembre 1991. Le secteur éducation-formation a été fortement secoué par cette grande injustice qui a duré près de dix ans. Cette situation a été corrigée pendant la gouvernance du Président Laurent Gbagbo en juin 2002 en ramenant les salaires dans le milieu éducation-formation à leur niveau normal. Mais il est allé plus loin en donnant plus de pouvoir d’achat au monde enseignant avec la suppression des grades A1 et A2 après le pré-forum social tenu à Grand-Bassam du 26 février au 3 mars 2007. Cette mesure a permis des glissements catégoriels avec relèvement d’indice de plusieurs enseignants. En 2010, à l’hôtel président de Yamoussoukro sous l’impulsion du Président Laurent Gbagbo,  ont été portés sur les fonts baptismaux les premiers textes fondateurs transformant la Cgrae en un Institut de prévoyance sociale à l’image de la Cnps. Aujourd’hui, tous ces efforts ont été réduits à néant avec la nouvelle réforme de la retraite introduite par le gouvernement d’Alassane Ouattara. La retraite dans le public n’est plus qu’un leurre parce qu’elle a viré au cauchemar pour les enseignants et agents de l’État dont tous les enfants  étaient pris en compte quel que soit l’âge. La pension est désormais réduite à une portion congrue après plusieurs années passées  en fonction avec l’augmentation de l’âge de la retraite  qui est passé désormais selon les catégories de 55 à 60 ans et de 60 à 65 ans. A côté de ces mesures impopulaires prises par l’administration Ouattara, il faut dénoncer les mesures de rétorsion que vivent plusieurs travailleurs depuis 2011 parce que soupçonnés d’être partisans du  Président Laurent Gbagbo. Nombreux sont ceux qui ont été admis à faire leur droit à la retraite sans avoir eu la chance d’être réaffectés dans d’autres services. L’ostracisme et la politique de rattrapage dans toute l’administration publique continue de faire des victimes de taille au profit de nouveaux profils. Le tout, couronné par une contre performance  en matière d’efficience et d’efficacité. Le 1er mai 2022 comme tous les autres semble dans la même dynamique avec comme variantes, le temps et l’espace. Mais certainement rien de nouveau sous nos cieux », a dénoncé  le Ppa-Ci.

De la situation des Travailleurs du secteur informel

« Ils feront sans nul doute partie de l’ensemble des Travailleurs qui célébreront ce 1er mai 2022. Un secteur d’activité qui occupe plus de 70% de la population. Aujourd’hui,  est de plus en plus question de l’économie informelle.  Un secteur pourvoyeur d’emplois mais encore mal organisé. Ce secteur vital a besoin de la mise en place de mesures urgentes pour lui donner une vitalité. L’une des premières mesures est l’aménagement de mesures spéciales pour un allègement des taxes et impôts. Malheureusement, le pouvoir en place est dans une politique de racket systématique de tout ce qui est assiette des taxes et impôts. L’annexe fiscale 2021 est d’ailleurs décriée par la quasi-totalité des opérateurs économiques parce qu’elle grippe l’activité économique au lieu de la rendre beaucoup plus fluide. Dans un tel contexte où les ogres grognent, que peuvent les petits cerfs du secteur informel si ce n’est de disparaître. Comment peut-on alors résorber le chômage quand les impôts et taxes tuent l’activité? » A analysé le Secrétaire général adjoint chargé des syndicats et du monde du travail du Parti des peuples africains Côte d’Ivoire (PPA-CI). Puis Mesmin Koffi Komoé de laisser poindre un vœu : « Nous osons croire que ce 1er mai y trouvera des solutions appropriées ».

Denzel Bereby

Akondanews.net

 

 

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