FAIRA, 1ᵉʳ novembre 2025 : l’élection qui a testé la maturité de la diaspora ivoirienne en Allemagne

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Il y a des dates qui ne bousculent pas seulement un calendrier, mais une manière d’exister ensemble.
Le 1ᵉʳ novembre 2025, dans une salle sobre du Severinswall 37 à Cologne, la FAIRA a écrit une page inattendue de sa jeune histoire : une élection apaisée, méthodique, transparente – trois mots longtemps difficiles à associer à la vie associative ivoirienne en Allemagne.

Ce jour-là, la diaspora ne s’est pas contentée de voter :
elle a prouvé qu’elle pouvait désormais se gouverner avec discipline, loin des tumultes et des querelles qui, par le passé, avaient parfois obscurci la mission première de la fédération.

Une assemblée qui commence dans le calme, et un quorum atteint malgré tout

À 15h30, sous la coordination du secrétaire général sortant Balou Jean-Niques Koui, l’appel des associations a sonné comme un test de crédibilité.
On attendait 19 associations.
9 étaient présentes.
4 avaient justifié leur absence.

Cela aurait pu devenir un motif de confusion ou d’ajournement.
Au contraire : l’assemblée, unanime, a décidé d’avancer.
Les convocations avaient été émises dans les règles ; la FAIRA ne pouvait plus se permettre des parenthèses institutionnelles.

Ce simple geste – poursuivre les travaux malgré les absents – est déjà un signe de maturité.

Un président sortant qui rend des comptes, et une salle qui écoute

Dans son allocution d’ouverture, Jérôme Dabé n’a pas esquivé ses responsabilités.
Bilan triennal à l’appui, il a déroulé des actions concrètes :

  • La participation au programme WIDU Africa, loin des discours, mais proche des entrepreneurs ivoiriens en quête de financement.
  • Un partenariat avec le Goethe Institut, levier discret mais précieux pour l’intégration régulière des migrants africains.
  • L’abonnement à une plateforme Zoom professionnelle, signe qu’une fédération sans locaux peut néanmoins se doter d’outils modernes.

Tout cela a été dit sans triomphalisme.
Juste avec la sobriété d’un homme qui sait que les résultats parlent mieux que les slogans.

Puis, il a fait ce geste fort : remettre sa démission.
Non pas par retrait, mais pour respecter le jeu démocratique.
Un geste trop rare dans nos associations.

Une élection propre, carrée, sans brouillard

À 16h00, sous la conduite du président de la Commission électorale, Claude Gbocho, assisté de Albert Konan, le processus a débuté.
Pas de tension.
Pas de cris.
Pas de disputes interminables.

Claude Gbocho a rappelé le cadre :
transparence, équité, rigueur.

Konan a présenté les vérifications :
candidatures recevables, pièces déposées, cotisations à jour.

Une précision importante :
le scrutateur prévu était absent pour raison médicale.
La commission a assumé la responsabilité, avec une clarté qui a évité tout soupçon.

Puis, les résultats sont tombés :

  • Jérôme Dabé, réélu président : 9 voix sur 9.
  • Lynda Mariana Kamakou, trésorière : 9 voix sur 9.
  • Brahima Doumbia, commissaire aux comptes : 9 voix sur 9.
  • Le poste de secrétaire général, lui, restera à pourvoir.

Un vote sans contestation.
Un moment rare.
Un moment précieux.

Une contestation ? Oui, mais réglée en 3 minutes

Une fédération vivante, c’est aussi une fédération où certains contestent.

Le cas de M. Ali Badra Koné pourrait être devenu un feuilleton.
Il n’en fut rien.

Sa candidature rejetée pour dossier incomplet :
pas de lettre de motivation, pas de parrainage, pas de photo, pas de caution, pas de passeport.
Malgré un délai de recours, rien n’a été fourni.
Et pour couronner le tout, l’intéressé était absent sans justification.

La Commission électorale n’a pas tergiversé.
Raisonnement clair.
Décision claire.
Dossier clos.

Encore une preuve que la FAIRA avance.

Une fédération qui veut désormais exister pour autre chose que ses conflits

À 16h15, lorsque le nom de Jérôme Dabé a été proclamé, ce n’est pas seulement un individu que les délégués ont reconduit.
Ils ont reconduit une confiance.
Un style de gestion.
Une stabilité.

Dans son discours, Dabé a eu les mots qu’il fallait :
gratitude, humilité, et surtout un appel à l’unité dans une fédération qui, par le passé, a trop souvent souffert de fractures internes.

Le président de la Commission électorale, Claude Gbocho, est allé dans le même sens :
faire de la FAIRA un espace de cohésion, de représentation digne et d’exemplarité.

C’est une feuille de route autant qu’un avertissement.

La FAIRA entre dans son adolescence politique

À 17h00, la salle s’est ouverte sur un repas simple et convivial.
Des délégués venus de divers Länder allemands ont échangé, ri, partagé, comme pour sceller – autour d’un plat – ce que les urnes venaient de confirmer.

La FAIRA, longtemps secouée, semble désormais vouloir grandir, se structurer, sortir de ses contradictions.

Les élections du 1ᵉʳ novembre ne sont pas une fin.
Elles marquent le début d’une période de responsabilité.
Car la diaspora ivoirienne en Allemagne a choisi le sérieux.

À la nouvelle équipe de prouver qu’elle avait raison.

Par la Rédaction

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