Éthique du travail et développement

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Au cours de ma carrière, Dieu m’a fait l’immense grâce de pouvoir séjourner dans trois (3) pays: l’Allemagne, le Japon et les Etats-Unis. Il y a certes divers cliqués qui circulent sur tous les peuples du monde, mais s’il y a une chose que ces trois (3) pays ont en partage et qui m’a particulièrement frappé, c’est bien leur éthique du travail.

Tirée du mot grec « ethos » qui veut dire « manière de vivre », l’éthique est la branche de la philosophie qui réfléchit sur les comportements humains et, plus précisément, à la conduite des individus en société, en vue d’établir des normes, des limites et des devoirs.

Alors, l’éthique du travail est l’ensemble des « comportements au quotidien de l’ensemble des employés d’une entreprise ». Elle représente la « traduction des valeurs de l’organisation de travail par chaque employé ». Sous ce rapport, le terme a pour synonyme l’éthique professionnelle.
Quand je revois encore tous ces efforts que les uns et les autres déploient à tous les niveaux de la hiérarchie socio-professionnelle pour que le travail soit, non seulement, bien fait, mais fait en temps et en heure, je comprends pourquoi ces pays sont parvenus à un tel niveau et surtout s’y sont maintenus.
En effet, que ce soit dans la sphère purement professionnelle ou communautaire, comme le bénévolat, on n’hésite pas à faire cet effort supplémentaire (go that extra mile) pour que le boulot soit fait comme il faut. On me dira que c’est parce qu’ils sont développés qu’ils sont se comportent de la sorte.
Or ce qu’on n’ignore, c’est que c’est à force de travail, d’abnégation et d’engagement qu’ils sont là où ils sont.
En Allemagne où j’ai séjournée de 1998 à 2002, par exemple, j’ai été saisi par l’ardeur au travail des Germains qui, même en hiver où il fait froid et noir jusqu’à 09 heures au moins, déjà à partir de 06 heures, les routes grouillent de monde qui, dans leur véhicule personnel, qui dans les bus pour vaquer à leurs activités là où certains, parce qu’ils sont immigrants, tirent encore le drap sur eux parce qu’il fait noir.
Quant au Japon où j’ai passé deux (2) années suite à la bourse de la Fondation du Rotary international, pour aller faire des études de Master en Etudes sur la Paix et le Développement international, à International Christian University (ICU), à aucun jour je n’ai remarqué qu’un professeur ne s’est fait porter absent ou a manqué un cours pour quelque raison que ce soit. On me dira que c’est normal car en tant qu’université privée, les enseignants sont tenus d’être toujours présents à leur poste sous peine de sanction. Mais que dire des raisons personnelles que ces enseignants peuvent évoquer pour ne pas être à leur poste ? Je crois que la raison est à rechercher ailleurs.
Néanmoins, c’est dans le domaine de l’entretien de la voirie et de la construction que les Japonais s’illustrent d’une fort belle manière. Si les voies, même secondaires, sont entretenues la nuit, même par temps de froid, aux environs de 23 heures, pour ne pas gêner la circulation, on peut observer le chronogramme de l’exécution des divers travaux sur les façades des bâtiments et autres édifices en construction. Et tenez-vous bien, ces constructions sont livrées aux dates prévues.
Aux Etats-Unis où « être sympathique fait partie de la mentalité comme vouloir aider l’autre », il y a une forte « tendance à faire une chose à la fois et à travailler rapidement ».
J’ai pu en faire la preuve lors de ma participation au programme d’échange Hubert H. Humphrey (HHH) Fellowship (2018-2019) au cours duquel l’accroissement de mes connaissances et expériences en développement professionnel m’ont conduit à faire un stage au Service des Carrière de la Pennsylvania State University (PSU) où mon superviseur Matt Ishler arrivait au bureau toujours avant moi en dépit des efforts que je faisais pour arriver autour de 07h30. A plusieurs reprises, je l’ai vu plusieurs jouer le rôle de préposé à la réception, ce qui, bien entendu, m’étonnât fortement jusqu’à ce qu’il m’expliquât que tous les employés étaient soumis à un programme hebdomadaire de permanence.
Par ailleurs, c’est dans le bénévolat que ce pays n’est à nul autre pareil. En effet, dans ma quête de perfection de la langue et d’une meilleure appréhension de la culture américaine, je n’hésitais pas à prendre part à des activités de bénévolat.
C’est dans ce cadre que j’ai pu voir des personnes à la retraite et même très âgées venir donner de leur temps, leur énergie et savoir-faire sans aucune contrepartie pour les autres alors qu’ailleurs, on ne manquera pas de demandera : « Qu’est-ce que j’y gagne ?»
En somme, il faut considérer le développement comme la résultante du travail intègre personnel et collectif, doublé de l’engagement professionnel nécessaire; et cela, il n’est nul besoin d’avoir 100 ou 200 ans d’histoire pour développer un tel état d’esprit, comme on a tendance à le soutenir lorsqu’on établit la comparaison entre ces pays et ceux d’Afrique.

Oussou Kouamé Rémi, Enseignant-chercheur à l’Université Alassane Ouattara-Bouaké et Doyen du Campus 2 de l’université internationale Clairefontaine- Expert en emploi et employabilité de l’étudiant

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