Enjeux de la politique économique : à moyen et long terme

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Dans un grand nombre de pays, le déficit extérieur courant est élevé en raison surtout de l’ampleur des IDE, qui sont effectués généralement dans les secteurs axés sur l’exportation. Dans ce cas, la vulnérabilité du pays à une évolution défavorable des financements extérieurs est atténuée par le fait que ceux-ci n’accroissent pas sensiblement la dette.

Cela dit, une contraction des financements au niveau mondial pourrait entamer la capacité des investisseurs étrangers à exécuter leurs projets dans les pays de destination, de sorte que qu’un renversement des flux d’investissement pourrait quand même avoir un effet négatif sur la demande interne et la capacité de production de ces pays. Plus particulièrement, pour les projets dans leurs phases initiales, le risque est grand que ceux-ci connaissent des retards et soient redimensionnés. Pendant leur phase d’exploitation, ils rendront inévitablement les pays plus vulnérables aux fluctuations des cours des produits de base, d’où ma nécessité de mettre en place des structures idoines pour gérer cette instabilité. Cependant, dans un petit nombre de pays caractérisés par un ratio d’endettement en augmentation ou une épargne intérieure faible, ou les deux à la fois, le déficit courant doit être surveillé de plus près et des ajustements budgétaires pourraient s’avérer nécessaires. En particulier, les pays à faible revenu en plein essor devront diversifier leurs sources de financement pour se doter d’infrastructures, car les transferts de capitaux pourraient diminuer en raison du resserrement des conditions financières dans les pays donateurs et d’une moindre disposition à fournir des concours alors que les pays bénéficiaires continuent de se développer. Les politiques budgétaires pourraient aider à mettre en place des sources de financement plus fiables en mobilisant l’épargne intérieure et en attirant le capital-risque étranger dans le cadre de partenariats public-privé. Enfin, il convient de continuer à améliorer la qualité des statistiques de balance des paiements afin de mieux apprécier les risques extérieurs pour la région.
A court et moyen terme
A court et moyen terme, les programmes d’investissement pourraient être menacés. En effet, les pays qui bénéficient d’un afflux d’IDE sont exposés au risque que la dégradation des perspectives pour les prix des produits de base, le durcissement des conditions de financement dans le monde et une accentuation généralisée des incertitudes concernant les perspectives de croissance mondiale n’incitent les investisseurs à revoir à la baisse ou à différer certains projets. Cela pourrait se traduire par une diminution des offres d’emplois et de la demande intérieure sous l’effet du ralentissement des activités de construction et par une croissance plus faible que prévu de la production et des exportations à moyen terme. Pour contrer ce risque, il convient de mettre en œuvre une vigueur renouvelée des politiques structurelles visant à améliorer la productivité et à promouvoir la diversification économique. Il importe surtout de remédier aux goulots d’étranglement qui existent dans les infrastructures, en particulier aux pénuries d’énergie et à la mauvaise qualité des réseaux de transport. L’insuffisance des capacités de production d’électricité constitue une contrainte qui pèse lourdement sur la croissance dans la grande majorité des pays.
La croissance économique en croisade contre la pauvreté
La croissance économique de l’Afrique subsaharienne a contribué faire reculer la pauvreté. Le taux de pauvreté a sensiblement diminué dans les pays à revenu faible et intermédiaire, encore que l’amélioration moyenne observée dans la région soit tirée vers le bas par la lenteur des projets réalisés dans les Etats fragiles et les pays exportateurs de pétrole. Cependant, malgré les progrès considérables qui ont été accomplis dans plusieurs domaines tels que la mortalité maternelle et la mortalité infantile, il semble que l’Afrique subsaharienne ne sera pas en mesure de réduire totalement la pauvreté. D’après les projections, l’Afrique subsaharienne devrait connaître une croissance économique vigoureuse à moyen terme, comme ce fut le cas pendant une bonne partie de la décennie écoulée. Les activités d’exportation et les investissements connexes ont été des moteurs importants de la croissance dans de nombreux pays et le resteront. L’investissement a eu pour effet secondaire que le déficit courant s’est creusé dans un grand nombre de cas.

Akondanews.net
Mapote Gaye

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