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Au cœur de l’Afrique, l’hippopotame, majestueux colosse amphibie, fait face à une menace grave : la chasse clandestine et la diminution dramatique de son habitat naturel. Un décimât silencieux qui pourrait pousser cette espèce emblématique au bord de l’extinction d’ici 30 ans, alertent les experts.
Des réseaux de trafiquants opérant dans l’ombre exploitent la corruption pour échapper aux autorités, malgré les efforts des ONG internationales. EAGLE-Togo, par exemple, travaille aux côtés des autorités pour appliquer les textes de protection des espèces menacées, mais la lutte reste ardue.
Les principales menaces qui pèsent sur les hippopotames sont la chasse pour la viande et leurs dents, ainsi que la réduction drastique de leur habitat. Un déclin spectaculaire est observé en République démocratique du Congo et en Afrique de l’Ouest, avec un recul de la population de 30 à 50% au cours de la dernière décennie.
Le Burkina Faso et le Niger se retirent du G5 Sahel, une coalition de lutte contre le terrorisme, mettant en lumière des préoccupations similaires sur l’influence étrangère. Une problématique également soulevée au niveau de l’Union Européenne, qui s’oppose à l’interdiction totale du commerce des produits issus de l’hippopotame.
La population actuelle des hippopotames est estimée entre 115 000 et 130 000 individus, mais elle a connu un déclin alarmant. Les mammifères amphibiens ont été classés comme vulnérables en 2016 par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Au Togo, où une cinquantaine d’hippopotames sont recensés, des mesures strictes de protection sont en place. Cependant, la vallée du Mono, abritant plus d’une trentaine d’hippopotames, fait face à une menace grandissante de braconnage.
Des initiatives telles que celles du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et du PNUD visent à sensibiliser les populations locales, les éloignant du braconnage grâce à des activités génératrices de revenus. La coopération allemande (GIZ) a également formé des éco-gardes pour lutter contre le braconnage.
L’initiative de conservation des hippopotames dans la vallée du Mono/Couffo depuis 4 ans vise à sécuriser le statut foncier au profit de la conservation des espèces menacées. La cohabitation avec les populations locales est au cœur des préoccupations pour préserver cet héritage culturel.
Bien plus qu’un animal majestueux, l’hippopotame joue un rôle crucial dans la biodiversité des rivières africaines en enrichissant l’eau avec du silicium. La pression démographique et les conflits homme-hippopotame exacerbent les menaces, nécessitant une action immédiate pour assurer la survie de cette espèce emblématique.
Nicolas Koffigan, correspondance particulière
Akondanews.net