Echec de tentative de coup d’Etat au Mali: le gouvernement pointe du doigt un état occidental

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Abidjan le 18 mai 2022.
Par Denzel Bereby

Dans la nuit du lundi 11 au mardi 12 mai l’histoire du Mali a failli basculer. Pour cause, une tentative de coup d’Etat a été déjouée, heureusement, par les nouvelles autorités militaires au pouvoir. En tout cas, c’est ce qui a été annoncé à la télévision malienne par le colonel Abdoulaye Maïga, porte-parole du gouvernement. «Dans le dessein malsain de briser la dynamique de la Refondation du Mali, un groupuscule d’officiers et de sous-officiers anti-progressistes maliens a tenté un coup d’Etat dans la nuit du 11 au 12 Mai 2022. Ces militaires étaient soutenus par un Etat occidental», a déclaré le Porte-parole du gouvernement malien. Le colonel Abdoulaye Maïga indique que «la tentative a été déjouée grâce à la vigilance et au professionnalisme des Forces de défense et de sécurité du Mali». Et que «le gouvernement de la République du Mali condamne avec la dernière rigueur cette indigne atteinte à la sécurité de l’État dont l’objectif visé est d’entraver, voire annihiler les efforts substantiels de sécurisation de notre pays et le retour à un ordre constitutionnel, gage de paix et de stabilité». Le Porte-parole fait une autre révélation : «dans le cadre de l’enquête et de la recherche des complices impliqués dans ce projet funeste, le gouvernement de la République du Mali informe que tous les moyens nécessaires, ainsi que les mesures appropriées ont été déployés, notamment, le renforcement des contrôles aux sorties de la ville de Bamako et aux postes frontaliers du Mali. Avant de préciser que «les personnes interpellées seront mises à la disposition de la justice. Le gouvernement rassure que la situation est sous contrôle et invite les populations au calme».
Il faut se poser la bonne question. A qui profiterait l’assassinat du colonel Assimi Goïta ?

La question qui vient tout de suite à l’esprit des Maliens et des Africains à l’écoute de cette information, qui dit que « Ces militaires étaient soutenus par un Etat occidental », c’est qui est ce pays ? On sait que depuis la prise du Pouvoir par les officiers militaires dirigés par le Colonel Assimi Goïta, les relations se sont tendues entre le Mali et les pays européens. Parmi ces Etats occidentaux, on sait que la France et ses autorités ont multiplié des actes de sabotage et des propos menaçants à l’encontre du Mali et de ses nouvelles autorités. L’ancienne puissance coloniale s’est toujours conduite au Mali comme si ce pays n’a jamais été indépendant. Frustrées par la manière cavalière de coopérer avec leurs pays, le mardi 3 mai, les nouvelles autorités du Mali ont fini par rompre la coopération militaire avec la France et la force Takuba de l’Union européenne. Passant sur ORTM TV la télévision nationale, le porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga a déclaré que «Le gouvernement de la République du Mali a décidé de dénoncer avec ‘’effet immédiat’’ l’accord des 7 et 8 mars 2013 déterminant le statut du détachement français qui s’applique aux forces Barkhane et le protocole additionnel des 6 au 10 mars 2020 déterminant le statut du détachement non français de la force Takuba conformément à la Convention de Vienne de 1969 sur le droit des traités dont les articles prévoient les modalités de dénonciation d’un accord lorsqu’elles ne sont pas expressément déterminées dans l’accord». Une décision qui a irrité les français. Le ministre français des affaires étrangères et des relations internationale, Jean Yves Le Drian a multiplié des propos peu diplomatiques sur ce pays et ses autorités. L’escalade a même coûté sa place à l’ambassadeur de France à Bamako. «Joël Meyer dispose de 72 heures pour quitter le pays», ont finalement décidé les maliens.

Les militaires français sont persona non grata sur le territoire de la République du Mali.

Cette décision faisait suite aux déclarations jugées «hostiles» des responsables français à l’encontre des autorités. Comme si cela ne suffisait pas, c’est le sénateur qui vient mettre le feu aux poudres par des déclarations incendiaires. Le lundi 9 mai dernier, au cours de l’émission «Bonjour chez vous» sur «Public Sénat» (une chaîne de télévision politique et parlementaire dont l’unique actionnaire est le Sénat français), le sénateur Christian Cambon profère cette menace. «La junte issue du coup d’Etat a dénoncé la totalité des accords militaires qui unissaient le Mali à la France… Cette rupture des accords repose sur des raisons stupides. La France aurait utilisé l’espace aérien du Mali sans prévenir…» Déclare d’abord Christian Cambon. Puis le président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat français d’ajouter : «Je pense que le Mali payera très cher le fait de s’être séparé de manière aussi violente des forces françaises qui, pendant huit ans, ont assuré la souveraineté du pays». Visiblement, la coopération militaire entre la République du Mali et la Fédération de Russie est très mal digérée. Trois jours après ces menaces de Christian Cambon président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat français, les autorités du Mali annoncent avoir fait échec à un coup d’Etat. A qui aurait profité le crime ?

Denzel Bereby

Akondanews.net

 

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