CÔTE D’IVORE : Laurent Gbagbo demande à Alassane Ouattara la libération des prisonniers politiques et militaires

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La rencontre entre les Présidents Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo du mardi 27 juillet dernier au Palais présidentiel continue de livrer ses secrets avec la publication de la liste des prisonniers politiques et militaires remise au président Alassane Ouattara.

Dans le cadre de la décrispation de la tension politique en Côte d’Ivoire, une rencontre jugée historique entre les deux ‘’ennemis’’du marigot politique ivoirien a eu lieu ce mardi 27 juillet. Occasion choisie pour l’ex président Laurent Gbagbo de formuler le vœu de la libération des prisonniers politiques et militaires qui croupissent dans plusieurs prisons du pays et à l’étranger, notamment au Libéria.

« J’étais leur chef de file et moi je suis dehors aujourd’hui. Eux, ils sont en prison. Et j’aimerais que le président fasse tout ce qu’il peut pour les libérer », a déclaré Laurent Gbagbo à la presse à l’issue de sa rencontre avec Alassane Ouattara

A cet effet, ce sont plus d’une centaine de prisonniers dont 29 plus anciens depuis la crise postélectorale de 2010, 75 autres arrêtés entre 2019 et 2020 lors des différentes tensions politiques dans le pays comme celle de la désobéissance civile enclenchée pour protester contre le troisième mandat d’Alassane Ouattara et 6 autres prisonniers arrêtés le 17 juin dernier en marge du retour au pays de Laurent Gbagbo.

Par ailleurs, sur cette liste s’y trouve aussi Soul to Soul, un proche collaborateur de Guillaume Soro, condamné à 20 ans de prison ferme.

Pour les associations de proches de détenus comme celle de Désiré Douati l’Association des femmes et familles des détenus d’opinion (Affdo-Ci), cette liste est incomplète car, ce sont au total plus de 400 prisonniers d’opinion qui croupissent en réalité dans les geôles du pouvoir d’Abidjan.

« Elle n’est pas complète, cette liste. Elle ne prend pas en compte tout le monde. Nous sommes à plus de 300 personnes encore en détention. Donc la liste des 110 personnes prend certainement en compte les militants du front populaire ivoirien [FPI, mouvement de Laurent Gbagbo]. Mais en dehors des militants du FPI, il y a des militants du PDCI-RDA, il y a des proches de monsieur Guillaume Soro, qui sont encore en détention, il y a même des personnes qui n’appartiennent pas forcément à un parti politique. Mais il y a aussi le fait que la détention préventive en Côte d’Ivoire est de 18 mois et nous avons des personnes qui sont en détention depuis neuf ans sans avoir vu de juge. Donc là, nous entrons dans un cas de figure où il y a « violation » de leurs droits. » Dixit Désiré Douati, avant de souhaiter que la libération de tous les prisonniers politiques ou d’opinion ivoiriens soit effective par une mesure d’armistice générale ou par une grâce présidentielle.

Le Président Alassane Ouattara fera t-il passer l’intérêt supérieur de la nation par-dessus sa morgue pour doner une chance à la réconciliation nationale ?

Adingra OSSEI

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