CÔTE D’IVOIRE : Retour triomphal de Laurent Gbagbo après dix ans d’absence

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Acquitté par la Cour Pénale Internationale le 31 mars dernier, l’ex président ivoirien Laurent Gbagbo a regagné son pays ce jeudi 17 juin après dix années d’absence. Bravant la répression des forces de l’ordre et les attaques de certains partisans du chef de l’Etat Alassane Ouattara, ce sont de milliers d’ivoiriens et de partisans de Laurent Gbagbo qui ont réussi à accueillir triomphalement l’ex-prisonnier de la Haye.

Arrêté et transféré à la CPI suite à la crise post-électorale de 2010 qu’a connue la Côte d’Ivoire et qui a officiellement fait 3000 morts, le président Laurent Gbagbo a été acquitté et libéré en appel le 31 mars dernier par la CPI au moment où plusieurs pontes du régime actuel d’Abidjan et des militants du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) véhiculaient dans le corps social que Laurent Gbagbo ne reviendrait plus jamais en Côte d’Ivoire.

Contre la volonté du directoire du RHDP et de plusieurs ministres du gouvernement d’Alassane Ouattara qui souhaitaient que l’accueil du président Laurent Gbagbo se fasse en catimini, ce sont de milliers d’ivoiriens qui ont envahi les artères des communes du district d’Abidjan pour réserver un accueil triomphal à l’ex-chef d’Etat ivoirien, de retour selon ses partisans pour construire la paix et contribuer à la réconciliation entre les ivoiriens divisés par plusieurs années de crise politico-militaro-sociale.

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En effet, l’avion transportant l’ex président Laurent Gbagbo est arrivé à Abidjan peu avant 16 heures 30 minutes où l’attendait une foule compacte et impressionnante qui a pu avoir accès à l’aéroport Félix Houphouët Boigny.

Tout au long de la journée, les forces de sécurité ont dispersé les partisans avec du gaz lacrymogène les milliers de partisans de Laurent Gbagbo qui tentaient de se rendre à l’aéroport pour lui réserver un accueil triomphal contrairement à la volonté des caciques du pouvoir d’Abidjan qui ont pendant des semaines manœuvré pour que l’accueil se passe sobrement et en catimini.

Franck Anderson KOUASSI

« Nous avons été étonné de la mobilisation inhabituelle des forces de l’ordre. Nous avons pensé que c’était pour un encadrement. Nous sommes surpris par la suite. Les populations ont été gazées, il y a déjà 40 arrestations, alors que dans un communiqué le gouvernement ivoirien a dit n’avoir pas interdit un quelconque rassemblement. Alors nous demandons au gouvernement de faire arrêter cette répression. Nous attendons le Président Laurent GBAGBO qui a décollé depuis 9heures. L’itinéraire indiqué reste intact. » a déclaré Franck Anderson Kouassi, SGA chargé de la communication au FPI et adjoint au ministre Katinan Koné dans la communication pour l’accueil du Président Laurent Gbagbo.

Cortège bloqué par la police
La foule intervient pour lever le blocage du cortège de Laurebt GBAGBO
Le cortège fut bloqué par la police mais la mobilisation de la foule a brisé cette manoeuvre

Si les partisans de Laurent Gbagbo ont dû affronter la répression des forces de sécurité dans plusieurs communes du district d’Abidjan, des échauffourées ont été signalées entre les partisans de Laurent Gbagbo et ceux du chef d’Etat Alassane Ouattara qui se sont opposés à un retour triomphal et festif de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire.

De plus, plusieurs arrestations et de nombreux blessés du fait de la répression des forces de sécurité sont enregistrés dans le camp des partisans de Laurent Gbagbo qui ont démontré farouchement leur détermination à accueillir en triomphe leur référent politique dont le cortège a difficilement pu arriver à dans le quartier Attoban où se trouve son ancien QG de campagne de 2010 dans lequel attendaient des centaines de partisans et des membres de la direction du FPI.

“Je suis ivoirien mais j’ai appris en prison que j’étais d’Afrique. Toute l’Afrique me soutient” a déclaré Laurent GBAGBO

Devant les membres de la direction de son parti, le Front populaire ivoirien (FPI), il s’est dit “heureux de retrouver la Côte d’Ivoire et l’Afrique après avoir été acquitté” de crimes contre l’humanité par la justice internationale.  “Je suis ivoirien mais j’ai appris en prison que j’étais d’Afrique. Toute l’Afrique me soutient”, a-t-il insisté devant des partisans.

“J’ai des larmes aux yeux en pensant à ma mère décédée”, a-t-il déclaré, évoquant ce décès survenu pendant qu’il était emprisonné à La Haye. Il a ajouté qu’il aurait l’occasion de faire “plus tard” un discours politique.

En posture de combat pour une Côte d’Ivoire nouvelle et réconciliée avec elle-même, Laurent Gbagbo a indiqué pour finir à l’endroit du Secrétaire Général du FPI, Assoa Adou et des autres membres de la direction de son parti « A la prochaine fois, nous allons travailler. Vous allez me dire quand…Je suis votre soldat, je suis mobilisé. »

Par ailleurs, l’accueil triomphal en l’honneur de Laurent Gbagbo en dépit des répressions des forces de sécurité d’une part et attaques des partisans d’Alassane Ouattara d’autre part, vient une fois de plus mettre en lumière la popularité de l’ex président ivoirien qui entend pleinement contribuer à la réconciliation entre les filles et fils de la Côte d’Ivoire contrairement au gouvernement ivoirien qui n’en fait pas une priorité politique.

Le retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire est-il nécessairement un gage de réconciliation nationale ?

Adingra OSSEI

Retour de Laurent GBAGBO, le film de la journée

L’intégralité de l’intervention du Président Laurent Gbagbo à son ancien quartier général de campagne

Laurent GBAGBO au QG du FPI

Je suis heureux de retrouver la Côte d’Ivoire et l’Afrique. On est de quelque part.

Moi, je suis de la Côte d’Ivoire mais j’ai appris en prison que je suis de toute l’Afrique. Toute l’Afrique m’a soutenu. Tous les Africains m’ont aidé à tenir. Des chefs d’Etat m’ont aidé à tenir, les peuples m’ont aidé à tenir. Quand je suis arrivé de La Haye à Bruxelles, il y a des moments où on croyait que je suis Camerounais, tellement les Camerounais étaient mobilisés pour me soutenir.

Je suis arrivé ici surtout avec les larmes aux yeux parce que je n’étais pas là, quand ma mère m’a quitté.

En 2011, quand on m’a arrêté, elle a fui aussi. Elle était en exil, au Ghana. Au bout de quelques années, quand elle a su que sa fin était proche, elle est rentrée en Côte d’Ivoire. Quelques années après son arrivée, en Côte d’Ivoire, elle est décédée. Je n’ai pas été là pour l’honorer une dernière fois, alors que c’est elle qui m’a fait. Sans elle, je ne serais pas aujourd’hui docteur en histoire. Je ne serais pas Président de la République. Je n’ai pas pu l’honorer. J’ai demandé à un ami, un frère, Sangaré Aboudrahamane, à mon absence, d’organiser les obsèques de ma mère.

Il a organisé les obsèques de ma mère. Il s’est déplacé au pays Bété, à Blouzon où elle a été enterrée. Mon ami Sangaré n’a même pas attendu que je vienne lui dire merci. Avant mon acquittement, Sangaré est décédé. Donc, lui aussi m’a causé beaucoup de peine. Je suis venu, je demanderai au Secrétaire Général de me donner quelques jours pour pleurer mes morts. Je suis très heureux d’être avec vous.

Je félicite les députés que je vois ici. Nous avons un Groupe parlementaire.

Vous savez, j’étais là-bas et il y a des gens qui disaient que le Fpi n’a pas eu beaucoup de députés. Il faut faire des comparaisons. Depuis que nous allons aux élections, sans être au pouvoir, c’est le plus grand nombre de députés que nous avons aujourd’hui. Messieurs les députés, chers camarades, je vous félicite, je vous remercie. Nous avons eu 100 députés, en 2000, mais j’étais président de la République. Ici, le peuple, pour les législatives, est légitimiste. Il vote pour le président de la République. Il élit les députés pour le président de la République. Le peuple est légitimiste en Côte d’Ivoire. Je vous remercie.

Vous avez mené une bonne bataille. Soyez-en remerciés.

Monsieur le Secrétaire Général, voilà ce que je voulais dire pour aujourd’hui.

A la prochaine fois, nous allons travailler. Vous allez me dire quand…

Je suis votre soldat, je suis mobilisé. Merci.

Retranscrit par Elvire Ahonon

Source : CONSORTIUM_CSA

AKONDA NEWS

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