CÔTE D’IVOIRE : Reprise du dialogue politique entre le gouvernement de Patrick Achi et les partis politiques

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Après plusieurs mois d’interruption, le dialogue politique ivoirien entre les acteurs du marigot politique du pays, redémarre ce jeudi 16 décembre à la Primature sous la houlette du Premier ministre Patrick Achi, successeur des défunts premiers ministres Amadou Gon Coulibaly et Hamed Bakayoko.

Officiellement annoncé par le porte parole du Gouvernement à la sortie du conseil des ministres du mercredi 15 décembre 2021, le dialogue politique ivoirien, se tiendra à la Primature et réunira l’ensemble de la classe politique ivoirienne avec le retour des partisans de Laurent Gbagbo à la table des discussions.

Initié début d’année 2019, par l’ex Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, le dialogue politique entre les acteurs politiques ivoirien s’était tenu dans un contexte tendu à la veille des élections présidentielles de 2020 et a duré 6 mois, avant que feu Hamed Bakayoko en 2020, à la mort de son prédécesseur ne prenne la relève pour tenter d’apaiser la tension politique liées aux conditions idoines et démocratiques de la tenue des élections présidentielles de 2020, qui ont fait plusieurs morts, de nombreux blessés et des dégâts matériels importants, suite au mot d’ordre de  désobéissance civile lancé par l’opposition.

Le troisième dialogue politique sous l’ère de Patrick Achi, à la veille des élections locales prévues en 2023, tentera de créer à coup sûr les conditions inclusives et démocratiques à la tenu des prochaines élections locales en passant en revu les questions liées à la recomposition de la CEI, le découpage électoral, l’audit du listing électoral et la libération des prisonniers politiques et militaires.

Pour le PDCI-RDA , par la voix de son  coordonnateur général du Comité politique du PDCI-RDA Remi Allah-kouadio, dans sa communication au Sommet pour la Démocratie initié par le Président des Etats-Unis, Joe Biden,  l’occasion de la reprise du dialogue politique en Côte d’Ivoire, sera propice pour adresser les questions qui demeurent au cœur des crises qui freinent la vitalité de la démocratie ivoirienne, notamment , l’audit international de la liste électorale, le Rééquilibrage du découpage électoral, la mise en place d’une commission électorale indépendante conformément aux arrêts de la Cour Africaine des droits de l’homme et des peuples, le Retour en Côte d’Ivoire de tous les exilés ivoiriens pour raison politique, le Réaménagement du Conseil Constitutionnel actuel qui a démontré son inféodation au parti au pouvoir.

Restant collé à l’actualité du pays et justifiant l’impérieuse nécessité de la reprise du dialogue politique entre acteurs politiques ivoiriens, Remi Allah-Kouadio a insisté en indiquant que « C’est le lieu de rappeler, à cet égard, la résolution HR 1150 du 24 septembre 2020 de la Chambre des Représentants des Etats-Unis d’Amérique, qui appelait urgemment le Gouvernement de Côte d’Ivoire, les dirigeants de l’opposition et tous les citoyens à respecter les principes démocratiques, à s’abstenir de toute violence et à organiser des élections libres, équitables, transparentes et pacifiques en Octobre 2020. Malheureusement, force est de constater, qu’en dépit de cette résolution, la dernière élection présidentielle d’octobre 2020 en Côte d’Ivoire, n’a été ni libre, ni juste, ni transparente, ni inclusive, ni fiable, donc, au total, pas du tout démocratique, et ce, en raison de la volonté du Président sortant de briguer un troisième mandat illégal, en violation de la constitution ivoirienne qui consacre la limitation du mandat présidentiel à deux mandats. »

Le troisième round du dialogue politique ivoirien, devant aboutir à des conclusions fécondes pour la démocratie ivoirienne mais surtout pour la réconciliation nationale, reste très attendu, surtout qu’avec l’entente cordiale de façade observée entre Alassane Ouattara et son principal adversaire Laurent Gbagbo le 27 juillet 2021 au palais présidentiel et la volonté du Chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara de maintenir en prison les militaires arrêtés aux lendemains de la crise postélectorale de 2010.

Doit-on croire à un dialogue inclusif et fécond pour le triomphe de la démocratie, pour des élections sans violences et pour une marche vers la réconciliation nationale ?

Adingra Ossei

Akondanews.net        

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