Côte d’Ivoire – Mali/ Le ‘’Gouvernement parallèle’’ d’opposants maliens à partir d’Abidjan qui jette de l’huile sur le feu

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Abidjan le 01-03-2022.Le mardi 22 février dernier, dans la commune du Plateau, un groupe de 8 mouvements d’opposition malienne réunis au sein d’une coalition dénommée Mouvement Faso Dambe (MFD, qui signifie en langue Bambara « l’honneur de la patrie », annonçait son projet d’un « gouvernement de transition » parallèle à la junte militaire dirigée par le Lieutenant-colonel Assimi Goïta. Au nez et à la barbe du gouvernement de Côte d’Ivoire. « Nous allons former à partir du 27 février à minuit un gouvernement civil de transition qui va conduire le pays vers des élections générales dans un délai de six mois ». Déclarait le nommé Ainea Ibrahim Camara, président de cette coalition par ailleurs, président du Mouvement républicain du Mali, lors d’une conférence de presse à Abidjan-Plateau.

Général Diomandé Vagonde ministre ivoirien de la Sécurité intérieure

Le vendredi 25 février, ce même groupe d’opposants maliens récidivait, cette fois-ci dans la commune de Cocody-Angré 7e Tranche., au cours d’une conférence de presse. « Aujourd’hui, notre pays est tombé dans les travers. Nous avons fait tout ce que nous pouvons pour accompagner les autorités de transition dirigés par le colonel Assimi Goïta », soutenait le conférencier Ainea Ibrahim Camara d’un air très sûr de lui. Affirmant vouloir « renouer les relations cordiales » que le Mali a toujours eu avec ses voisins de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et avec tous les partenaires. Cet individu s’est même permis d’appeler à des rassemblements « dans toutes les grandes villes du pays », le 27 février prochain, « la majorité des Maliens n’est pas d’accord avec la junte », ajoutait-il péremptoire. Des déclarations qui ont scandalisé la classe politique ivoirienne, notamment au sein de l’opposition. « Le mardi 23 février 2022, à Abidjan, j’ai entendu Monsieur Ainea Ibrahim Camara, président du Mouvement Républicain du Mali, qui, au cours d’une conférence de presse, a annoncé la formation d’un gouvernement civil de transition le 27 février 2022. Qu’est-ce à dire ? La Côte d’Ivoire serait-elle en passe de devenir une base arrière pour une partie de l’opposition malienne ? Mesure-t-on les conséquences qui pourraient en découler ? Le constat est clair, la situation sociopolitique que vit le Mali nous interpelle, individuellement et collectivement, en tant que voisins de ce pays frère et en tant qu’Africains. Cette situation a des implications multiples, tant au plan sécuritaire, économique que social. » A vivement dénoncé l’opposante Simone Ehivet l’ex-première dame de Côte d’Ivoire, Samedi 26 février 2022 au cours d’une cérémonie du Mouvement des générations capables (MGC) qu’elle dirige. Il n’en a pas fallu plus pour voir réagir le gouvernement ivoirien. « Dans une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, le nommé Ainea Ibrahim Camara annonce la mise en place d’un gouvernement de transition depuis la Côte d’Ivoire et s’autoproclame président du Mali dès le dimanche 27 février 2022. Le Gouvernement ivoirien, respectueux de la souveraineté des Etats, ne saurait tolérer la déstabilisation d’un pays frère à partir de son territoire, ce qui du reste est contraire à la tradition d’entente cordiale et de fraternité entre la Côte d’Ivoire et ses voisins. Le Gouvernement condamne ces agissements qui sont contraires aux principes démocratiques d’accession au pouvoir d’Etat et réaffirme son soutien aux efforts en cours par la CEDEAO pour une sortie de crise au Mali. La Côte d’Ivoire se réserve le droit de prendre des mesures à l’encontre de toute personne dont les agissements mettraient à mal ses relations avec des pays tiers. » A déclaré le gouvernement ivoirien par le truchement du Général Diomandé Vagondo, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité. Dans un communiqué rendu public le lundi 28 février 2022. Soit une semaine précédant les faits incriminés.
Peut-être du côté du gouvernement malien, voulait-on attendre la réaction des autorités ivoiriennes avant de se prononcer ? Eux dont le territoire a servi de propagande à ces opposants maliens et que les détracteurs de la Côte d’Ivoire ont vite fait d’assimiler à « une base arrière pour déstabiliser le Mali». En tout cas, au mali, pays pour lequel ce groupe d’opposants dit avoir installé « un gouvernement de transition civile », les réactions ne se sont pas attendre. « Au regard de la gravité de ces faits, susceptibles de recevoir plusieurs qualifications pénales, conformément à la moi, je vous demande de prendre toutes les dispositions nécessaires pour l’ouverture immédiate d’une enquête par le parquet compétent. Aussi, vous est-il demandé de veiller personnellement à la bonne conduite des investigations et de me tenir régulièrement informé de toute évolution de cette enquête ». A instruit le ministre malien de la Justice et des droits de l’homme, Grade des sceaux, Mamoudou Kassogué dans une correspondance adressée au procureur général près la cour d’appel de Bamako, le lundi 28 février 2022. Le gouvernement n’at-il pas tort d’avoir mis une semaine avant de réagir aux propos déstabilisateurs de ce groupe d’opposants maliens. Les supputations vont bon train et alimentent déjà les relations déjà tendues entre les dirigeants de Côte d’Ivoire et la junte militaire au pouvoir au Mali.

Denzel Bereby

Akondanews.net

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