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Face aux difficultés structurelles qui fragilisent le transport routier en Côte d’Ivoire, la Maison des Transporteurs (MTCI), conduite par son président Soumahoro Mamadou, a lancé ce samedi 29 novembre 2025 à Abobo un appel pressant au gouvernement afin d’engager des réformes urgentes pour sauver le secteur.
Devant les professionnels réunis, le président de la MTCI a dressé un tableau préoccupant du milieu. Il a notamment dénoncé l’inaccessibilité croissante au renouvellement du parc automobile, appelant à un assouplissement des conditions actuelles. Il propose que la limite d’âge des véhicules passe de 5 à 15 ans et souhaite la mise en place de mécanismes de financement adaptés.
« Pour un financement de 100 millions, on demande une garantie de 100 millions. Ce n’est pas facile », a-t-il regretté, plaidant pour un fonds de garantie solide et un atelier national dédié à la question.
La multiplication des barrages routiers a également été pointée du doigt, le président de la MTCI estimant qu’ils « nuisent à la fluidité du transport » et facilitent des pratiques de racket. Il appelle l’État à réduire ces points de contrôle pour “soulager un secteur déjà en détresse”.
Autre préoccupation majeure : la situation sociale des conducteurs. « Beaucoup ont roulé 20 ou 30 ans et se retrouvent sans retraite », a-t-il déploré, préconisant une immatriculation obligatoire à la CNPS pour mettre fin à cette précarité.
Sur le dossier sensible de la Mutuelle des Taxis Compteurs d’Abidjan (MATCA), Soumahoro Mamadou a adopté un ton ferme. Il exige que la structure soit restituée aux transporteurs et réclame la clarification des irrégularités financières. « S’il doit y avoir un administrateur provisoire, ce n’est pas à la MATCA, mais à la Direction Nationale des Assurances », a-t-il martelé, dénonçant les manquements de cette administration.
Par ailleurs, il a rappelé l’appui financier déjà consenti par les autorités. « Le Président Ouattara avait mobilisé 100 milliards pour les transporteurs, une première en Afrique », a-t-il indiqué, tout en soulignant que les résultats attendus n’ont pas été atteints. D’où son appel au renforcement du Fonds de Développement du Transport Routier (FDTR/F2R).
Pour finir, Soumahoro Mamadou a insisté sur la nécessité d’une intervention rapide de l’État. « Nous sommes les enfants de ce pays, mais nous faisons face à de réelles difficultés », a-t-il déclaré. La MTCI espère désormais des décisions fortes pour remettre le transport routier ivoirien sur les rails.
Serge Kpan, Correspondant à Abidjan
Akondanews.net