CÔTE D’IVOIRE : Laurent Gbagbo dans le panafricanisme avec le PPA-CI

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Débuté le 16 octobre dernier, le congrès constitutif du nouveau instrument de lutte de Laurent Gbagbo, baptisé le Parti des Peuples Africains Côte d’Ivoire (PPA-CI) a connu son apothéose le dimanche 17 octobre en présence de plus de 90 000 militants, sympathisants et congressistes qui ont fait le déplacement et qui ont pris plaisir à communier avec Laurent Gbagbo l’ex prisonnier de la Haye devenu, premier président élu du PPA-CI dans la nuit du samedi 16 au dimanche 17 octobre au Sofitel hôtel ivoire.

C’est par un discours fortement attendu de Laurent Gbagbo que le congrès constitutif du PPA-CI a pris fin le dimanche 17 octobre, après la restitution des travaux en commission qui ont jeté les bases organisationnelles et fonctionnelles du nouveau parti et de l’élection de Laurent Gbagbo comme premier président du PPA-CI.

Le président du PPA-CI dont le discours était très attendu par les nombreux congressistes et invités, a une fois de plus inviter le gouvernement ivoirien à favoriser le retour de tous les exilés ivoiriens et à libérer tous les prisonniers civils et militaires encore en détention dans les prisons du pays.

« Il est temps d’ouvrir les vannes pourque tous les enfants de la côte d’ivoire, en dehors du pays, puissent revenir sans rien craindre de l’Etat. C’est un aspect de notre combat immédiat et nous allons continuer de le mener (…) Je le redemande, il faut que nos compatriotes, qu’ils soient civils ou militaires, reviennent nous retrouver dehors. Ce n’est même pas un combat, c’est une logique.» dixit Laurent Gbagbo au cours de son intervention à la clôture du congrès constitutif du PPA-CI, tenu du 16 au 17 octobre 2021.

Par ailleurs, demeurant dans une posture de lutte pour la construction du panafricanisme dans un esprit d’unité comme l’a souhaité Kwame N’kruma à travers son œuvre « L’Afrique doit s’unir », Laurent Gbagbo invite les pays africains à sortir des micro-Etats et de s’inspirer de l’histoire des Etats Unis d’Amérique pour des pays africains plus solidaires et puissants.

Pour Laurent Gbagbo, « aujourd’hui, il y’a l’Afrique et l’Amérique Latine qui sont encore fragmentées. C’est pourquoi, il faut que les Etats africains s’unissent, c’est pourquoi le PPA-CI fasse appel aux autres partis progressistes pour que nous nous unissions. Il faut que nous soyons le ferment de la lutte. » Avant de laisser entendre à ses amis et camarades de lutte qu’ils reprendront ensemble le chemin de la lutte.

La tribune du congrès constitutif a été l’occasion pour Laurent Gbagbo d’informer tous ceux qui exigent sa retraite politique au regard de son âge (ndlr 76 ans) qu’il fera la politique jusqu’à sa mort mais se retirera de la direction de son parti de façon progressive.

« La structure du parti que je vous ai proposé, c’est une structure pour préparer mon retrait, c’est une structure pour que je puisse m’en aller tranquillement dans mon village sans regrets (…) Comment partir demain et ne pas causer des dommages à notre instrument de combat ? Parce qu’il faille que nous ayons toujours notre instrument de combat. Mais comment ne pas le perdre ? Parce qu’il nous faut toujours un instrument de combat ? (…) Chers camarades, amis, mon ambition aujourd’hui est de partir. Pas de partir, pour vous abandonner. Moi je serai toujours un militant de base. Moi je n’ai plus besoin de faire des démonstrations » a déclaré Laurent Gbagbo au pupitre du congrès constitutif du PPA-CI.

Toutefois, la question de sa participation aux prochaines échéances électorales dans son pays reste sans réponse même si Laurent Gbagbo continue de récuser sa condamnation à vingt ans de prison pour « braquage » de la Bceao.

Il faut rappeler que, le PPA-CI épouse le socialisme-démocratique comme idéologie et, est né par la volonté de l’ex président ivoirien Laurent Gbagbo d’abandonner son ancien instrument de lutte qu’est le FPI aux mains de son ancien premier ministre Pascal Affi N’guessan suite à la profonde crise en interne qui a déstructuré le parti par la radicalisation des différentes tendances. Mais notamment, en raison de la nécessité de construire un parti porté davantage sur le panafricanisme et ouvert aux peuples en lutte pour l’émancipation véritable du continent africain.

La naissance du PPA-CI a certes drainé des milliers de partisans acquis à la cause de Laurent Gbagbo, mais le panafricanisme clamé par le président du PPA-CI pourra t-il se réaliser dans une Afrique où la soumission de certains chefs d’Etats reste encore entière à la puissance occidentale?

Adingra OSSEI

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