Côte d’Ivoire: la Ligue des droits des femmes se saisit du dossier de l’affaire du ministre accusé de viol

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Une affaire qui fait grand bruit en Côte d’Ivoire. Celle du ministre de la Réconciliation et de Cohésion nationale, Konan Kouadio Bertin dit KKB, accusé de viol par une artiste chanteuse camerounaise, Sophie Dencia, installée en Côte d’Ivoire. Au terme d’une plainte déposée par cette dernière devant la Chambre correctionnelle du Tribunal de première instance d’Abidjan.

Au cours d’un point presse animé le samedi 2 octobre 2021, à Cocody à Abidjan, la Ligue des droits des femmes est montée au créneau. Elle a appelé à l’établissement d’une enquête impartiale et au suivi de la procédure judiciaire dans l’affaire visant le ministre de la Réconciliation nationale. «La Ligue ivoirienne des droits des femmes s’inquiète notamment du désistement de l’avocat de la partie civile, quelques jours après l’ouverture de l’enquête judiciaire », a déclaré Meganne Boho, présidente de la Ligue.

Non sans déplorer le fait que la plaignante et la Ligue ivoirienne des droits des femmes ne soient pas en mesure de payer la somme de 1 million 500 000 francs CFA de frais d’honoraires, demandée par le cabinet d’avocat.  D’où l’appel à l’aide lancé par la Ligue. « Nous lançons un appel aux bonnes volontés, aux professionnels du droit. Dans la plupart des cas, les honoraires d’un avocat ne sont pas à la portée de tous. Et accompagner une survivante de viol, avec cette somme, ce n’est pas possible, parce qu’on n’a pas ces fonds-là dans la caisse. Et comme je l’ai dit, nous sommes une association de bénévoles, donc c’est un peu compliqué pour nous, de pouvoir prendre en charge ce cas-là », a-t-elle expliqué. Avant d’appeler au respect de la procédure et dénoncer la confiscation des passeports de la plaignante et de son conjoint, par les gendarmes. «Nous pensons que c’est vraiment un préjudice qui leur est infligé, parce qu’on ne peut pas admettre que dans un État de droit, sans raison apparente, on puisse priver des ressortissants de leur carte ou de leur titre d’identité.»

Tout comme l’organisation a affirmé  qu’à aucun moment, une compensation financière n’a été demandée par la victime présumée.

En réaction, lors d’une conférence de presse à Abidjan, le 31 octobre 2021, le ministre Kouadio Konan Bertin a lui aussi déposé plainte pour diffamation et a affirmé n’avoir rien à se reprocher dans cette affaire.

Pour rappel, après plusieurs jours de rumeurs sur les réseaux sociaux, une source proche du  ministère de la Justice a indiqué, le mercredi 29 septembre 2021, qu’une plainte avait été déposée à la gendarmerie contre Kouadio Konan Bertin, à l’initiative de la chanteuse camerounaise.

Dans un audio diffusé sur internet, il y a quelques jours, une femme présentée comme étant la plaignante a affirmé que le ministre l’aurait violée dans la ville de Divo, où il l’aurait emmenée de force le 21 avril 2021.

Cyrille Agoua

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