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C’est un véritable séisme qui secoue la sphère politico-économique ivoirienne. Le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan a annoncé, ce mardi 24 février 2026, l’ouverture d’une information judiciaire visant Nina Keïta, directrice générale adjointe de la GESTOCI. Des soupçons de liens avec le réseau de l’américain Jeffrey Epstein sont au cœur de cette procédure sans précédent.


L’onde de choc de l’affaire Epstein atteint désormais les rives de la lagune Ébrié. Dans un communiqué officiel au ton d’une rare solennité, le ministère public ivoirien a confirmé s’être saisi du dossier suite à la déclassification de documents par le Département de la Justice des États-Unis. Au centre de l’attention : Madame Nina Keïta, épouse Kamara, figure connue de la haute société ivoirienne.
Des accusations d’une extrême gravité
Le parquet évoque une « proximité présumée » entre la citoyenne ivoirienne et le milliardaire américain Jeffrey Epstein, condamné pour crimes sexuels avant son suicide en 2019. Selon les premiers éléments de l’enquête, il est reproché à Nina Keïta d’avoir non seulement entretenu des relations avec le mis en cause, mais surtout de lui avoir présenté des personnalités influentes de Côte d’Ivoire ainsi que des jeunes filles, dont certaines pourraient être mineures.
La liste des qualifications pénales envisagées par la justice ivoirienne donne la mesure de l’enjeu :
Atteintes sexuelles et viol sur mineur ;
Proxénétisme aggravé ;
Traite des personnes et association de malfaiteurs ;
Blanchiment de capitaux.
Une audition prévue début mars
La justice ivoirienne ne semble pas vouloir perdre de temps. L’information judiciaire a été confiée à un juge d’instruction du Tribunal pour Enfants d’Abidjan, une juridiction spécialisée dans la protection des mineurs. Nina Keïta est officiellement convoquée pour une audition les 2 et 3 mars prochain.
Si le procureur a tenu à rappeler le principe de la présomption d’innocence, il a également été très clair : en cas d’indices graves et concordants, un « mandat de dépôt » pourrait être délivré, conduisant à l’incarcération immédiate de la mise en cause au Pôle pénitentiaire d’Abidjan (PPA).
Une coopération internationale envisagée
Cette affaire, par nature transnationale, pourrait rapidement dépasser les frontières de la Côte d’Ivoire. Le communiqué souligne que les autorités judiciaires ivoiriennes se réservent le droit de collaborer avec les juridictions américaines et françaises pour faire toute la lumière sur ce réseau.
« Tous les citoyens sont égaux devant la loi, sans distinction de rang, de fonction ou de notoriété », martèle le parquet, dans ce qui semble être un message envoyé à l’opinion publique pour garantir l’impartialité de l’enquête. À Abidjan, l’affaire est déjà sur toutes les lèvres, tant les ramifications potentielles au sein de l’élite locale suscitent de nombreuses interrogations.
Abossia de Ferké
Akondanews.net