CÔTE D’IVOIRE : LA COUR D’ASSISES D’ABIDJAN CONDAMNE AMADE OUEREMI A LA PERPETUITE

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Sans surprise, la justice ivoirienne a suivi le réquisitoire du procureur général et a condamné à la perpétuité Amadé Ouérémi pour ses assassinats massifs perpétrés en 2011 à Duékoué-carrefour contre le peuple wê.  

En fin d’après midi de ce mercredi 15 avril annonçant la 8ème journée du procès d’Amadé Ouérémi devant la cour d’assises d’Abidjan, le verdict de la justice ivoirienne est tombé avec beaucoup de regrets du côté de la défense qui n’a pu interroger les supposés supérieurs hiérarchiques d’Amadé Ouérémi nommément cités par ce dernier aux fins de justifier en partie l’innocence de leur client et de bénéficier d’un allègement  de  sa peine en présentant des circonstances atténuantes .

En dépit des éléments matériels et d’une plaidoirie à décharges présentés par la défense d’Amadé Ouérémi, la cour épousant donc l’esprit du procureur général Ernest Kouassi qui requérait le mercredi dernier la condamnation à vie contre Amadé Ouérémi a condamné à la perpétuité l’ex chef milicien du mont Peko avec une amende de 1milliards 500 millions de francs CFA  

Fortement implanté dans la forêt du mont Peko où il régnait en « Seigneur de guerre », Amadé Ouérémi du haut de ses 57 ans a été capturé en 2013 par un commando composé de 200 militaires avant de croupir en prison durant 8 ans dans l’attente de son procès qui s’est finalement ouvert le 24 mars dernier.

En réalité, ce sont 24 chefs d’accusation dont : assassinats massifs, viols, traitements inhumains et dégradants qui sont portés contre l’ex réparateur de vélo et féticheur devenu milicien pour le compte des forces rebelles fidèles au président Alassane OUATTARA qui avaient conquis l’ouest de la Côte d’Ivoire en 2011 au cours de la crise armé postélectorale d’octobre 2010.

Amadé Ouérémi est condamné à vie pour avoir activement participé avec sa troupe à la mort de 817 personnes les 28 et 29 mars 2011 dans la ville de Duékoué-carrefour.

Méconnu de la population les 34 victimes directes et/ ou indirectes venues témoigner au cours du procès l’ont formellement reconnu et identifié comme le chef du théâtre des opérations présent à la tête de sa milice qui a en une seule journée endeuillé plusieurs familles wê au raison de leur appartenance politique au parti politique (Front Populaire Ivoirien)  de Laurent GBAGBO.

Choquée et dénonçant  le verdict rendu par la Cour d’assises l’avocate d’Amadé Ouérémi regrette ‘’des zones d’ombres’’ survenues au cours du procès, Me Roseline Aka Séripka affirme que son client « est resté constant, il n’a pas nié les massacres, il était sous le commandement des chefs de la rébellion pro-Ouattara qui avaient conquis l’Ouest » avant d’ajouter « Un spectacle désolant au tribunal qui veut faire porter le chapeau à un seul homme » propos donnant plus de force à celui qu’elle tenait déjà au cours de la 7ème journée du procès le 14 avril dernier « Il y’a bel et bien eu génocide à Duékoué, une seule personne ne peut commettre un génocide ».

La justice ivoirienne, bien qu’ayant condamné Amadé Ouérémi, considéré comme le principal auteur du génocide perpétré à Duékoué laisse encore des questions essentielles sans réponses à la manifestation de la vérité. A savoir : Qui a fourni la logistique militaire à Amadé Ouérémi qui n’était qu’un simple réparateur de bicyclettes et par moment féticheur à Duékoué ?, pourquoi les commandants de la rébellion nommément cités n’ont-ils pas publiquement comparu ?, où sont les hommes d’Amadé Ouérémi estimé à 100 personnes par le procureur général ?, la justice ivoirienne ouvrira t-elle une information judiciaire et un procès contre le commandement de la rébellion qui était basé à  l’Ouest au moment des faits?, le dossier est il définitivement clos ?

Raoul SEKONGO

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