Côte d’Ivoire : Konaté Navigué recadre Blé Goudé et relance le débat sur les Accords de Ouagadougou

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Par la rédaction — AkondaNews.net

La prise de parole de Konaté Navigué, ancien cadre influent du FPI et membre de l’équipe ayant rédigé l’Accord Politique de Ouagadougou (APO), a créé un vif intérêt dans l’opinion. En répondant à Charles Blé Goudé, il remet au centre du débat public des questions essentielles sur la mise en œuvre de l’accord, le rôle des Forces Nouvelles et les responsabilités du pouvoir d’alors.

Le rappel historique : un code de bonne conduite oublié

Navigué souligne que l’APO comportait un code de bonne conduite demandant à chaque partie d’éviter les attaques verbales.
Des figures du camp présidentiel — Blé Goudé, Désiré Tagro, Pascal Affi N’Guessan ou encore Mamadou Koulibaly — ont ainsi été invitées par Laurent Gbagbo à présenter des excuses publiques à Guillaume Soro afin de préserver la dynamique du processus.

Cette précision, rarement évoquée, éclaire l’ambiance diplomatique fragile de l’époque.

Le désarmement, l’éternel point aveugle

Au cœur de cette mise au point se trouve la question cruciale :
les rebelles des Forces Nouvelles ont-ils respecté les Accords de Ouagadougou ?

Les faits montrent que :

  • aucun désarmement complet n’a été réalisé ;
  • les zones CNO sont restées sous contrôle militaire ;
  • l’administration n’y a jamais été entièrement rétablie ;
  • la réunification des forces armées est restée théorique.

Un constat qui conduit à une interrogation directe :
peut-on considérer que les engagements des Forces Nouvelles ont été tenus ?

Un accord clé, mais une paix inachevée

Officiellement, l’APO devait sceller la réunification, le désarmement et l’organisation d’élections apaisées.
En pratique :

  • les tensions ont persisté,
  • les forces rebelles ont conservé un avantage stratégique,
  • et la crise postélectorale de 2010-2011 a révélé les fragilités du processus.

Quand la gouvernance interne interroge

Konaté Navigué évoque également un aspect rarement abordé : selon Sidiki Konaté, certaines réunions sensibles auraient eu lieu au domicile de Mme Nady Bamba, ce qui soulève des questions sur la gestion institutionnelle de la crise.

Cette information, si elle est avérée, interroge la rigueur protocolaire du pouvoir d’alors.

CPI : vérité, mémoire et retenue

Navigué exhorte Blé Goudé à ne pas transformer les révélations de la CPI en spectacle public.
Pour lui, certaines vérités doivent rester dans le cadre judiciaire pour préserver la dignité des acteurs et la cohésion du camp.

Un débat relancé

La sortie de Konaté Navigué amène à reposer plusieurs questions clés :

  • Pourquoi le désarmement n’a-t-il jamais été appliqué ?
  • Les Forces Nouvelles ont-elles instrumentalisé l’accord pour préparer la prise de pouvoir de 2011 ?
  • Le pouvoir Gbagbo a-t-il accordé trop de concessions ?
  • Les Accords de Ouaga ont-ils vraiment servi la paix ou ont-ils créé une paix de façade ?

Autant de questions encore ouvertes qui continuent de façonner la mémoire politique ivoirienne.

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