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Lubero, le 15 décembre 2024
L’inefficacité des forces armées de la République démocratique du Congo (RDC) continue de se remarquer sur différents fronts. Après 15 jours de combats dans le sud de Lubero, deux nouvelles localités, Mathembe et Alimbongo, sont passées sous le contrôle du M23, un groupe qualifié de terroriste par le gouvernement congolais. Avec l’appui de l’armée rwandaise, ces avancées ouvrent la voie vers le chef-lieu du territoire de Lubero et menacent la capitale commerciale de la province du Nord-Kivu, Butembo.
Une situation préoccupante et des interrogations croissantes
La prise de ces localités suscite de nombreuses interrogations. Benjamin Babunga, analyste local, pose une question récurrente :
« Comment est-il possible qu’un groupe de jeunes gens, souvent moins équipés et moins nombreux, parvienne à faire fléchir une armée nationale supposée structurée et mieux configurée ? Comment réussissent-ils tout le temps à pousser cette dernière au ‘repli stratégique’, un terme régulièrement employé pour masquer des défaites sur le terrain ? »
Des dépenses militaires sans résultats concrets
Entre 2022 et 2024, les dépenses militaires de la RDC ont quadruplé, mais ces investissements massifs n’ont pas amélioré la situation sur le terrain. Les troupes congolaises, malgré un budget croissant, souffrent encore :
• d’un équipement médiocre,
• d’une logistique insuffisante,
• d’une stratégie militaire défaillante.
La population et les observateurs s’interrogent : manque de leadership, mauvaise gestion des ressources, infiltrations ennemies ou défaillances systémiques des FARDC ? Tant d’hypothèses, mais aucune réponse définitive.
Un conflit aggravé par l’échec des processus de paix
L’échec du processus de Luanda et la mise en veilleuse du processus de Nairobi ont exacerbé le conflit. Le M23, autrefois partie prenante de ces discussions, poursuit ses offensives, tandis que les populations civiles de l’Est continuent de payer le prix fort. Des milliers d’habitants sont contraints de fuir, plongeant dans une précarité extrême.
Un appel à des actions concrètes
Face à l’ampleur de cette crise sécuritaire, il est urgent que le gouvernement congolais prenne des mesures décisives pour résoudre ce conflit. L’inefficacité persistante des forces armées expose les populations à des violences répétées, accentuant le désespoir des habitants de cette région.
Raphaël Lumoo, correspondant à Kinshasa
Akondanews.net