Conflit foncier entre SNEDAI d’Adama Bictogo et Martine Coffi-Studer : La justice tranche en faveur de la propriétaire

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Un conflit foncier opposant SNEDAI, l’entreprise dirigée par Adama Bictogo, président de l’Assemblée nationale, à Martine Coffi-Studer, présidente d’Africa Global Logistics, anciennement Bolloré Africa Logistics, a pris une tournure décisive avec une décision du Tribunal du Commerce. Selon « Africa Intelligence », SNEDAI a été condamné à verser 6 milliards de FCFA à Martine Coffi-Studer après plusieurs années de bras de fer judiciaire.

Cette décision concerne un terrain situé dans le quartier de Treichville, qui appartient à Martine Coffi-Studer et qui avait été exproprié pour être utilisé comme gare de transport lagunaire par SNEDAI. Le tribunal a jugé que le décret présidentiel sur lequel se basait SNEDAI pour occuper les 5000 m² de terrain était invalide. Les juges ont en effet estimé que ce décret avait été influencé par un arrêté ministériel basé sur un relevé topographique erroné, ce qui a induit en erreur le Président Alassane Ouattara.

Le conflit a pris de l’ampleur en 2016, lorsque Bictogo, à travers son entreprise, a demandé le déclassement du terrain en présentant des relevés topographiques aux autorités du ministère des Transports, alors dirigé par Gaoussou Touré. Cependant, il a été révélé que la signature apposée sur ces documents provenait d’un fonctionnaire décédé depuis plusieurs années, ce qui a entaché la validité de la démarche.

Cette décision, rendue à l’unanimité par les douze juges du tribunal, met fin à un long contentieux et marque une victoire pour Martine Coffi-Studer. Cette affaire, qui a pris des proportions importantes, met en lumière les enjeux liés à la gestion foncière et aux conflits de pouvoir entre acteurs économiques et politiques en Côte d’Ivoire.

Le jugement intervient dans un contexte où les autorités judiciaires et politiques sont scrutées sur la gestion des ressources et des biens publics. Cette décision pourrait avoir des répercussions sur la manière dont les contrats fonciers et les concessions publiques sont désormais traités dans le pays.

Pour Martine Coffi-Studer, cette victoire judiciaire est un soulagement, tandis que pour SNEDAI et Adama Bictogo, elle vient perturber les projets immobiliers et les ambitions commerciales associés à ce terrain. La question demeure : comment les parties concernées vont-elles gérer l’avenir de ce terrain après cette condamnation ?

Serge Kpan (Correspondant Abidjan)

Akondanews.net

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