Comprendre les migrations : Triste sort !

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Celles et ceux qui se lancent sur les chemins incertains de l’exil le font d’abord par désespoir, poussés par les guerres, les persécutions, les disettes, la lisère. Avec à l’arrivée, l’irruption d’une autre forme de détresse.

A l’échelle de la planète, la plupart des migrants quitte un pays du sud et se déplace vers un autre pays du sud. Prenons le cas de l’Afrique, « ceux qui fuient la misère ou la guerre, ne convergent pas tous vers l’Europe. Loin de là». Tandis que l’Afrique subsaharienne compte plusieurs millions de migrants internes au continent, les trente pays riches de l’O.C.D.E en accueillent moins de quatre millions. En Afrique de l’Ouest, 7,5 millions de personnes vivent dans un pays différent de celui où elles sont nées, soit dix fois plus que le nombre d’Africains de l’ouest établis en Europe. Plus lourdement qu’aux portes de l’espace Schengen, plus discrètement aussi, les défis de l’immigration se jouent, souvent dans la violence, aux frontières internes de l’Afrique. Ainsi près de 200 millions de personnes n’habitent pas dans leur pays ou région d’origine. Dans leur grande majorité, les migrants sont obligés de fuir à cause de situations de guerre, de persécutions ou de grands aménagements. La pauvreté, la recherche d’un travail ou simplement l’espoir d’une vie meilleure poussent aussi des millions de personnes à s’exiler dans l’espoir de trouver mieux ailleurs. La France, pays d’immigration depuis la seconde moitié du XIXè siècle, s’est ouverte aux travailleurs étrangers et à leurs familles, tant qu’elle a eu besoin d’accroître sa population pour appuyer sa croissance économique. La première législation concernant le droit d’entrée et de séjour des étrangers ne date que de 1945. Alors que la proportion d’immigrés est stable en France depuis 30 ans, les frontières se ferment de plus en plus à une immigration dite « subie » pour ne laisser passer que des migrants « choisis » sur des critères économiques, et, de préférence, avec un bon niveau de formation. Les demandeurs d’asiles sont considérés avec méfiance et doivent franchir une succession d’obstacles pour espérer faire reconnaître leur droit à être protégés. Les rangs des « étrangers en situation irrégulière » ou « sans papiers » grossissent. Ce sont de proies faciles pour les réseaux mafieux, la prostitution et le travail clandestin. Le rejet de l’immigré se superpose à un sursaut nationaliste dans l’inconscient collectif. En état de cause, le phénomène de migrants est loin de s’achever eu égard au comportement des uns et des autres. Jusqu’ici, les gouvernements ne mènent pas encore une bonne politique adéquate et efficace, pour enrayer ce mal qui hante le sommeil de nos Etats.

Mapote Gaye

Akondanews.net

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