CHRISTIAN PERRONNE : LA REVANCHE ?

Le professeur Christian Perronne vient de faire un retour surprenant sur le devant de la scène, lui qui était régulièrement qualifié de complotiste depuis sa participation au film Hold-Up de Pierre Barnérias sur la gestion de la crise du Covid-19. Après avoir donné une conférence au Parlement européen à l’occasion de la sortie le 2 novembre de son nouveau livre Les 33 questions auxquelles ILS n’ont toujours pas répondu, l’infectiologue controversé a été blanchi par la Chambre disciplinaire d’Ile de France de l’Ordre des médecins par rapport aux accusations de l’Ordre, estimant qu’il n’avait pas « incité à la haine, ou eu un discours « antivax » ». Il a aussi eu gain de cause contre l’interne Dr Peiffer-Smajda, qui avait porté plainte contre lui pour dénigrement, menant à la suspension du professeur Perronne de ses fonctions par l’AP-HP. Cette revanche de Christian Perronne pourrait cependant s’avérer temporaire, l’Ordre des Médecins ayant fait appel contre la décision de la Chambre disciplinaire. Et il faut aussi souligner que, si pour l’instant on n’a retenu aucune charge contre lui, ce verdict ne porte pas sur le bien-fondé de ses opinions scientifiques souvent très contestées.

Les propos de la Chambre en faveur de la liberté d’expression sont inattendus et frappants. Elle parle de l’obligation qu’a un spécialiste de s’exprimer dans son domaine de compétence sur un sujet d’intérêt général, même en tant que « voix discordante » : « Le Dr Perronne, spécialiste internationalement reconnu […] était le mieux à même de comprendre les enjeux de santé. S’il s’est exprimé dans la presse sur l’action du gouvernement et sur l’industrie pharmaceutique ainsi qu’il était légitime à le faire et en avait même l’obligation dans ce domaine qui relevait de sa compétence, il s’est borné à porter publiquement mais sans invective une voix discordante sur un sujet d’intérêt général. »

Ce retour de Christian Perronne participe d’un remous général, parfois difficile à interpréter, dans l’évaluation rétrospective de la gestion de la pandémie. LSDJ 1719 a déjà évoqué l’ouverture, le 14 octobre, par le parquet européen, d’une enquête sur les contrats signés par l’UE pour les vaccins, ainsi que de l’aveu, par une représentante de Pfizer, que l’efficacité de son vaccin n’avait pas été testée contre la transmission du Covid-19. S’ajoute à tout cela la parution explosive d’extraits des 600 pages du « carnet de bord » d’Agnès Buzyn relatant le début de la pandémie. Mise en examen en 2021 pour « mise en danger de la vie d’autrui » par la Cour de Justice de la République suite à des plaintes (visant aussi Olivier Véran), l’ex-ministre de la Santé est passée à la contre-attaque en fustigeant le manque de réactivité de ses collègues scientifiques dans les premières semaines de 2020. Elle essaie de relativiser la responsabilité d’Emmanuel Macron et Edouard Philippe (lui-même placé en statut de témoin assistédans le cadre de la même enquête), mais son récit de ses relations parfois difficiles avec l’exécutif soulève forcément des questions troublantes concernant l’interaction entre considérations sanitaires et intérêts politiques.

Dans le monde anglo-saxon, il y a également un nombre croissant d’interrogations au sujet de la justesse des mesures appliquées lors de la crise sanitaire. Au niveau scientifique, plusieurs chercheurs internationaux ont par exemple demandé dans un article du British Medical Journal publié le 25 octobre si la Food and Drug Administration américaine avait suffisamment informé le public des risques connus d’effets adverses sérieux des vaccins contre le Covid-19. Au niveau juridique, le juge Ralph Porzio de la Cour Suprême de l’État de New York a jugé le 24 octobre que 16 employés du service d’assainissement de la ville qui avaient perdu leur emploi parce qu’ils n’étaient pas vaccinés devaient être réintégrés. Tous avaient en plus fourni des documents de laboratoire attestant d’une immunité naturelle due à une infection antérieure par le virus Covid-19. Dans sa décision, le juge Porzio a fait valoir que le maire Eric Adams avait agi de manière « arbitraire et capricieuse » en imposant la vaccination au secteur public tout en accordant des exemptions au sein du secteur privé. La Cour a également jugé que le commissaire à la santé David Chokshi avait agi au-delà de son autorité en maintenant l’obligation vaccinale indéfiniment pour certains travailleurs, usurpant des pouvoirs qui appartiennent à la législature.

Le juge Porzio avait déjà critiqué le caractère arbitraire des obligations vaccinales à New York quelques semaines plus tôt lors d’une décision en faveur du pompier Timothy Rivicci, licencié en mars 2022 quand la ville avait refusé de lui accorder une exemption religieuse. Refus intenable pour le juge : « Le fait d’être vacciné n’empêche pas une personne de contracter ou de transmettre le Covid-19… les directives concernant la quarantaine et l’isolement sont les mêmes pour les personnes vaccinées et non vaccinées. »

source:LSDJ

Akondanews.net

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