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par ElloMarie, conscience africaine, analyste politique, conztributeur à Akondanews.net
Alors que de nombreux pays s’appuient sur le suffrage universel pour désigner leurs dirigeants, la Chine suit un modèle politique singulier, souvent mal compris à l’extérieur. Une réalité fondamentale demeure : il n’existe pas d’élection présidentielle au suffrage direct en Chine. Aucun citoyen chinois ne glisse un bulletin dans l’urne pour choisir son président.
Derrière cette particularité se cache un système de gouvernance centralisé, structuré, technocratique — un modèle qui a profondément façonné l’ascension spectaculaire de la Chine au rang de superpuissance économique et géopolitique.
Un président désigné, pas élu
En Chine, le président n’est pas élu par le peuple.
Il est désigné par la Assemblée nationale populaire (ANP), un parlement qui compte près de 3 000 membres, majoritairement issus du Parti communiste chinois (PCC).
Dans les faits, le véritable centre du pouvoir se situe au sein du Parti. La fonction la plus influente est celle de secrétaire général du PCC, poste aujourd’hui occupé par Xi Jinping, qui cumule également les fonctions de président de la République et de chef des armées.
Le Parti communiste chinois : une machine politique sélective et structurée
Le PCC ne ressemble à aucun parti politique occidental.
Avec plus de 100 millions de membres, il constitue l’une des organisations politiques les plus puissantes et les plus structurées du monde.
L’adhésion se fait par étapes :
- candidature,
- parrainage,
- formation idéologique,
- évaluations internes,
- validation finale.
Les candidats sont choisis pour leur discipline, leur parcours, leur rigueur et leur capacité à assumer des responsabilités. Le parti se présente comme un moteur de méritocratie interne, où les cadres progressent en fonction de leurs résultats, de leur loyauté et de leur compétence administrative.
Pourquoi ce modèle ? La logique stratégique chinoise
La Chine s’appuie sur trois piliers fondamentaux :
1. La stabilité politique
Pékin privilégie une gouvernance sans ruptures brutales. Pas d’alternance tous les cinq ans, mais une continuité qui permet de bâtir des politiques sur plusieurs décennies.
2. La planification de long terme
Les grands projets — Nouvelles Routes de la Soie, mégapoles régionales, avancées industrielles et technologiques — sont pensés sur 30, 50 ou 100 ans.
3. Le leadership technocratique
Les dirigeants nationaux sont issus d’un long parcours administratif : gestion de provinces, responsabilités au sein du parti, épreuves de loyauté et de performance.
Les résultats d’un modèle centralisé
En quarante ans, la Chine a connu l’une des transformations socio-économiques les plus rapides de l’histoire :
- 2ᵉ puissance économique mondiale, proche de devenir la 1ʳᵉ
- 800 millions de personnes sorties de la pauvreté
- infrastructures géantes construites en un temps record
- émergence de géants mondiaux : Huawei, Alibaba, Tencent, BYD
- montée en puissance dans la technologie, l’IA, l’espace et la défense
Ce modèle, souvent critiqué pour son manque de pluralisme, est aussi salué pour son efficacité redoutable.
Quatre leçons stratégiques tirées du système chinois
La compétence avant la popularité
En Chine, les dirigeants sont choisis pour leur expérience, leur performance et leur vision — pas pour leurs slogans.
Une élite organisée peut être un moteur
Le PCC repose sur une élite administrative formée, évaluée et encadrée, considérée comme indispensable au développement national.
La stabilité comme pilier de la puissance
La Chine évite les oscillations politiques et mise sur la continuité stratégique.
Une vision collective guidée
La centralisation permet des décisions rapides, la réalisation de projets massifs et une exécution coordonnée.
Conclusion : un modèle à part, aux résultats indéniables
Le système chinois n’est ni une copie des démocraties occidentales, ni une expérience politique improvisée.
Il s’agit d’un modèle pragmatique, structuré, fondé sur la stabilité, la compétence et la planification à long terme — un modèle qui a propulsé la Chine au premier plan de la scène internationale.
Qu’on l’approuve ou qu’on le critique, son efficacité et son impact sur l’ordre mondial sont impossibles à ignorer.