Charles Blé Goudé – Toutes les vérités sur ses rapports avec Gbagbo, l’obtention de son passeport, son retour à Abidjan, son rôle dans la réconciliation…

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Abidjan le 9 juin 2022- « Le président Laurent Gbagbo, m’a pris en amitié. Nous avons vécu des situations très douloureuses, ensemble. Je respecte la douleur que nous avons vécue ensemble. Le canal de communication entre lui et moi n’est pas du tout rompu. Je ne me gênerai pas du tout, pour utiliser le nom du président Laurent Gbagbo, pour que l’estime-là, j’en bénéficie parce que j’y ai droit. Hormis ses enfants biologiques qu’on connaît tous, la personne qui est légitime pour bénéficier du nom de Laurent Gbagbo, c’est moi. Parce qu’il n’y a pas quelqu’un pour être dans la douleur avec Laurent Gbagbo et d’autres pour en bénéficier quand il est libre. Oui, je bénéficierai du nom du président Laurent Gbagbo. Je l’utiliserai quand je veux et comme je veux. Je n’ai pas de brouilles avec le président Laurent Gbagbo. Le président Gbagbo n’a pas décidé de ne pas rentrer avec moi en Côte d’Ivoire ». A déclaré ce mardi 7 juin depuis La Haye (Pays-Bas) Charles Blé Goude.

Le président du Cojep (Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples), a choisi la lucarne à lui offerte par la Nouvelle Chaîne Ivoirienne (NCI) une télévision chryptée basée dans la capitale économique ivoirienne pour asséner ses vérités et recadrer ses détracteurs. « Je bénéficierai du nom du président Laurent Gbagbo ». La phrase continue de faire tilt dans le maelstrom ivoirien où ses adversaires ne l’attendaient pas de si tôt. Pour le moins que l’on puisse dire, l’ancien ministre de la Jeunesse du président Laurent Gbagbo, a abordé tous les sujets politiques, notamment son retour en Côte d’Ivoire et ses relations avec l’ancien chef de l’État ivoirien. Laurent Gbagbo pour qui, il voue un immense respect et une admiration sans pareil.

D’ailleurs, Blé Goudé entend profiter de son aura et du nom de son mentor politique, pour aller à la rencontre des populations ivoiriennes comme avant 2011, pour parler de paix et réconciliation. Au cours de l’interview – comme pour convaincre ses détracteurs – il a crié haut et fort, qu’il n’est dans aucun deal avec le régime Rhdp. « Un enfant, n’a pas le droit de regarder sous les draps de son père. C’est dans cette posture que je suis resté, en ce qui concerne la relation conjugale entre Laurent Gbagbo et Simone », a indiqué la main sur le cœur, le président du Cojep. Abordant la question de ses rapports avec Laurent Gbagbo, il a soutenu qu’ils « sont cordiaux et au beau fixe ». « Nos rapports sont bons. C’est un monsieur que je respecte beaucoup ».

« Le président Gbagbo, je l’ai connu opposant, je l’ai connu au pouvoir et nous avons passé 6 années ensemble derrière les barreaux. Nos rapports sont bons. C’est un monsieur que je respecte beaucoup. Beaucoup d’hommes ne savent pas la nature des rapports que j’ai avec le Président Gbagbo. Même quand nous étions en prison, du cirage de la chaussure jusqu’à l’habillement, je l’ai fait avec fierté. C’est mon père et moi le fils. Il m’a toujours traité avec respect. Quand j’ai reçu mon passeport, je le lui ai dit. Ce que les gens croient dehors, je les laisse dans leur bulle. (…) Je ne suis candidat à aucun héritage. Mon héritage, je l’ai pris dans la douleur, dans la prison auprès du président Gbagbo. Je suis un compagnon d’infortune du président Gbagbo. J’ai tiré les leçons de la guerre d’héritage dans mon pays. Je veux faire mon mea culpa.» dixit Charles Blé Goudé.

A la question de savoir, quand est ce que Charles Blé Goudé rentrera-t-il en Côte d’Ivoire ?

« Ce à quoi je pense actuellement, c’est de rentrer à Abidjan. Ce qui est important, c’est de rentrer en Côte d’Ivoire. Un jour, je vais diriger mon pays. Ça, ce n’est qu’une ambition en fonction du contexte qui évolue en permanence. La première chose que je ferai, c’est de rassembler les Ivoiriens et de parler avec mes adversaires aussi. Cela me paraît important. Parce qu’on veut être président pour qui ? Pour un peuple qui est en souffrance, pour un peuple qui vit avec la peur au ventre. Parler, se parler, cela est important. Je veux être un acteur pour parler à tout le monde. Je ne veux pas être un chef de clan, je veux toujours rester avec les militants du Cojep. Je veux parler à la Côte d’Ivoire plurielle. Ensuite, les ambitions viendront » a laissé entendre l’ex leader de la galaxie patriotique.

Après avoir donné cette assurance, le président du Cojep indiquera par la suite, qu’il préfère plutôt rentrer sur la pointe des pieds.

Charles Blé Goudé (au centre) recevant son passeport ordinaire.

« On parle là de ma volonté et cette volonté de rentrer chez moi, je l’ai toujours affiché. Je veux rentrer dans un climat sain et de paix. Sans narguer qui que ce soit. J’ai quitté Abidjan sous fond de crise et je veux rentrer dans un climat de réconciliation. Mon retour sera un retour concerté avec les autorités de mon pays. Un retour sans bruit. Même si j’ai une échéance, je vais d’abord discuter avec les autorités de mon pays. »

Quelle analyse Blé Goudé fait-il du climat de décrispation qui règne actuellement dans son pays ?

Le président du Cojep salue les différentes rencontres d’échanges entre les acteurs politiques. Au sujet notamment de la rencontre d’Alassane Ouattara avec Laurent Gbagbo. « Je les ai vus dans un fauteuil ensemble. Quelle belle image ! Nous devons accompagner cet élan et ne pas être forcément, ceux qui veulent être plus royalistes que le roi lui-même. Parce que c’est un exemple qu’ils nous donnent ».  Blé Goudé s’est aussi prononcé sur la question de la limite d’âge qui risque de cristalliser la situation politique en raison des âges avancés des trois grands leaders que sont Alassane Ouattara actuel président en exercice et les deux anciens présidents Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo. Blé Goudé est pour la limite d’âge. Cependant, il conçoit mal que l’on veuille forcer le départ à la retraite d’un acteur politique. Il préconise la négociation dans la situation qui prévaut en Côte d’Ivoire.

Voici l’analyse qu’il en fait. «Quand on veut se projeter, on fait d’abord l’inventaire de l’existant. Vous avez parlé de réintroduire. Ceux qui ont légiféré à l’époque et qui ont exclu cette clause de notre constitution, peuvent-ils nous expliquer pourquoi cette clause avait été exclue. C’était quoi l’objectif ? Parce que, quand on légifère, on ne légifère pas par rapport à soi. La loi est impersonnelle. On légifère par rapport au présent mais surtout par rapport au futur. Au moment où cette clause était dans la constitution, tout le monde était d’accord. Logiquement, tout le monde devrait être d’accord. Je n’ai rien à proposer. Si cette clause est réintroduite, ça ne va pas du tout m’énerver puisque moi j’étais d’accord avec la limitation d’âge. Le seul problème, c’est que la démarche n’est pas politique et élégante. Elle peut être source de conflits. On doit savoir prendre du recul, quand vous parlez de génération. Savoir partir,  en mettant au centre l’intérêt de la Nation. Ce n’est pas à moi de décider de l’agenda politique, d’un leader politique. C’était quoi l’objectif de ceux qui ont retiré cette clause de la constitution? Parce qu’on ne change pas une constitution comme on change une chemise. Moi, je suis pour la limitation d’âge comme je l’ai toujours été. Ce n’est pas à moi de demander à quelqu’un de partir. Tout cela sera naturel, notre temps est en train d’arriver. Je ne veux pas dicter une ligne aux autres. Ce sont nos leaders, il faut les respecter. Je ne suis pas de ceux qui veulent les faire partir avec brutalité, en les vilipendant  sur les réseaux sociaux, partout. Laissons les choses se faire ». Pour le moins que l’on puisse dire, on trouve du tout dans cette interview de Charles Blé Goudé à la télévision NCI.

Denzel Bereby

Akondanews.net

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