Centrafrique : une dizaine de Casques bleus en reconnaissance blessés par des tirs de la garde présidentielle

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Une dizaine de Casques bleus égyptiens dans le cadre de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) ont été blessés par des tirs de la garde présidentielle le lundi 1er novembre à Bangui, selon l’Organisation des Nations Unies (ONU) mardi, qui condamne “une attaque délibérée et inqualifiable”.

Dans un communiqué rendu public le mardi 2 novembre dernier par l’ONU, « les éléments de l’Unité de police constituée égyptienne », qui circulaient dans un bus, « ont essuyé des tirs nourris de la garde présidentielle sans sommation préalable ni riposte aucune, alors qu’ils n’étaient pas armés » et deux d’entre eux ont été grièvement blessés alors qu’ils se dirigeaient vers leur base dans des bus estampillés ‘’UN’’ a précisé Vladimir Monteiro, porte parole de la Minusca.

En revanche, Albert Yaloké Mokpeme, porte-parole de la présidence centrafricaine, accuse  les militaires égyptiens d’avoir pris des photos de la résidence du chef de l’État, ce qui est interdit, et d’avoir refusé d’arrêter leur véhicule et une fille de 12 ans a été heurtée par le minibus et tuée « dans leur fuite ».

Selon le porte –parole de la présidence centrafricaine, trois des quatre bus du contingent égyptien sont entrés dans la base égyptienne, à 500 mètres de la résidence de Faustin-Archange Touadéra,  « mais le quatrième continue pour remonter jusqu’au niveau de la résidence du chef de l’État », la garde présidentielle leur a « fait signe de faire demi-tour », ce qu’ils font, mais l’un des passagers « sort son appareil photo et fait des photos de la résidence du chef de l’État, ce qui est formellement interdit », « après le refus d’obtempérer, la garde a fait des tirs de sommation et il se trouve que ces tirs ont fait des blessés » a ajouté le porte-parole, qui s’insurge par ailleurs du communiqué de la Minusca indiquant une « attaque de la garde présidentielle, de tirs sans sommation ».

Réagissant à cette énième attaque des Casques bleus en Centrafrique, le Secrétaire général de l’ONU,  Antonio Guteres a fermement condamné le jeudi 4 novembre dernier, l’attaque contre le contingent égyptien en mission pour le compte des Nations Unies dans le pays.

Aussi, dans une déclaration à la presse, le porte parole d’Antonio Guteres, Stéphane Dujarric affirme t-il que « le Secrétaire général rappelle que les attaques contre les soldats de la paix des Nations Unies peuvent constituer un crime de guerre ».

« Il appelle les autorités centrafricaines à ne ménager aucun effort pour enquêter sur cette attaque inacceptable afin que les auteurs répondent rapidement de leurs actes », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général a souhaité un prompt rétablissement aux soldats de la paix et aux civils blessés, et a réitéré sa gratitude au peuple et au gouvernement égyptien pour leur contribution à la paix et à la stabilité en République centrafricaine. Il a exprimé également ses profondes condoléances à la famille endeuillée du civil centrafricain qui a été tué lors de l’incident.

Il faut indiquer qu’à ce jour ce sont sept attaques  qui ont visé des membres de la Minusca, et ce,  depuis le 1er juin.

En proie pendant des décennies à la guerre et à des séries de coup d’Etat, le pays  grâce essentiellement au soutien des Russes et des Rwandais, a, depuis, reconquis toutes les grandes villes et repoussé les rebelles dans les forêts, là où la Minusca peine à désarmer les rebelles et créer les conditions d’une paix durable.

Au regard de l’histoire récente de la Côte d’Ivoire, marquée par la participation des forces Onusiennes dans la guerre contre le pouvoir de Laurent Gbagbo en 2010, peut-on accorder du crédit aux propos du porte parole de la Minusca et du Secrétaire général de l’ONU ?

Adingra Ossei

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