Aventure, voyage, migration : quelles identités et interrelations ?

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Essayons d’avancer encore davantage dans les définitions et représentations de l’aventure telles qu’elles ont été déclinées dans le temps, en situant cette notion par rapport à celles du voyage et de la migration. Le voyage et l’aventure ont longtemps été indissociables.

« Le développement des aventuriers ne se distingue pas des plus habituels, ils en empruntent les mêmes moyens et des itinéraires identiques. Ce sont ceux de tous, mais avec une gravitation particulière, dictée par l’aventure elle-même, l’intérêt, la nécessité et le plaisir », nous rappelle Daniel Roche. Mais, tous les voyageurs ne se considèrent pas ni ne sont considérés pour autant comme des aventuriers. C’est ainsi que Mungo Park, ce jeune chirurgien écossais qui entreprend un voyage de prospection à l’intérieur de l’Afrique au XVIII ème siècle, assuré à chaque étape d’être escorté pour éviter tout désagrément. S’il fut le premier européen à explorer le fleuve Niger, il se considérait comme un voyageur sans histoire, ne recherchant ni l’exotisme, ni l’aventure. L’existence des héros de l’Antiquité, nous dit Sylvain Venayre était entièrement commandée par le facteur, alors que l’aventurier, un héros sans cause, prêt à risquer la torture pour la seule idée qu’il a de lui-même, et peut-être pour une sorte de saisie fulgurante de son destin, parce que le risque de la torture lui paraît seul vainqueur de la mort est « l’homme de l’antidestin », nous rappelle André Malraux dans Antémémoires.

L’aventurier joue-t-il avec la mort ? S’agit-il de vivre dangereusement ? Combien de migrants partent ? Forcent-ils leur destin ou sont-ils pousser à encourir des risques mortels ? Ont-ils l’intention de rentrer chez eux vivants ? Ce détour leur permet-il de sortir de la condition de « mort vivant » dans laquelle ils se trouvent avant leur disparition.

L’aventure ou « le plaisir de l’instant ».

Mapote Gaye

Akondanews.net

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