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Une nouvelle grande coalition en Allemagne : la CDU/CSU et le SPD s’unissent face aux défis économiques et politiques
Le 9 avril 2025, l’Allemagne a officialisé la formation d’une nouvelle “grande coalition” entre l’Union chrétienne-démocrate (CDU), l’Union chrétienne...
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Le 9 avril 2025, l’Allemagne a officialisé la formation d’une nouvelle “grande coalition” entre l’Union chrétienne-démocrate (CDU), l’Union chrétienne-sociale (CSU) et le Parti social-démocrate (SPD). Cette alliance, la cinquième du genre depuis 1949, marque le retour au pouvoir des conservateurs sous la direction de Friedrich Merz, qui succède à Olaf Scholz en tant que chancelier. Elle intervient dans un contexte de turbulences économiques et de montée de l’extrême droite, incarnée par l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui a réalisé un score historique lors des élections anticipées du 23 février 2025 .
Un accord de coalition ambitieux
Le contrat de coalition, fruit de négociations intensives entre les partis, s’étend sur 146 pages et vise à relancer l’économie allemande tout en renforçant la cohésion sociale. Parmi les mesures phares figurent des baisses d’impôts pour les classes moyennes et les entreprises, une augmentation du salaire minimum, ainsi qu’un assouplissement du “frein à l’endettement” pour permettre des investissements publics accrus .
Sur le plan de la politique migratoire, la coalition prévoit de limiter le regroupement familial, de renforcer les contrôles aux frontières et de restreindre les procédures de naturalisation accélérées . En matière de défense, le budget sera significativement augmenté, avec la mise en place d’un service militaire volontaire et un soutien affirmé à l’Ukraine dans le conflit en cours.
Répartition des ministères
La répartition des portefeuilles ministériels reflète un équilibre entre les partenaires de la coalition. La CDU dirigera les ministères de l’Économie, des Affaires étrangères, de l’Éducation, de la Santé, des Transports, ainsi qu’un nouveau ministère dédié à la Numérisation et à la Modernisation de l’État. Le SPD conservera les ministères des Finances, de la Défense, de la Justice, du Travail, de l’Environnement, de la Coopération et du Logement. La CSU se verra confier les ministères de l’Intérieur, de la Recherche et de l’Agriculture .
Un contexte politique tendu
Cette coalition intervient après l’effondrement du gouvernement précédent, une alliance “feu tricolore” entre le SPD, les Verts et le Parti libéral-démocrate (FDP), qui s’est disloquée en novembre 2024. Les élections anticipées qui ont suivi ont vu la CDU/CSU arriver en tête avec 28,5 % des voix, tandis que l’AfD a obtenu 20,8 %, son meilleur résultat à ce jour. Face à la montée de l’extrême droite, les partis traditionnels ont choisi de s’unir pour former un gouvernement stable et centré.
Défis et perspectives
Le nouveau gouvernement devra faire face à plusieurs défis majeurs, notamment une croissance économique atone, des tensions commerciales accrues avec les États-Unis, et une opinion publique de plus en plus sceptique. Les sondages indiquent une baisse de popularité pour Friedrich Merz, tandis que l’AfD continue de gagner du terrain dans les intentions de vote.
Malgré ces obstacles, la coalition CDU/CSU-SPD espère restaurer la confiance des citoyens en proposant des réformes ambitieuses et en assurant une gouvernance stable. L’élection de Friedrich Merz au poste de chancelier par le Bundestag est prévue pour début mai, après la ratification de l’accord de coalition par les instances des partis concernés.
Malgré ces obstacles, la coalition CDU/CSU-SPD espère restaurer la confiance des citoyens en proposant des réformes ambitieuses et en assurant une gouvernance stable. L’élection de Friedrich Merz au poste de chancelier par le Bundestag est prévue pour début mai, une fois l’accord de coalition ratifié par les partis.
Dans un paysage politique marqué par les fractures sociales, l’inflation, et la montée des populismes, cette nouvelle alliance centriste mise sur la stabilité pour éviter le pire. Reste à savoir si elle pourra convaincre une société allemande de plus en plus exigeante et polarisée.
Kouachiada, correspondant en Allemagne
Akondanews.netTags :AfriqueSociété
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