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RDC : Quatre ans d’état de siège — entre espoirs trahis, échecs militaires et détresse civile

Le 6 mai 2021, sous la plume du président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la République Démocratique du Congo entrait officiellem...
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RDC : Quatre ans d’état de siège — entre espoirs trahis, échecs militaires et détresse civile

Le 6 mai 2021, sous la plume du président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la République Démocratique du Congo entrait officiellement en état de siège dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. L’objectif était aussi clair qu’ambitieux : remplacer les autorités civiles par des autorités militaires pour neutraliser les groupes armés et protéger les populations civiles dans cette région meurtrie par des décennies de violences.

Quatre ans plus tard, après 98 prorogations votées par les deux chambres du Parlement congolais, le bilan interroge. Il inquiète même. Une mesure constitutionnelle sans résultats concrets L’état de siège s’appuie sur l’article 85 de la Constitution congolaise. Il devait être exceptionnel, temporaire et efficace. Mais le constat est accablant : les territoires continuent de tomber aux mains des groupes armés, malgré une gouvernance militaire exclusive. Au lieu d’une restauration de la paix, les pertes territoriales s’accumulent, notamment dans le Nord-Kivu. Alors que Sabyinyo était auparavant le seul bastion des rebelles du M23, ces derniers tiennent aujourd’hui une large portion de la province, poussant même les institutions provinciales à se replier à Beni, loin du chef-lieu, Goma, menacée et encerclée. Violations graves des droits humains Le volet sécuritaire n’est pas le seul échec. Des violations massives des droits de l’homme ont entaché cette mesure, censée justement protéger les civils. Le 2 août 2022, à Goma, une manifestation pacifique organisée par des fidèles d’une église contre la gouvernance militaire a viré au massacre. Les forces armées congolaises (FARDC) ont ouvert le feu sur la foule non armée, tuant plus de 250 civils qui brandissaient simplement des messages de paix. Jusqu’à aujourd’hui, aucune poursuite sérieuse n’a été engagée contre les auteurs présumés, laissant les victimes sans justice. Ituri : des groupes armés toujours actifs En Ituri, la situation n’est guère meilleure. Malgré la mutualisation des forces dans l’opération USHUJAA (signifiant bravoure), aucun groupe armé majeur n’a été neutralisé. Les milices comme CODECO et ADF continuent de semer la terreur, pillant, violant, incendiant et tuant dans un climat d’impunité quasi totale. Un appel à un changement de cap Alors que le pays marque ce quatrième anniversaire de l’état de siège, la désillusion est profonde dans l’Est. Les populations d’Ituri et du Nord-Kivu n’y croient plus. L’état de siège, devenu un régime permanent de crise, est perçu comme un outil d’enlisement, incapable d’apporter une quelconque stabilité. La voix de ces populations n’a pas faibli pour autant. Elles réclament aujourd’hui une évaluation sérieuse, un changement de cap urgent, et surtout, des solutions politiques durables — car la paix véritable ne se décrète pas par des armes, mais se construit avec la justice, la confiance et la volonté. AkondaNews.net reste mobilisé pour faire entendre ces voix que l’histoire refuse d’oublier. Raphaël Lumoo AkondaNews.net
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