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RDC : Marcel MALANGA et deux autres bénéficient d’une grâce présidentielle

Kinshasa — Moins d’un an après la tentative de coup d’État du 19 mai 2024, les premières grâces présidentielles viennent d’être accordées à certains d...
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RDC : Marcel MALANGA et deux autres bénéficient d’une grâce présidentielle

Kinshasa — Moins d’un an après la tentative de coup d’État du 19 mai 2024, les premières grâces présidentielles viennent d’être accordées à certains des principaux accusés. Marcel MALANGA, présenté comme citoyen américain et impliqué dans l’assaut contre les institutions de la République, a été officiellement gracié, aux côtés de deux autres ressortissants américains : Taylor Christa THOMSON et Zalman Polun Benjamin.

L’annonce a été faite ce mardi 1er avril 2025 à la télévision nationale, à travers la lecture de l’Ordonnance présidentielle n°25/183 du 28 mars 2025, signée par le président Félix Antoine Tshisekedi. Cette grâce concerne trois des 37 condamnés à mort dans le cadre du procès très médiatisé de la tentative de putsch dirigée par Christiaan MALANGA. Les faits portaient notamment sur les attaques contre la résidence de Vital Kamerhe, vice-Premier ministre, et le Palais de la Nation, siège officiel de la Présidence. Des condamnations lourdes… des libérations surprises Jugés par la Cour militaire de Kinshasa-Gombe, les trois graciés purgeaient leur peine à la prison militaire de Ndolo. Leur libération, bien que légale sur le plan formel, suscite de vives interrogations dans l’opinion publique. Comment expliquer une telle clémence à l’égard de personnes condamnées pour atteinte à la sûreté de l’État ? Et pourquoi certains accusés seraient-ils relâchés discrètement, comme Jean-Jacques WONDO, dont la Belgique réclame officiellement l’extradition ? Des implications diplomatiques ? La présence de ressortissants américains parmi les graciés relance également le débat sur les pressions diplomatiques que pourrait subir la RDC. Bien que les autorités congolaises n’aient pas communiqué sur les motifs exacts de cette grâce, plusieurs analystes y voient un geste à visée géopolitique, destiné à apaiser des tensions internationales, notamment avec les États-Unis. Justice à deux vitesses ? Pour une partie de l’opinion congolaise, cette décision entache la crédibilité des institutions judiciaires et ravive le sentiment d’injustice. Tandis que des citoyens congolais condamnés pour des faits mineurs croupissent encore dans les prisons du pays, ceux accusés d’avoir attenté à l’intégrité de la République bénéficient d’un traitement de faveur. Une situation dénoncée par plusieurs organisations de la société civile, qui appellent à plus de transparence et de cohérence dans l’application des mesures de clémence. Un précédent lourd de sens La grâce accordée à Marcel MALANGA et consorts constitue un précédent qui risque d’avoir des répercussions durables sur la perception de la justice militaire en RDC. Alors que la démocratie congolaise tente de se consolider, cette décision soulève des inquiétudes légitimes sur l’équilibre entre raison d’État, souveraineté judiciaire et intérêts diplomatiques. La République a-t-elle tourné trop vite la page d’un épisode aussi grave que celui du 19 mai ? Le débat ne fait que commencer. Raphael lumoo Akondanews.net
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