Afrique
RDC – Bukavu : un arbitre brûlé vif, victime d’une justice populaire devenue incontrôlable
Bukavu, 6 mai 2025 – La barbarie a encore frappé. Dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 mai, le quartier Irambo à Bukavu s’est transformé en scène d’horr...
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Bukavu, 6 mai 2025 – La barbarie a encore frappé. Dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 mai, le quartier Irambo à Bukavu s’est transformé en scène d’horreur. Patrick Ngalamulume, surnommé « Ngalas », arbitre reconnu au sein de l’Entente Urbaine de Football de Bukavu (EUFBUK), a été lynché et brûlé vif par des habitants en furie, qui l’accusaient sans preuve d’un vol présumé.
Cette exécution sommaire, d’une violence inouïe, marque une nouvelle escalade dans la série d’actes de justice populaire qui ensanglantent l’Est de la République démocratique du Congo. Loin d’être un cas isolé, elle s’inscrit dans un contexte d’insécurité galopante, aggravée par l’effondrement progressif de l’autorité de l’État depuis la prise de Bukavu et Goma par les rebelles de l’AFC/M23.
Face à l’absence de justice, c’est la loi de la foule qui s’impose. Une justice expéditive, aveugle, cruelle – et souvent injuste.
Car Patrick Ngalamulume n’était pas un criminel. Il était un homme de terrain, un acteur du sport local, respecté par ses pairs. Comme Isaac Bataana Kalebu, ancien joueur de football et agent humanitaire de MSF, tué de la même manière à Goma en avril dernier, il est tombé sous les coups de la rumeur et de la peur, deux armes redoutables dans une société à bout de souffle.
Cette série de lynchages interpelle : que vaut une vie dans une ville abandonnée à elle-même ? Comment en est-on arrivé à considérer la violence extrême comme une réponse acceptable à la défaillance de la justice ? Et jusqu’à quand les autorités vont-elles se contenter de déclarations de principe pendant que le peuple s’organise en bourreau collectif ?
Au-delà du choc, c’est la faillite d’un système qu’il faut regarder en face. Car dans une démocratie digne de ce nom, personne ne devrait mourir brûlé vif sur un simple soupçon. Il y a urgence à restaurer l’État de droit, à remettre la justice dans les mains de ceux qui en ont le mandat, et non de ceux qui cèdent à la peur et à la haine.
Patrick Ngalamulume n’avait que son sifflet. Il a été tué comme un criminel, sans procès, sans défense, sans recours.
La nation lui doit mieux que le silence.
Rédaction
Akondanews.netTags :Afrique
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