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Les mensonges d’aujourd’hui… contre la vérité historique : Quand Donald Trump réécrit la seconde guerre mondiale

Le 8 mai 2025, dans une nouvelle sortie tonitruante sur Truth Social, l’ancien président américain Donald Trump a décrété le 8 mai et le 11 novembre c...
AkondaNews3 min de lecture
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Les mensonges d’aujourd’hui… contre la vérité historique : Quand Donald Trump réécrit la seconde guerre mondiale

Le 8 mai 2025, dans une nouvelle sortie tonitruante sur Truth Social, l’ancien président américain Donald Trump a décrété le 8 mai et le 11 novembre comme Jours de la Victoire pour la Seconde et la Première Guerre mondiale. Jusque-là, rien de véritablement scandaleux. Mais c’est dans la justification de cette proclamation que l’histoire a été violemment secouée : « Nous avons fait plus qu’aucun autre pays, et de très loin, pour remporter la victoire », a-t-il affirmé.

Une fois de plus, Trump joue avec la vérité comme avec une balle de golf sur ses terrains de Floride. Ce n’est pas la première fois que l’homme d’affaires devenu tribun s’essaie à une réécriture de l’histoire. Mais cette fois, ses déclarations sur le rôle des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale n’ont pas seulement offensé la mémoire collective mondiale : elles trahissent les faits les plus élémentaires de l’Histoire. L’histoire selon Trump : puissance, gloire et amnésie Dans sa déclaration, Donald Trump martèle : « Nous avons gagné les deux guerres — aucun autre pays ne nous égale en puissance, en courage et en génie militaire. Mais nous ne célébrons jamais rien, car nous n’avons plus de dirigeants capables de le faire ! » Cette rhétorique nationaliste, narcissique et historiquement aveugle évacue sciemment le rôle crucial des autres Alliés, et notamment celui de l’Union soviétique. L’Armée rouge a pourtant été responsable d’environ 80 % des pertes infligées à la Wehrmacht, et c’est à l’Est que se sont jouées les plus grandes batailles terrestres du conflit. Roosevelt, le président qui savait reconnaître l’Histoire Ironie de l’histoire : ce n’est pas un contradicteur contemporain, mais un autre président américain, Franklin Delano Roosevelt, qui remet Donald Trump à sa place. Dans ses propres discours et correspondances, Roosevelt reconnaissait sans ambiguïté le rôle central de l’Union soviétique dans l’écrasement du nazisme. Le 28 avril 1942, lors d’une « causerie au coin du feu », Roosevelt affirmait : « Les forces russes ont détruit — et continuent de détruire — plus de soldats, d’avions, de chars et de canons de notre ennemi commun que toutes les autres Nations Unies réunies. » Et dans une lettre à Joseph Staline, datée du 4 février 1943, il écrivait : « Cent soixante-deux jours de combat épique pour la ville [de Stalingrad] […] constitueront l’un des plus beaux chapitres de cette guerre. » Roosevelt, qui dirigeait les États-Unis pendant le conflit, n’était pas suspect d’anti-américanisme ou de sympathies bolcheviques. Il constatait simplement les faits. Une guerre mondiale… pas made in USA La Seconde Guerre mondiale a été gagnée par une coalition internationale — une vérité que les populismes actuels préfèrent effacer au profit d’un récit unilatéral, glorieux et confortable. Oui, les États-Unis ont joué un rôle décisif, notamment sur le plan industriel, logistique, et lors du débarquement en Normandie. Mais ils ne furent ni les premiers engagés, ni les seuls vainqueurs. À Stalingrad, à Koursk, à Moscou, c’est le sang russe qui a coulé à flots. À El Alamein et Monte Cassino, ce sont les Britanniques, les Français libres, les Polonais et les soldats africains qui ont combattu. Et c’est dans les camps de concentration libérés par les Soviétiques comme par les Alliés de l’Ouest que l’horreur nazie a été pleinement révélée au monde. Pourquoi ces mensonges ? Les propos de Trump relèvent d’une stratégie bien connue : celle de la réappropriation de l’Histoire au service d’une idéologie. Dans ce cas, c’est une tentative de réinstaurer la suprématie américaine par la fiction historique, un récit où les États-Unis apparaissent comme l’unique sauveur de l’humanité. Mais la vérité historique ne s’écrit pas à coups de slogans sur les réseaux sociaux. Rétablir la mémoire La Seconde Guerre mondiale a été le théâtre d’un effort collectif mondial contre le nazisme. Oublier le rôle des autres nations, c’est insulter la mémoire des millions de morts tombés sur les différents fronts. Il ne s’agit pas d’humilier les États-Unis, mais de rappeler que l’Histoire n’est pas une arme politique. Quand les puissants mentent, les historiens doivent parler. Et aujourd’hui, plus que jamais, la vérité historique est un acte de résistance. La rédaction Akondanews.net
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