L'INP-HB DE CÔTE D'IVOIRE, 3ᵉ MONDIALE À LA HUAWEI ICT COMPETITION : QUAND ABIDJAN DÉFIE SHENZHEN
À la finale mondiale de la plus grande compétition technologique étudiante de la planète, trois jeunes Ivoiriens ont battu les élites de 120 pays. Une performance historique qui oblige le monde à regarder l'Afrique de l'Ouest autrement.

Shenzhen, capitale mondiale de la technologie. Des centaines d'équipes venues de plus de 120 pays. Et au milieu de cette élite planétaire, trois étudiants ivoiriens qui montent sur le podium. L'équipe ARE de l'Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny — l'INP-HB de Yamoussoukro — vient de décrocher la 3ème place mondiale dans la catégorie Innovation de la Huawei ICT Competition Global Final 2025-2026. Une première absolue pour toute l'Afrique de l'Ouest et Centrale. Une page d'histoire écrite loin des projecteurs habituels, dans la ville qui incarne mieux que toute autre la puissance technologique du XXIe siècle.
Ce résultat n'est pas sorti de nulle part. Bérenger Ekra, Goodness Quadri et Bony N'Da Chris ont préparé cette échéance avec la rigueur de ceux qui savent qu'ils ne représentent pas seulement leur école, mais tout un continent. Face à des équipes aguerries venues d'Europe, d'Asie et d'Amérique latine, dans la catégorie la plus exigeante de la compétition — celle qui requiert non seulement la maîtrise technique, mais la capacité à concevoir des solutions originales, scalables et à fort impact — ils ont tenu. Ils ont même brillé. Trois noms à retenir : Bérenger Ekra, Goodness Quadri et Bony N'Da Chris. Trois jeunes qui, le temps d'une finale mondiale, ont porté sur leurs épaules les espoirs d'une Afrique de l'Ouest décidée à prendre sa place dans l'économie numérique globale.
Ce qui rend leur parcours encore plus remarquable, c'est le contexte dans lequel il s'est construit. Former des ingénieurs d'excellence en Afrique de l'Ouest n'est pas une évidence. Cela suppose des institutions solides, des encadrants dévoués et des étudiants prêts à travailler deux fois plus pour combler un écart que le monde leur présente parfois comme insurmontable. L'INP-HB de Yamoussoukro a relevé ce défi depuis des décennies. Reconnu comme le fleuron de l'enseignement supérieur technique en Côte d'Ivoire, il forme chaque année des centaines d'ingénieurs qui rayonnent sur l'ensemble du continent et au-delà. Ce podium mondial en est la démonstration la plus éclatante.
La Huawei ICT Competition est l'une des compétitions étudiantes les plus sélectives au monde dans le domaine du numérique. Chaque année, elle mobilise des centaines de milliers d'étudiants autour du cloud computing, de l'intelligence artificielle, de la cybersécurité et des réseaux. Le parcours est long et impitoyable : phases locales, régionales, continentales, avant d'atteindre la finale mondiale. Seuls les meilleurs des meilleurs foulent la scène de Shenzhen. L'équipe ivoirienne en faisait partie — et elle en est revenue avec une médaille.
Pour la Côte d'Ivoire, ce podium confirme une trajectoire. Abidjan revendique depuis plusieurs années son ambition de devenir le hub technologique du continent africain. Les discours politiques sont désormais adossés à des faits concrets : des institutions d'excellence comme l'INP-HB forment une génération d'ingénieurs capables de rivaliser avec n'importe quelle grande école du monde. Bérenger, Goodness et Bony en sont la preuve vivante. Et leur victoire ouvre une porte : celle des recrutements internationaux, des bourses d'excellence, des partenariats avec les grandes entreprises technologiques mondiales qui, désormais, savent que l'Afrique de l'Ouest produit des talents de rang mondial.
Ce signal dépasse largement les frontières ivoiriennes. Il dit à toute l'Afrique de l'Ouest et Centrale que l'excellence technologique n'est pas réservée à quelques nations fortunées. Elle se construit, elle se forme, elle se gagne — dans les amphithéâtres de Yamoussoukro comme dans les labos de Séoul ou de Munich. Il appartient maintenant aux États, aux investisseurs et aux institutions continentales d'entendre ce message et d'y répondre avec des financements, des politiques éducatives ambitieuses et une valorisation réelle des filières scientifiques et techniques.
« La première équipe de toute l'Afrique de l'Ouest et Centrale à atteindre ce sommet », a déclaré Edith Brou, saluant la performance historique de l'équipe ARE. Une phrase simple qui résume l'ampleur d'un moment que le continent n'est pas près d'oublier. Et qui rappelle, s'il en était encore besoin, que l'avenir de l'Afrique se joue aussi à Shenzhen.
Rédaction Akondanews.net — Abidjan
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